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Chantage

Créateur : byoann 
Date de création : 15.12.2014 à 10h01

Message du créateur :
Il s'agit de la suite de l'épisode "Le pardon". Cet EV comporte 26 chapitres. J'écris seul merci.

Cet épisode compte 48 paragraphes

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CHAPITRE I
« PLUS TARD, GISBORNE... PLUS TARD… »

u château de Nottingham…

Depuis son retour de Terre Sainte, le shérif ruminait sa défaite en vilipendant comme à son habitude le pauvre Gisborne. Il le rendait évidement responsable de l’échec de la mission. Pendant les quelques semaines qui suivirent son retour, le shérif se cloîtra dans son château appréhendant les représailles que le Prince Jean n’allait pas manquer de lui infliger.

Mais ce temps n’était pas perdu pour tout le monde. Car il permit à Gisborne de se remettre de sa blessure et de poursuivre de ses avances la belle Marianne. A la sortie d’un conseil des nobles au cours duquel le shérif s’était fait représenter par Gisborne, Marianne essayait de lui échapper pour la énième fois de la journée quand un serviteur s’adressa à Gisborne.

Le serviteur : « Monseigneur, le shérif vous demande sur les remparts. »

Gisborne, dans sa tête : « Oh non, ça y est ! Mes vacances sont terminées. »

Gisborne à Marianne : « Lady Marianne, veuillez m’excuser ! »

En effet, les jours passants et aucunes représailles n’ayant eu lieues, le shérif se rassura en pensant que le Prince Jean ne voulait pas le punir et qu’il lui donnait implicitement une autre chance. Du moins, c’est ce qu’il croyait. Alors, il se mit à réfléchir au moyen de rentrer dans les bonnes grâces du Prince.

Marianne fit un signe de tête à Gisborne et dans son esprit : « Ouf… C’est bien la première fois que je suis contente grâce au shérif… Les remparts ? Mais que fait-il sur les remparts ?... Que prépare-t-il encore ? »

Gisborne se posait la même question lorsqu’il monta les escaliers menant aux remparts qui faisaient face à la forêt de Sherwood.

Gisborne, souriant et dans sa tête : « Peut-être prépare-t-il un plan pour raser la forêt afin de faire sortir Locksley ? »

Mais il fut surpris car il ne trouva pas le shérif face à l’Ouest mais regardant plutôt vers le Sud.

Gisborne, se plaçant derrière lui : « Monseigneur, vous m’avez fait demander ? »

Le shérif, perdu dans ses pensées, ne répondit pas.

Gisborne, insistant, se déplaçant sur la gauche : « Monseigneur ? »

Le shérif : « Hum ? »

Gisborne, insistant : « Monseigneur ! »

Le shérif se tourna finalement vers lui.

Le shérif : « Ah Gisborne !... Vous voilà enfin ! »

Gisborne ne releva pas la remarque culotée du shérif.

Le shérif : « Je pense avoir trouvé un moyen de revenir dans les bonnes grâces du Prince Jean après votre désastre en Terre Sainte. »

Gisborne, préférant ignorer la dernière partie de sa phrase : « Et comment, Monseigneur ? »

Le shérif passa devant lui et reporta son attention sur la forêt de Sherwood.

Le shérif, pensif : « Hum… Plus tard, Gisborne... Plus tard… Avant cela, il va falloir s’occuper de notre ami… »

Le shérif se perdit une fois de plus dans ses pensées en reportant son regard sur l’horizon laissant Gisborne dans l’ignorance.

Mais celui-ci se doutait bien que, dans la tête de ce perfide individu, se préparait un plan qui, d’une manière ou d’une autre, mettrait en difficulté son ennemi juré, Robin des bois.

Gisborne, sourire en coin, se joignit au shérif et perdit, à son tour, son regard dans la forêt de Sherwood.

Quand le shérif avait appris que Robin était toujours en vie, il s’était mis dans une colère noire et en avait blâmé Gisborne. Heureusement, il s’était consolé avec la mort du veilleur de nuit puisque ce dernier ne s’était pas manifesté depuis « son enterrement ». Il put alors se concentrer à l’élaboration d’un nouveau plan pour rentrer dans les bonnes grâces du Prince Jean. Quant à Gisborne, alors qu’il avait été à deux doigts de tuer son rival, il en avait été empêché par Allan. Et depuis, il attendait impatiemment le jour où il pourrait se venger des deux hors-la-loi. Imaginant les pires sévices qu’il aimerait leur infliger, Gisborne perdit, lui-aussi, son regard dans la forêt de Sherwood. Il était toujours perdu dans ses pensées quand le shérif sortit de sa rêverie.

Le shérif, se tournant vers lui : « Gisborne, je vais avoir besoin de vous ! »

Gisborne sursauta tandis que le shérif se dirigea vers l’escalier. Gisborne le suivit aussitôt.

Gisborne : « Pourquoi faire Monseigneur ? »

Le shérif : « Pour occuper Locksley pendant quelques temps ! »

Gisborne ne comprit pas ce que le shérif attendait de lui.

Tout en continuant à marcher, le shérif : « J’ai besoin de procéder à la levée de nouveaux impôts. »

Gisborne : « Pour le Prince Jean ? »

Le shérif, énigmatique : « Hum… Oui… En quelque sorte ! »

Gisborne fronça les sourcils.

Le shérif : « Nous devons absolument retrouver la confiance du Prince sinon l’opération Shah Mat se fera sans nous… »

Gisborne, l’interrompant et surpris : « Parce que l’opération continue ? »

Le shérif, agacé : « Bien sûr qu’elle continue ! Votre échec en Terre Sainte ne remet pas en cause la finalité de l’opération… [Tout bas]… Le Roi sera, comme prévu, abattu dès qu’il mettra un pied sur le sol anglais. La seule différence c’est qu’il sait à présent qu’on veut le tuer. »

Gisborne : « Mais cela veut dire aussi qu’il sera sur ses gardes. Il risque de rentrer avec une armée entière pour le protéger. »

Le shérif, essayant de contrôler sa colère : « Et c’est pourquoi nous devons nous tenir prêts. Et pour que Shah Mat réussisse, il nous faut encore plus d’argent et de troupes. »

Gisborne : « Alors c’est pour cela que vous levez de nouveaux impôts ? »

Le shérif ferma les yeux pour faire retomber sa colère.

Le shérif : « Bien sûr que non, Gisborne… Car pour l’instant nous sommes persona non grata à Londres. Donc j’ai besoin de montrer au Prince que je suis indispensable à la bonne marche de l’opération tout en essayant de lui faire oublier votre échec... »

Gisborne allait répliquer mais le shérif leva la main, lui intimant ainsi l’ordre de se taire.

Le shérif, continuant : « … J’ai un plan. Je viens de recevoir d’excellentes nouvelles en provenance du Sud. Mais pour le mener à bien, j’ai besoin de quelques hommes et de beaucoup d’argent, que je ne peux pas prélever sur le trésor des chevaliers noirs… Venez, Gisborne… Allons dans mon bureau nous y serons mieux pour en discuter. »

Les deux hommes poursuivirent leur route en silence jusqu’aux appartements du shérif. Le shérif y entra le premier et Gisborne referma la porte derrière lui.

Le shérif : « Bon…Comme je dois lever de nouveaux impôts et que le veilleur de nuit n’est plus de ce monde, il ne reste plus que Locksley et sa bande de va-nu-pieds qui pourraient tout faire rater. Afin qu’ils me laissent tranquilles, vous allez devoir les occuper pendant un moment. »

Gisborne : « Pendant combien de temps, Monseigneur ? »

Le shérif, réfléchissant : « Hum… Je dirais environ trois ou quatre jours… Disons une semaine… Oui comme ça cela me laissera le temps de filer vers le Sud. »

Gisborne, surpris : « Vous partez vers le Sud ? »

Le shérif : « Evidemment… Je vous ai dit tout à l’heure que j’avais reçu d’excellentes nouvelles en provenant du Sud. Vous ne m’avez pas écouté ou quoi ? »

Gisborne : « Si, Monseigneur. Mais vous ne… »

Le shérif : « Suffit, Gisborne !... Pendant que vous vous occuperez de Robin, je ferai le tour des villages afin de récolter l’argent. Puis je partirai pour le Sud afin de mettre en œuvre la suite de mon plan. Je préviendrai Sir Jasper au passage afin qu’il ne se déplace pas à Nottingham pendant mon absence. Vous avez bien compris, Gisborne ? »

Gisborne : « Oui mais comment puis-je occuper Locksley pendant toute une semaine ? »

Le shérif : « Faite travailler votre imagination… Hum… J’ai pensé que peut-être…Vous pourriez utiliser les chiens, par exemple ! »

Gisborne, surpris : « Les chiens ? »

Le shérif : « Oui, les chiens…Rappelez-vous !... Il y a quelques années, vous aviez essayé d’attraper Locksley en le poursuivant avec une meute de chiens de chasse… Cela avait raté comme d’habitude mais Robin avait dû cavaler pendant des jours puisque j’ai eu droit à des confidences sur l’oreiller avec ce jeune blanc-bec afin que je fasse cesser son calvaire. »

Gisborne, sourire en coin : « Ah oui, les chiens... Excellente idée, Monseigneur ! »

Le shérif : « Et on ne sait jamais peut-être que cette fois-ci vous obtiendrez des résultats concluants ! »

Gisborne : « Quand voulez-vous commencer ? »

Le shérif : « Dès demain matin ! »

Gisborne, se courbant : « Bien, Monseigneur. Je vais de ce pas donner des ordres en conséquence pour la chasse de demain. »

Le shérif, riant : « Ho ! Ho ! La chasse… Très drôle, Gisborne… Très drôle ! »

Confiant, le shérif retourna s’asseoir à son bureau et déplia la lettre qu’il avait reçue quelques jours auparavant. Il relut cette missive qui venait du Sud de l’Angleterre et plus précisément de Maidstone dans le comté de Kent.

En souriant, le shérif tout bas : « Oui… Excellent… Excellent. »


byoann  (15.12.2014 à 10:25)

Chapitre II 

« Andrew, un coursier vient d’arriver… »

uelques jours plus tôt, à Maidstone, chef-lieu du comté de Kent…

Deux hommes s’affrontèrent à l’épée dans la cour intérieure du château. Il s’agissait d’Andrew et de James Kent, les fils cadets du Comte Georges de Kent. Celui-ci avait eu trois fils et une seule fille. Le frère aîné s’appelait Matthew. Il avait une trentaine d’année quand il fut tué lors de la troisième croisade où il avait accompagné son père. Puis vint ensuite Andrew. Tout comme son grand frère, c’était un homme plutôt grand aux cheveux blonds ayant une carrure athlétique. Cavalier hors-pair, il excellait également dans le maniement de l’épée. Partant en croisade au côté du Roi Richard avec Matthew, son père l’avait chargé, à 25 ans, de veiller sur ses terres pendant son absence. Et, pour que les habitants ne ressentent pas de vide politique à la tête du comté, il avait même exigé que les serviteurs l’appellent « Monsieur le Comte ».

Ensuite, dans l’ordre des naissances, vint la seule fille de Monsieur le Comte de Kent-père, Jane. Cette jeune femme de 20 ans aux cheveux châtains était d’un tempérament doux et calme. Evoluant dans un univers exclusivement masculin, elle avait fini par trouver sa place en s’imposant comme médiatrice dans les conflits qui opposaient parfois ses deux frères : Elle arrivait parfaitement à modérer les ardeurs des hommes de la famille. Ces derniers acceptaient volontiers ses conseils et parfois même ses réprimandes. D’ailleurs, Andrew n’hésitait jamais à lui demander des conseils quant à la bonne marche du comté. Promise en mariage à l’ignoble Comte de Winchester dès le retour de son père, elle s’occupait tout particulièrement, en attendant, du dernier fils du Comte, James Kent. Depuis la mort de sa mère, elle le choyait, voire le surprotégeait parfois un peu trop ce qui avait le don d’énerver le plus jeune de la famille.

En effet, Georges de Kent s’était retrouvé veuf à la naissance de son dernier fils, James. Le benjamin de la famille était un bouillant jeune homme de dix-sept ans. Il avait hérité des traits de sa mère : Cheveux châtains et stature plus menu que ses frères mais il avait hérité, à l’instar de ces derniers, du tempérament volontariste de son père. Trop choyé par sa sœur, il entrait en permanence en compétition avec ses frères aînés afin de leur prouver qu’il était un homme fort et courageux à l’image de son grand frère Matthew qu’il a peu connu mais dont il a idéalisé le souvenir. Il rêvait de partir rejoindre son père en Terre Sainte afin de prouver sa valeur. Mais avant cela, il devait suivre un rigoureux apprentissage des arts de la guerre. Après avoir harcelé son frère pendant des mois, ce dernier avait fini par céder et lui donnait des cours d’escrime depuis plusieurs mois déjà, tous les après-midis, dans le jardin intérieur du château.

Andrew : « Monte ta garde, petit frère ! »

Il asséna un violent coup d’épée au niveau de la tête que son frère para difficilement.

James : « Hé ! Doucement !... Je fais ce que je peux, moi ! »

Andrew ne répliqua pas mais mena attaque sur attaque avec une telle force et rapidité que son pauvre adversaire éprouva beaucoup de difficulté à le contrer. Puis le jeune homme recula de plus en plus et, ne parvenant plus à contenir la fougue de son adversaire, il finit par tomber à la renverse. Le grand frère plaqua alors son épée sur la gorge de James.

Andrew : « Alors, tu demandes grâce ? »

James, vexé, ne répondit pas et, d’un geste brusque, tenta d’enlever la lame de son frère avec sa propre épée mais son adversaire persista et replaça sa lame sous sa gorge.

Andrew : « Grâce ? »

Le perdant, baissant les yeux et de mauvaise humeur : « Grâce ! »

Andrew baissa son épée et, souriant, tendit la main à son frère cadet afin de l’aider à se relever. Le jeune homme, trop fier, commença par refuser la main qu’on lui tendait.

Andrew, sur un ton de reproche : « Ce n’est pas digne d’un chevalier, petit frère ! Un véritable chevalier doit savoir reconnaître sa défaite ! »

James le regarda et, devant le visage chargé de reproche de son frère, baissa la tête et accepta finalement son aide. Andrew sourit en pensant qu’il avait eu la même attitude à son âge quand Matthew lui avait donné sa première leçon d’escrime. Il le tira violement vers lui et le serra dans ses bras mais James, toujours vexé, se dégagea rapidement faisant rire Andrew.

Andrew, souriant : « Ben alors, crapaud !... Tu boudes ? »

James, en colère : « Ne m’appelle pas comme ça ! »

Il bondit sur son frère. Andrew ayant une stature plus imposante que la sienne, James lui asséna un violent coup de poing dans l’estomac. Le grand frère se plia en deux et James put mettre son bras autour de son cou.

James, serrant très fort et imitant son frère quelques minutes plus tôt : « Alors, tu demandes grâce ? »

Andrew pouvait parfaitement se dégager mais il préféra entrer dans son jeu. Il ne répondit pas. James serra encore davantage.

James : « Alors, grâce ? »

Andrew, souriant : « Grâce ! »

Satisfait, James commença par desserrer son étreinte. Mais dès qu’il sentit que son frère commençait à le relâcher, Andrew l’attrapa par les épaules puis lui donna un coup de genou derrière les jambes. Déstabilisé, James tomba à la renverse ; Andrew freinant sa chute en le maintenant par les épaules. Surpris par la rapidité d’exécution du geste, James n’eut pas le temps de réagir et se retrouva plaquer au sol par son frère. Vexé d’être maintenu au sol, il regarda son frère qui souriait à pleine dent, signifiant qu’il ne prenait pas ce combat au sérieux. James tenta de se relever mais Andrew le plaqua à nouveau au sol.

Andrew, souriant : « Alors qui est le plus fort, crap… Euh… Jeune homme ? »

Se rappelant des joutes amicales qu’il faisait autrefois avec ses frères et qui se terminaient toujours de cette façon, James, vexé : « Bon, d’accord… C’est toi ! »

Il regarda plus attentivement son frère et se rendit compte alors que s’il l’avait voulu, Andrew aurait pu lui faire très mal et il n’aurait rien pu faire pour se défendre. Mais son aîné avait préféré lui donner une leçon. Sa fierté en avait pris un coup certes mais cela aurait pu être bien pire si Andrew n’avait pas été son frère. James finit par rire de la situation.

Andrew : « Si un jour, tu veux rejoindre père en Terre Sainte, tu vas devoir apprendre non seulement à te battre mais, en plus, à contrôler ton mauvais caractère, James ! »

James ne répondit pas et accepta la remarque de son frère. Cette fois-ci, Andrew l’attira à lui et le serra dans ses bras sans que James ne proteste. Ce dernier accepta avec plaisir cette marque d’affection. Ce fut à ce moment-là que leur sœur vint les rejoindre.

Voyant les deux hommes couverts de poussière, Jane, soupirant : « Oh ! Encore à vous battre ? »

Les deux hommes se séparèrent et firent face à leur sœur.

Andrew, surpris : « Nous ?... Non ! »

Puis il se tourna vers son frère et lui fit un clin d’œil.

James : « Non !... Andrew m’apprenait simplement le maniement de l’épée. C’est tout ! »

Jane : « Ah oui !... [S’adressant à James]… Alors pourquoi as-tu le dos couvert de poussière ?... [A ses deux frères]… Et surtout pourquoi vos épées sont-elles à terre ?... Hum ? »

Andrew regarda son épée au sol puis son frère : « Euh… »

James fit de même puis, ayant l’habitude de répondre à sa sœur : « Eh bien… Je suis tombé et… Andrew s’est précipité sur moi pour m’aider à me relever !... N’est-ce pas, Andrew ? »

Andrew, entrant dans le jeu de son frère : « Euh oui c’est ça !... C’est exactement ce qui s’est passé ! »

Les deux hommes se rapprochèrent l’un de l’autre et, pour montrer leur bonne entente, chacun mit son bras sur les épaules de l’autre.

N’étant pas dupe de leur mensonge, Jane : « C’est ça, oui ! »

Souriant, Andrew alla ramasser son épée et celle de son frère tandis que James enleva la poussière de ses vêtements.

Jane : « Andrew, un coursier vient d’arriver et désire te remettre une lettre en personne. »

Andrew, intrigué : « Ah oui ?... De qui est-ce ? »

Jane : « Je ne sais pas. Il n’a pas voulu m’en dire plus…. Il ne désire s’entretenir qu’avec toi. »

Andrew rendit son épée à James et remit la sienne dans son fourreau. Puis il se dirigea vers le château. James voulut suivre son frère.

Jane : « Ah non, James ! Tu vas d’abord te laver ! Regagne tes appartements par les cuisines. Je ne veux pas que notre invité te voit ainsi. Ce n’est pas une tenue convenable ! »

James, soufflant : « Mais qu’est-ce que cela peut faire ?... Tu crois que les chevaliers sont bien habillés quand ils rentrent des combats ? »

Jane : « D’abord, tu n’es pas un chevalier. De plus, tu n’as pas combattu. Tu te chamaillais avec Andrew, c’est tout ! »

James : « Mais il m’apprenait à me battre afin que je puisse aller rejoindre père ! »

Jane : « Mais tu es bien trop jeune pour aller rejoindre père… »

James, en colère : « Je suis assez fort et courageux pour être fait chevalier. Tu verras un jour, je te le prouverai ! »

Jane : « Bon d’accord mais, en attendant, file te laver ! »

James ouvrit la bouche pour répliquer mais Jane mit ses mains sur ses hanches et le fusilla du regard. L’ayant pratiquement élevé, James, tout comme Jane, la voyait davantage comme une mère que comme une sœur et il ne voulait pour rien au monde la voir fâcher contre lui. Mais dans le même temps, il voulait s’affranchir de son autorité et montrer qu’il n’était plus un enfant à qui on donnait des ordres. Alors, contrarié, il partit en bougonnant vers les cuisines.

James : « Quand je serai chevalier, elle ne pourra plus me dire d’aller dans ma chambre !... Je pourrai faire tout ce que je veux et elle n’aura rien à dire… »

Jane le regarda partir en secouant la tête.

Jane, soufflant : « Oh c’est pas vrai… Quelle tête de pioche, celui-là ! »

Pendant ce temps, dans la salle d’apparat, un homme attendait…

Voyant Andrew arrivait, l’homme se leva et s’avança vers son hôte.

Le messager : « Bonjour Messire, vous êtes le Comte de Kent ? »

Andrew : « Oui, en l’absence de mon père. »

Le messager : « Alors vous êtes la personne que je cherche. On m’a remis cette missive pour vous, Monseigneur. »

Andrew prit la lettre et, intrigué : « De qui provient-elle ? »

Le messager : « Tout est expliqué dans la lettre, Monseigneur. »

Andrew parcourut la lettre et parut inquiet.

A la fin de sa lecture, Andrew : « Très bien… Je ferai ce qui est demandé… Nous partirons demain matin aux aurores. Allez voir mon intendant pour qu’il vous installe dans une de nos chambres pour la nuit. »

Le messager, se courbant : « Merci, Monseigneur. »

Le messager se retira. Andrew alla près de la cheminée et tira sur la corde afin d’appeler un de ses gardes. Simeon Blackson, le capitaine des gardes, apparut aussitôt.

Andrew, surpris : « Tu as fait vite ? »

Simeon : « Euh… Oui… J’étais en chemin lorsque j’ai entendu votre appel, Monseigneur. »

Andrew était tellement préoccupé par le contenu de la lettre qu’il n’écouta que d’une oreille distraite la réponse de son capitaine. En réalité, Simeon avait assisté à l’entretien entre Andrew et le messager, caché derrière une des portes qui menait à la salle d’apparat. Andrew relisait la lettre dans sa tête quand un garde arriva sans qu’il le voie. Simeon le congédia rapidement d’un signe de tête.

Andrew, relevant la tête : « Simeon…. Je vais devoir m’absenter pendant plusieurs mois. Je te charge d’épauler mon frère quant à la conduite des affaires du comté…. Je peux compter sur toi ? »

Simeon : « Bien sûr, Monseigneur !... Puis-je vous demander quel est le motif de votre départ ? »

Andrew : « Je suis désolé mais cela doit rester confidentiel ! »

Simeon : « Très bien, Monseigneur. »

Andrew : « Veille bien sur mon frère. Il est encore jeune et influençable. Je ne voudrais pas que des barons locaux peu scrupuleux se servent de lui pour servir leurs intérêts au détriment de ceux du comté. Alors je te demande de lui apporter de bons conseils et de l’appuyer militairement pour toutes les décisions qu’il prendra pour le bien du comté… »

Simeon, feignant l’humilité : « Vous pouvez compter sur moi, Monseigneur. »

Andrew : « Je sais qu’il n’a pas un caractère facile… »

Simeon, hypocrite : « Comme vous l’avez dit, il est jeune, Monseigneur ! »

Andrew, soufflant : « Oui et très fier… Ce qui pourrait le conduire à réagir promptement sans penser aux conséquences. C’est pour cela qu’il aura besoin de personnes réfléchies qui puissent l’entourer et lui donner des conseils sages et avisés. Bref, des personnes qui pourront tempérer ses ardeurs…. »

Simeon, dans sa tête : « Tu peux compter là-dessus !... Je vais le calmer, moi, le gamin ! »

Andrew : « … Et puis tu ne seras pas seul. Jane sera là. Elle sait comment lui parler. »

Simeon, se courbant et hypocrite : « Je suis flatté de la confiance que Monseigneur m’accorde. »

Andrew : « Tâche d’en être digne, Simeon. »

Simeon : « Oui, Monseigneur. »

Andrew lui fit un signe de tête indiquant que l’entretien était terminé. Il le regarda se retirer avec appréhension. Par le passé, Simeon, en tant que capitaine des gardes, avait eu un comportement déplacé et Andrew avait dû, à plusieurs reprises, le remettre à sa place. Il est même allé jusqu’à le menacer de le congédier. Mais depuis, il se tenait correctement et il remplissait parfaitement sa charge. Andrew n’avait plus rien à lui reprocher. Alors celui-ci pensa que Simeon avait dû changer au fil des années. De toute manière, Andrew n’avait pas le choix. Il ne pouvait pas changer de capitaine des gardes d’ici le lever du soleil. Donc, il se persuada que Simeon était la personne idéale pour soutenir son frère.

En se retirant, le capitaine des gardes croisa Jane qui entra dans la pièce. Elle ne lui décocha pas un regard ce qui fit sourire Simeon. Jane regarda Andrew et vit son air soucieux.

Jane : « Que se passe-t-il ?... Des mauvaises nouvelles ? »

Andrew, évasif : « Non…Non… Rien de grave… Nous nous reverrons au dîner. »

Jane fronça les sourcils. Andrew quitta la pièce et se dirigea vers ses appartements. Elle savait qu’il se passait quelque chose mais elle le laissa partir, préférant attendre qu’il prenne l’initiative de lui parler de ce qu’il le tracassait.


byoann  (22.12.2014 à 08:15)

Pendant ce temps, dans la chambre de Simeon…

Contrairement aux soldats de rang qui dormaient dans le dortoir situé dans le bâtiment à gauche lorsqu’on pénètre dans la cour principale du château, le capitaine des gardes disposait, lui, d’une chambre particulière. Cependant, l’ameublement y était tout de même rudimentaire. Il se composait d’un lit, d’une table de chevet, d’une commode, d’une petite table et d’une chaise. Quand Simeon entra dans sa chambre, il fit appeler un serviteur. Puis, il s’installa à sa petite table, prit un parchemin vierge et de l’encre et se mit à écrire une lettre. Au bout de quelques minutes, un serviteur frappa à la porte.

Simeon : « Entrez ! »

Le serviteur se courba devant lui.

Tout en continuant à écrire, Simeon : « Va me chercher un coursier ! »

Le serviteur, se courbant : « Tout de suite, Messire ! »

Le jeune homme détala comme un lapin. Quelques minutes, plus tard, on frappa de nouveau à la porte. Cette fois, Simeon alla lui-même ouvrir.

Simeon, au coursier, lui tendant une lettre : « Tiens… Tu vas aller remettre ce pli au shérif de Nottingham. »

Le coursier, prenant la lettre : « Bien, Messire ! »

Simeon fouilla dans sa poche et en sortit quelques pièces.

Simeon, lui donnant l’argent : « Mais attention, sois discret !... Il ne faut pas qu’on te voie partir… Et surtout, tu ne dois dire à personne où tu te rends… C’est bien compris ? »

Le coursier : « Oui, Messire ! »

Le coursier le salua et se retira.

Simeon, refermant la porte et souriant à pleines dents : « Un jour, ce sera ‟Oui, Monseigneur !″ »

Dans la grande salle, quelques heures plus tard, au moment du repas du soir…

Andrew était installé en bout de table. Il était seul et son regard se perdait dans les flammes qui crépitaient dans la cheminée. Il n’entendit pas son frère et sa sœur qui le rejoignirent à table.

James, s’installant à table et souriant : « Tu es bien songeur, mon frère !... Est-ce la cuisante défaite que je t’ai infligée qui te tracasse ainsi ?... Tu crains peut-être que je ne te surpasse un jour ? »

Andrew, revenant de sa rêverie, regarda son frère en souriant.

Jane : « Oh non !... Encore… Tu ne peux pas penser à autre chose qu’à la violence et à la guerre ! »

James : « Mais je plaisantais, voyons ! Andrew le sait, lui, que je plaisantais !... [A Andrew]… N’est-ce pas ?... [A sa sœur]…Tu ne connais rien aux hommes, ma pauvre fille ! »

Jane : « Aux hommes ?... Parce que tu en voies plusieurs, toi ici ?... Moi, je ne voie qu’Andrew ! »

James, les joues cramoisies, allait répliquer à sa sœur mais Andrew intervint.

Andrew, souriant de la chamaillerie de ses cadets : « Bon cela suffit vous deux !... [A James]… Je pensais à notre combat justement et je me disais que tu avais fait d’énormes progrès ces derniers temps. Ta technique à l’épée est bonne mais il faudra l’améliorer en t’entraînant régulièrement avec des adversaires différents. Mais, par contre, il va falloir que tu corriges certains défauts…. »

Jane, narguant James : « Et pas qu’un peu ! »

James lui jeta un regard noir mais n’osa pas interrompre son frère.

Andrew, ignorant la remarque de sa sœur : « …Comme par exemple, ton entêtement et… ton empressement aussi. Tu dois apprendre à écouter les autres, à prendre en compte leurs opinions et à ne pas foncer tête baissée… »

James, un peu perdu : « Mais de quoi parles-tu ?... De mon attitude pendant les combats ? »

Andrew : « Pas seulement pendant les combats… Dans la vie de tous les jours également. Il faudra enfin que tu apprennes à te contrôler. Tu es trop fier, James !... Cela pourrait te jouer de sérieux tours plus tard. »

Sachant que son frère n’avait pas tout à fait tort, James ne sut pas quoi lui répondre et bougonna dans son coin.

Jane, inquiète : « Mais pourquoi lui dis-tu tout ça ?... Cela a-t-il un rapport avec la lettre que tu as reçu ? »

James, intrigué : « Quelle lettre ? »

Jane, soufflant : « La lettre qu’il a reçu pendant que vous vous chamailliez dans la cour, voyons ! »

Concentré sur sa petite personne, James avait déjà oublié le messager qui avait voulu parler à son frère pendant que celui-ci lui apprenait à se battre.

James : « Oui ben, c’est bon !... Je me souviens maintenant ! »

Jane, sur un ton de reproche : « De toute façon, tu ne te rappelles jamais des évènements qui ne te concernent pas ! »

Andrew, intervenant à nouveau avant que cela ne dégénère : « Oui, c’est à propos de la lettre. »

Jane et James cessèrent leur querelle et reportèrent leur attention sur Andrew.

Andrew, regardant James et, sérieux : « Je dois quitter l’Angleterre ! »

Jane, surprise et inquiète : « Quoi ? »

James, en état de choc, ne dit rien. Il n’avait jamais pensé que son frère puisse un jour partir du château, en tout cas, pas avant le retour de leur père. Il avait toujours pensé que s’il devait y avoir une personne qui devait aller rejoindre leur père en Terre Sainte, ce serait lui et, non, Andrew puisque son père l’avait chargé de veiller sur le comté.

James, alarmé : « Tu vas en Terre Sainte ? »

Andrew, calme : « Non !... Je vais rejoindre la Reine-mère Aliénor en France ! »

Jane, intriguée : « La Reine Aliénor ? »

James, tout aussi intrigué que sa sœur : « Mais pour faire quoi ? »

Andrew : « Je ne puis vous en dire plus, je suis désolé. On m’a demandé de garder le silence sur cette mission. »

Réalisant qu’il va se retrouver seul pour gérer le comté, James, en proie à une vive inquiétude et naïvement : « Alors cela veut dire que tu va quitter Maidstone ? »

Sentant la détresse de son frère, Andrew, gentiment : « Oui ! »

Jane, inquiète : « Tu pars quand ? »

Andrew : « Demain matin, aux aurores ! »

Jane : « Si vite ? »

James : « Et pour combien de temps ? »

Andrew : « Je ne sais pas… Le temps qu’il faudra pour remplir la mission que l’on me confiera. »

Jane et James furent très attristés d’apprendre le départ précipité de leur grand frère. Le reste du repas se passa dans un silence pesant. James et Jane n’avaient plus envie de se quereller et voulaient profiter le plus possible de la présence de leur frère. Mais Andrew décida d’aller se coucher tôt afin de pouvoir partir de bonne heure.

Andrew, en quittant la table : « Bon, eh bien, au revoir… Si on ne se revoit pas d’ici demain... »

Jane, l’interrompant : « Oh si, on se reverra demain et on sera là, demain matin, pour ton départ… N’est-ce pas, James ? »

James, sans grand enthousiasme à l’idée de voir partir son frère, d’une voix timide : « Euh oui… Bien sûr ! »

Andrew, ravi : « Bon alors à demain. Je vais me coucher tout de suite afin d’être en forme pour demain. Bonne nuit à vous ! »

Jane : « Bonne nuit, Andrew ! »

James se contenta de lui sourire puis Andrew se dirigea vers la sortie. Jane devina l’angoisse de James à l’idée de se retrouver seul à la tête du comté. C’était pour lui la première fois qu’il aurait la responsabilité de tout un comté.

Jane, voulant le réconforter : « T’inquiète pas, James ! Je suis sûre que tout va bien se passer ! »

Mais James ne voulait pas entendre ces mots car cela ne faisaient que confirmer ses propres angoisses. Ces paroles, tout en se voulant réconfortantes, montraient également l’inquiétude de ceux qui les prononçaient. Il doutait de lui-même. Il doutait de sa capacité à faire aussi bien que son père et son frère. Il en voulait à Andrew de le mettre dans une telle situation à son âge. Il s’en voulait à lui-même de ressentir ce sentiment d’angoisse qui était, pour lui, l’apanage d’un enfant plutôt que celui d’un homme adulte. Incapable de se contrôler, il se leva brutalement de sa chaise.

James, sèchement : « Je n’ai plus faim ! »

Puis il sortit précipitamment de la pièce et fila dans ses appartements. Sa sœur resta seule et termina son repas.

Puis, Jane, se levant de sa chaise et regardant les places vides de ses frères : « J’espère que tout va bien se passer. »

Elle monta se coucher dans ses appartements mais elle ressentit comme un mauvais pressentiment. Bien qu’ils ressentaient tous de l’inquiétude pour leur père parti en Terre Sainte, la famille avait réussi, après la mort de Matthew, à retrouver un équilibre que cette lettre, arrivant de France, fit voler en éclat. Alors que le matin même, Jane se sentait heureuse en compagnie de ses frères, le départ précipité de l’un d’eux la plongea dans une angoisse sourde et intangible comme si elle sentait qu’un drame allait se produire. Jane éteignit la chandelle en essayant de chasser ses idées noires.

Au petit matin, le lendemain, dans la cour du château…

Une voiture attendait le maître des lieux devant les portes du château. Le messager qui avait apporté la lettre de France était déjà installé dans la voiture. Pendant que les serviteurs finissaient de monter le peu de bagages qu’Andrew emmenait avec lui, ce dernier, suivi de Jane et de James, arriva devant sa voiture où Simeon tenait la porte ouverte. Andrew se tourna vers son petit frère.

Andrew : « Bon… James… Je te confie les rênes à présent et surtout suis bien les conseils que je t’ai donné… »

James, encore ensommeillé, baissa la tête et ressentit alors tout le poids de la charge que son frère, en quittant le pays, venait de mettre sur ses jeunes épaules.

Andrew, pour lui remonter le moral : « Mais je suis certain que tu sauras prendre les bonnes décisions… N’hésite pas à demander conseil à Jane et appuie-toi sur Blackson pour te faire respecter. »

Ce faisant, il mit sa main sur l’épaule du soldat qui se trouvait à côté de lui.

James, relevant la tête : « Je te le promets… mon frère ! »

Soudain, James, désemparé, se jeta brutalement dans les bras d’Andrew.

James, les yeux humides et d’une voix timide : « Reviens vite ! »

Touché par l’émotivité de son frère, Andrew le serra très fort puis il se défit lentement de lui en lui souriant.

Andrew, lui tapotant l’épaule : « T’inquiète pas… Aie confiance en toi et tout se passera bien… Moi, j’ai confiance en toi, mon frère ! »

Emu par la confiance qu’Andrew lui manifestait, James lui sourit puis se mit en retrait afin de laisser sa sœur lui dire au revoir. Andrew embrassa Jane sur la joue puis la prit dans ses bras.

Andrew, dans l’oreille de sa sœur : « Veille bien sur James pendant mon absence. »

Jane, pleurant légèrement : « Je te le promets, grand frère… »

Elle eut du mal à se défaire de lui mais elle se contraint à s’écarter pour qu’il puisse monter dans la voiture.

Jane : « Et surtout fais bien attention à toi… »

Andrew : « Je te le promets ! »

Jane : « … Et ne prends pas de risques inutiles ! »

Andrew, souriant devant les recommandations maternelles de sa sœur : « Je te le promets ! »

Il monta dans sa voiture.

James, avec empressement : « Donne-nous vite de tes nouvelles ! »

Andrew, se pencha à la fenêtre et baissant la tête : « Comme vous voudrez, Monsieur le Comte ! »

En temps normal, James aurait été très fier d’avoir été appelé ainsi. Mais à cet instant, l’angoisse prévalait sur sa fierté. James essaya de ne pas le montrer en le cachant derrière un sourire forcé. Mais Andrew n’était pas dupe et il savait que son départ mettait sur les épaules de son jeune frère une charge très lourde pour son âge. Afin de ne pas augmenter d’avantage l’angoisse du jeune homme, Andrew lui sourit. Puis il lui fit un clin d’œil lorsque la voiture commença à se mouvoir. Il passa sa tête par la fenêtre et leur fit signe de la main. Jane vint se blottir contre son frère et tous les deux répondirent en imitant le geste d’Andrew.

Jane : « Au revoir, Andrew. A bientôt, j’espère ! »

Comme James ne disait rien, elle regarda son frère et vit une petite larme coulée le long sa joue.

Ne voulant pas l’embarrasser, elle ne lui en fit pas la remarque et regarda le carrosse d’Andrew disparaître derrière la lourde porte d’entrée de la cour du château.


byoann  (22.12.2014 à 08:30)

CHAPITRE III

« ROBIN... LES CHIENS... ILS ARRIVENT ! »

uelques jours plus tard…

Ce matin-là, les hors-la-loi se levèrent les uns après les autres. Much se dirigea vers le foyer afin de ranimer les flammes qui permettront de faire cuire le petit déjeuner.

Much, grognant : « Oh !... Y’a plus de bois ! »

Will, avec empressement : « Je vais en chercher ! »

En passant devant Djaq, il lui fit un clin d’œil.

Djaq, aussitôt : « Je t’accompagne ! »

Much, sourire en coin : « Ben voyons ! »

Will, sur le pas de la porte : « Quoi ? »

Nonchalamment, Allan s’appuya sur l’épaule de Much.

Allan, feignant de se montrer sérieux : « Much ?... Je crois que nous sommes ici encore en présence d’un euphémisme, mon cher ! »

Much, se croisant les bras et souriant : « Ouais, c’est ce que je constate aussi ! » 

Much, s’adressant à Will avec un ton sarcastique : « Tu ne comptes pas emmener la hotte à bois pour ramener le bois ? »

Will, confus : « Euh si… Si. Si. »

Rougissant, il se dirigea vers le coin du camp où la hotte était rangée. Puis il revint vers la sortie.

Allan, se moquant : « Alors, les enfants ne rentraient pas trop tard, hein ? »

Much, entrant dans son jeu : « Et surtout ne faites pas de bêtises tous les deux ! »

Allan à Will : « Oui, ta mère a raison… N’allez pas batifoler dans les fourrés tous les deux… Sinon vous aurez à faire à moi ! »

Tout comme Djaq, Robin sourit à la petite comédie jouée par Allan et Much. Mais Will ne l’apprécia qu’à moitié.

Will, agacé : « Grrr… ça va ! »

Il fit signe à Djaq de sortir à l’extérieur. Allan et Much se précipitèrent sur le pas de la porte.

Allan, d’une voix forte : « Les enfants, tenez-vous par la main pour ne pas vous perdre ! »

Ils virent Will hausser les épaules d’agacement. Ils ne purent s’empêcher de rire de leur plaisanterie. Puis ils revinrent près du feu où Robin s’était installé.

Robin, souriant : « Vous n’avez pas fini de les asticoter comme ça ? »

Much : « Oh ben quoi ?... C’est pas bien méchant ! »

Allan : « Ouais surtout que je trouve qu’ils forment un beau couple tous les deux. Mais je ne comprends pas pourquoi, devant nous, ils font semblant de ne pas être ensembles ? »

Robin : « Peut-être veulent-ils vivre leur amour en toute tranquillité. Ne dit-on pas : ‟Pour vivre heureux, vivons caché″ ? »

Much : « C’est ridicule !... Moi quand je serai avec une femme… »

Allan, l’interrompant : « Encore faudrait-il qu’une femme veuille bien de toi ! »

Much, vexé : « Oh, mais moi je plais aux femmes !... Tu sais… »

Allan : « Ah oui ?... Alors pourquoi es-tu toujours célibataire ? »

Much, vexé et en colère : «Euh… Ben c’est que… Moi, je pense d’abord à l’Angleterre, au combat pour la justice et à la rébellion contre le shérif… Je ne suis pas un égoïste qui pense d’abord à assouvir ses sens, moi ? »

Allan : « Ah oui ?... Alors tu penses que Robin est un égoïste ? »

Much, embarrassé : « Euh…Non… J’ai pas dit ça ! »

Allan : « Alors qu’est-ce que tu dis exactement ? »

Robin intervint avant que cela ne dégénère.

Robin : « Bon, cela suffit vous deux… En tous cas, je suis très content pour Will et Djaq… Et je vous demande de respecter leurs souhaits quant à leur union… Ne les brusquez pas, c’est compris ? »

Much, toujours vexé par les propos d’Allan et d’une voix timide : « Ouais. » 

Robin : « Allan ? »

Allan, souriant : « Oui, j’ai compris ! »

Voulant faire la paix avec Much, Allan mit son bras sur les épaules de son compère.

Allan : « Je plaisantais Much… Je suis sûr que tu trouveras ton âme sœur très bientôt… Je sais que quelque part une femme t’attend. »

Much, enjoué : « Tu crois ? »

Allan : « J’en suis certain ! »

Much : « Vous entendez ça, maître ? »

Robin : « Oui, Much, j’entends !...  Et moi, je suis sûr que tu rendras cette femme très heureuse. »

Rassuré, Much commença à rassembler les ingrédients pour le petit déjeuner.

Allan : « Bon je vais chercher quelques fruits pour accompagner tout ça. »

Much à Allan : « Et fais bien attention à ne pas te perdre, mon petit ! »

Allan, en sortant du camp : « Oui, maman ! »

Pendant ce temps, du côté de Will et Djaq…

Les deux hors-la-loi s’étaient fortement éloignés du campement et avaient commencé à ramasser du bois en remplissant la hotte que Will portait sur le dos.

Will : « ça y est, nous sommes suffisamment loin maintenant ! »

Will lui prit la main pendant que Djaq regarda autour d’elle.

Djaq : « Non ! Attends encore un peu. »

Mais Will ne voulait plus attendre. Il l’attira à lui et l’embrassa fougueusement.

Djaq, surprise : « Will Scarlett ! »

Will : « Quoi ? »

Djaq : « Robin nous a confié une mission ! »

Will, se moquant : « Ce n’est pas une mission… C’est la corvée de bois… Et puis cela n’empêche pas ! »

Il voulut l’embrasser de nouveau mais elle se défila.

Djaq : « Après avoir fait notre travail ! »

Will, mécontent : « Grrr… Comme tu veux ! »

Djaq et Will se remirent à ramasser du bois.

Will, tout en travaillant : « Pourquoi tu ne veux pas vivre notre relation au grand jour ?... Tu as honte de moi ou quoi ? »

Djaq : « Ne soit pas idiot, Will Scarlett… Je t’aime et je n’en ai pas honte ! »

Will : « Alors pourquoi ? »

Djaq allait lui répondre mais soudain elle se figea.

Will : « Quoi ?... Qu’y-a-t-il ? »

Djaq : « Chut ! Ecoute !... Tu n’entends pas ? »

Les deux hors-la-loi se turent. Mais Will n’entendait toujours rien. Il pensa alors que Djaq essayait d’échapper à sa question. Puis soudain, son visage se figea et Djaq put y lire l’inquiétude qu’elle-même ressentait.

Will, le visage blême : « Des chiens ! »

Ils jetèrent le bois qu’ils avaient ramassé et filèrent à toute enjambée vers le campement pendant qu’au loin, ils entendaient la meute de chiens qui se rapprochait dangereusement. Will et Djaq arrivèrent en courant à proximité du camp où ils croisèrent Allan qui revenait les bras chargés de fruits. Mais ils ne s’arrêtèrent pas.

Allan, les regardant passer : « Ben…Vous n’avez pas ramené de bois ? »

Allan accéléra le pas pour les suivre. Will et Djaq entrèrent en trombe dans le campement.

Will et Djaq, essoufflés et affolés : « Des chiens ! »

Much : « Ben quoi des chiens ? »

Djaq, essoufflée : « Robin… Les chiens… Ils arrivent ! »

Robin, inquiet : « Quoi ?... Vous êtes sûrs ? »

Allan arriva au même instant.


byoann  (29.12.2014 à 09:15)
« Ouais… Toute une meute ! »

 

 

 

 

 

Allan : « Oh non… Cela ne va pas recommencer ! »

Djaq, ne comprenant pas : « Pourquoi c’est déjà arrivé avant ? »

Will : « Oui, un peu avant que tu n’intègres la bande… »

Robin, finissant : « Gisborne nous avait pourchassé avec une meute de chiens. »

Djaq : « Et comment vous vous en êtes sortis ? »

Robin : « Euh… J’ai passé un accord avec le shérif ! »

Djaq, incrédule : « Avec le shérif ? »

Allan : « Oui… Mais je doute que cette fois-ci tu puisses renouveler cet exploit. »

Much : « Pourquoi pas ? »

Will, perplexe : « Après ce qui s’est passé en Terre Sainte ?... Je ne crois pas non plus ! »

Much, inquiet : « Alors comment va-t-on se sortir de là ? »

Pendant que ses compagnons renseignaient Djaq, Robin réfléchissait déjà à la stratégie à adopter. Cependant, il y avait une différence de taille par rapport à la dernière fois. En effet, à l’époque, ils n’avaient pas de campement en dur. Bien qu’ils campaient toujours à peu près au même endroit, la bande était plutôt nomade et il arrivait qu’ils se déplaçaient si le besoin s’en faisait sentir.

Robin : « Je crois qu’on n’a pas le choix. Si l’on veut que Gisborne ne découvre pas le camp, il va falloir attirer les chiens ailleurs… »

« Much, te reste-t-il encore du gibier d’hier ? »

Much : « Euh oui… Je n’ai pas eu le temps de les mettre dans notre réserve à notre retour de chasse, hier ! »

Robin : « Dieu soit loué !... Nous allons prendre ce qui reste. Nous allons les laisser traîner au sol tout en fuyant dans toutes les directions. Essayer de les emmener aussi loin que vous le pourrez… Much, tu iras au Sud. Allan à l’Ouest. Will et Djaq… »

Djaq, l’interrompant : « Non Robin, je reste ici ! »

Will, inquiet : « Quoi ? »

Djaq, sereine : « Robin… Je peux fabriquer une potion qui permettra de tenir les chiens éloignés du campement. »

Robin, intéressé : « Vraiment ? »

Djaq : « Oui. Mon peuple l’utilise pour éloigner les animaux sauvages de nos récoltes. »

Au loin, la bande entendit la meute de chiens qui se rapprochaient.

Robin : « Tu crois que tu auras assez de temps pour la fabriquer ? »

Djaq : « Si vous les éloignez un peu, je crois que oui. »

Robin à Djaq : « Bon alors fais-le !... [Au reste de la bande]… On se rejoint à Knighton vers midi ! »

Allan, Much et Djaq acquiescèrent de la tête.

Will, furieux : « NON !... »

Djaq, lui prenant doucement les avant-bras : « Will… On n’a pas le temps de discuter ! »

Much distribuait déjà le produit de leur chasse de la veille à Allan et à Robin.

Robin : « Djaq a raison. Le temps presse… Tiens, prends ça et part vers l’Est. Moi, je m’occupe du Nord. »

Il lui tendit le cadavre d’un lièvre.

Tout en s’emparant du gibier, Will à Djaq : « Mais c’est trop dangereux. Tu risques d’être prise au piège et nous ne serons pas là pour te couvrir ! Je veux rester avec toi ! »

Djaq : « Will, Robin a besoin de toi… Ça va aller... Ne t’inquiète pas. »

Rejoignant le couple, Robin : « Will ! Nous la couvrirons en éloignant les chiens avec le gibier. Alors dépêche-toi !... Cette fois, il faut partir. »

Will allait répliquer mais Robin le prit par le bras et l’entraîna dehors. Désespéré, Will regarda Djaq comme si c’était la dernière fois qu’il la voyait. Elle fut touchée par l’inquiétude de Will mais elle ne s’attarda pas sur sa propre détresse. Il fallait concocter la potion qui mettrait le campement définitivement hors de danger de la meute de Gisborne.

A l’extérieur, Robin et les autres membres de l’équipe s’étaient dispersés dans les quatre directions indiquées par le chef des hors-la-loi. Robin avait pris soin de partir le dernier afin de s’assurer que Will ne retourne pas au campement.

Pendant ce temps, arrivant par le Nord-Est, Gisborne suivait la meute de chiens.

Le soldat, menant les chiens : « Monseigneur ?... Les chiens ont flairé quelque chose. Je crois que nous sommes sur la bonne piste ! »

Gisborne, plein d’espoir : « Vraiment ? »

Le meneur : « Oui, Monseigneur… Vers le Nord ! »

Gisborne : « Bien… Allons-y ! »

Gisborne et ses hommes filèrent donc vers le Nord, s’éloignant ainsi du campement des hors-la-loi. Djaq en profita pour fabriquer un répulsif assez puissant pour faire fuir les chiens de Gisborne. Une fois terminé, elle sortit prudemment du campement et écouta attentivement les alentours. Les aboiements de la meute s’éloignaient petit à petit. Rassurée, elle répandit le répulsif d’abord autour du campement puis en dessinant un cercle concentrique tout autour du camp à une distance d’environ cinq mètres. Elle répéta plusieurs fois l’opération en s’éloignant de cinq mètres à chaque fois jusqu’à ce qu’il ne lui en reste plus. Puis, conformément aux ordres de Robin, elle prit la direction de Knighton.

Quant au reste de la bande, Will, Much et Allan firent traîner leur gibier au sol pendant deux bonnes heures puis entendant que les chiens se dirigeaient vers le Nord, ils abandonnèrent leurs appâts sur place puis convergèrent vers Knighton. Quant à Robin, qui était parti vers le Nord, il dût appâter ses poursuivants pendant plus de trois heures avant que ceux-ci, lassés, décident de faire une pause afin de faire reposer les chiens. N’ayant qu’une demi-heure d’avance sur la meute, Robin, épuisé, décida de continuer malgré tout jusqu’à ce que la meute reparte. Puis quand celle-ci reprit sa traque, Robin abandonna son gibier et retourna vers Knighton en prenant bien soin de contourner Gisborne et ses hommes.


byoann  (29.12.2014 à 09:25)

 CHAPITRE IV

« QUOI ?... LE ROI ?... PRISONNIER ? »

Knighton, peu avant midi….

Marianne et Annie revinrent de Nottingham où elles avaient fait quelques courses.

Annie, descendant de la voiture : « Vous auriez dû aussi prendre la robe bleue, Lady Marianne. »

Marianne, descendant après elle : « Je crois que nous en avons assez. Car je pense que mon père risque de ne pas être d’accord avec toi. »

Annie, ennuyée : « Ah oui, vous avez raison. Il vaudrait peut-être mieux que vous occupiez votre père pendant que je monte vos achats dans votre chambre, non ? »

Marianne, souriante : « Cela ne me semble pas nécessaire, Annie ! »

Annie : « Ah !... Parce que vous croyez que votre père comprendra ? »

Marianne : « Non… Parce qu’il s’est absenté pour la matinée, voilà tout ! »

Les deux femmes montèrent au premier étage et entrèrent dans la chambre de Marianne. Elles y trouvèrent Gladys, la jeune servante, en pleurs, assise sur le lit en désordre.

Marianne, inquiète : « Gladys ?... Mais que t’arrive-t-il ? »

Gladys, pleurant à chaudes larmes : « Oh je suis désolée, Lady Marianne… Je n’ai pas eu le temps de faire votre lit pendant votre absence… Pardonnez-moi ! »

Marianne, incrédule : « Et c’est pour cela que tu pleures ? » 

Gladys, essayant de retenir ses larmes : « Non… Ce n’est pas pour ça… »

Annie alla discrètement poser les affaires de Marianne dans un coin de la chambre et revint vers la servante éplorée.

Marianne, doucement : « Alors que se passe-t-il ?... Raconte-moi ce qui te tourmente. »

Gladys : « Il s’agit de mon père… Le shérif est venu ce matin, à Locksley, prélever un nouvel impôt avec ses hommes… »

Marianne : « Un nouvel impôt ? »

Gladys : « Oui. Il a dit que la somme prélevée allait servir à faire libérer le Roi Richard, prisonnier des sarrasins. »

Marianne, incrédule : « Quoi ?... Le Roi ?... Prisonnier ? »

Gladys : « Oui c’est ce qu’il a dit… Et si on refuse de payer, on est considéré comme des traîtres… Alors tout le monde s’est précipité pour donner les quelques sous qu’ils leur restaient. »

Marianne : « Et tout le monde a payé, tu dis ? »

Gladys, baissant : « Oui… Enfin pas tout à fait… Quelques hommes ont soupçonné une duperie de la part du shérif et l’ont ouvertement mis en cause… »

Marianne : « Ton père faisait partie de ses hommes ? »

Gladys, recommençant à pleurer : « Oui. » 

Marianne : « Et il a été arrêté ? »

Gladys : « Non ! »

Marianne, perplexe : « Non ? »

Gladys : « Non, le shérif a dit à ses soldats qu’il n’avait pas le temps de faire des prisonniers. Alors il leur a donné l’ordre de les châtier sur le champ. Mon père… a été battu jusqu’au sang. »

Annie, effrayée : « Est-ce que… Est-ce qu’il est mort ? »

Gladys, pleurant : « Non, pas encore… Ma mère essaie de le soigner mais… »

Marianne, l’interrompant : « Il faut faire appel à un médecin ! »

Gladys : « Je sais… mais nous n’en avons pas les moyens. »

Marianne : « Annie !... Rends-toi chez le médecin et emmène-le chez le père de Gladys immédiatement. Et dis-lui bien que je prends en charge tous les frais… »

Gladys, pleine d’espoir : « Oh merci… Merci beaucoup, Lady Marianne. Que Dieu vous bénisse. »

Marianne à Annie : «… Demande-lui aussi qu’il soigne tous les autres hommes qui ont résisté au shérif. »

Annie, avant de partir : « Bien, Lady Marianne. »

Marianne, en refermant la porte de sa chambre : « Merci, Annie. »

Annie partit sur le champ pour la maison du docteur habitant à Knighton.

Marianne, revenant s’asseoir près de Gladys : « Maintenant Gladys, retourne chez toi pour veiller sur ton père. »

Gladys : « Mais… Et mon travail ici ? »

Marianne : « Ne t’en fais pas pour ça… Je peux très bien le faire moi-même. Je ne vais pas en mourir pour une fois ! »

Gladys : « Mais Lady Marianne… »

Marianne, l’interrompant : « Il n’y a pas de ‟ Mais ″… Allez retourne à Locksley et restes-y le temps qu’il faudra, d’accord ? »

Gladys, reconnaissante : « D’accord. »

Elle se releva, suivie de Marianne et franchit la porte de la chambre.

Gladys, se tournant vers sa maîtresse : « Merci pour tout, Lady Marianne ! »

Ne sachant que répondre, Marianne se contenta d’un chaleureux sourire. Puis Gladys quitta le manoir de Knighton et courut en direction de Locksley. Quant à Marianne, elle fila à l’écurie et prépara son cheval. Puis elle partit au triple galop pour le campement des hors-la-loi.

Mais arrivant à proximité du camp, son cheval refusa d’aller plus loin. Intriguée, elle regarda aux alentours cherchant ainsi ce qui pouvait bien effrayer sa monture. Mais elle ne vit rien d’anormal. Elle força l’animal à avancer. Celui-ci renâcla mais finit par obéir à sa cavalière.

Marianne, arrivant au campement : « Robin ? »

Elle ouvrit la porte du sanctuaire des hors-la-loi et constata qu’il était vide.

Marianne à elle-même : « Oh non !... Ils ne sont pas là… Mais où peuvent-ils tous bien être ? »

Elle se mit à réfléchir à l’endroit où ils pourraient se trouver. Mais les hors-la-loi pouvaient être n’importe où.

Désappointée, Marianne retourna à Knighton. Quand elle y arriva, elle vit que la population avait été rassemblée au centre du village. Un homme avait été mis à genou entre deux soldats et le shérif s’adressait avec colère au reste de la population. Elle descendit de cheval et s’avança discrètement à travers la foule.

Le shérif, mécontent : « Si vous ne voulez pas payé cet impôt exceptionnel, je devrai sévir car vous serez considérés comme des traîtres envers la couronne ! »

Le prisonnier, en colère : « Cet argent n’est pas pour le roi !... C’est pour vous et vos basses œuvres ! »

Le shérif, se retournant vers lui : « Tu devrais tenir ta langue, jeune paysan !... Ou tu risques de le regretter ! »

Le prisonnier : « Non… On en a assez de vous et de vos impôts !... Vous nous saignez à blanc depuis trop longtemps… Nous n’avons plus rien à vous donner !... Il ne nous reste plus que notre courage et notre dignité ! »

Le shérif, hautain : « Nous verrons ce qu’il en restera de ta… dignité après avoir reçu trente coups de fouet ! »

Une femme dans l’assistance vint se jeter à ses pieds : « Oh non !... Monseigneur… Je vous en supplie ! »

Sans se préoccuper d’elle, le shérif fit un signe à son capitaine des gardes qui tenait déjà le fouet dans sa main.

Le capitaine aux deux soldats qui retenaient le prisonnier : « Retirez-lui sa chemise ! »

Les deux soldats déchirèrent la tunique du jeune homme et le retourna afin d’exposer son dos à leur supérieur.

La jeune femme, suppliant : « Pitié Monseigneur… Epargnez mon frère… Je vous en supplie… »

«… Nous paierons ce que vous demandez… Je vous en supplie ! »

Le jeune homme : « Non, Kate !... Va-t’en !... Ne reste pas là ! »

Le shérif, ironique : « Oh comme c’est touchant ! »

Il prit le visage de la jeune femme avec sa main droite.

Le shérif : « Tu veux sauver ton petit frère, n’est-ce pas ? »

Kate : « Oui, Monseigneur… Pitié… Je ferai tout ce que vous voudrez ! »

Le shérif, hautain : « Vraiment ? »

Kate, au comble du désespoir : « Oui Monseigneur !... Tout ce que vous voudrez ! »

Le shérif : « Eh bien dans ce cas… Ecarte-toi de mon chemin ! »

Dédaigneux, il repoussa la jeune femme parmi la population qui s’empressa de l’emprisonner parmi eux afin qu’elle n’essaie pas de délivrer son frère au risque d’y perdre la vie.

Le shérif au capitaine : « Allez ! Exécute le châtiment ! »

Le capitaine leva son fouet. La foule retint son souffle. Le jeune prisonnier fit de même et se prépara à recevoir le premier coup quand une voix se fit entendre.

La voix : « Non. Attendez ! »

Le shérif, mécontent : « Et nian nian nian nian nian nian… Qui se permet de… »

Il s’arrêta brutalement quand il aperçut son interlocuteur.

Le shérif : « Marianne !... Je me demandais quand est-ce que j’allais voir apparaître votre joli petit minois. »

Marianne, ignorant sa remarque : « Je viens d’arriver… Pourquoi châtiez-vous cet homme, shérif ? »

Le shérif : « Il n’a pas rempli son devoir envers la couronne en payant ses taxes ! »

Marianne : « Quelles taxes ? »

Le shérif, agacé : « Ecoutez… Jeune demoiselle… Il s’agit des affaires du royaume qui ne sont pas du ressort d’une pucelle de votre âge. Alors retournez à vos frivolités toutes féminines et laissez-moi gérer cette affaire. »

Marianne, ignorant sa remarque sexiste : « Je peux payer pour lui ! »

Le shérif, mécontent : « C’est trop tard !... Cet homme m’a insulté publiquement et il doit être châtié pour cela. Car insulter un shérif dans l’exercice de ses fonctions, c’est comme insulter le roi le lui-même… N’est-ce pas ? »

Marianne, piégée : « Euh… Mais peut-être que s’il se repentait de ses fautes, pourriez-vous faire preuve de mansuétude en lui accordant votre pardon ? »

Le shérif : « Trop tard !… [Au capitaine des gardes]… Procédez ! »

Marianne : « Mais Monseigneur… »

Elle fut interrompue par le bruit du premier coup de fouet claquant sur le dos du jeune homme. Kate se débattit pour essayer d’aller le secourir mais deux villageois la retinrent fermement.

Kate, se débattant et pleurant : « Matthew ! »

Le jeune homme ne lui répondit pas. Il se concentra afin de se préparer à recevoir les autres coups de fouet. Il ne voulait pas donner la satisfaction au shérif de le voir plier sous les coups. Il redressa la tête en regardant sa sœur, droit dans les yeux. Marianne se sentit impuissante. Tandis que le soldat faisait durer le châtiment, le shérif s’approcha de Marianne.

Le shérif, tout bas, à Marianne : « Vous pensez peut-être que c’est un châtiment bien trop sévère, n’est-ce pas ? »

Marianne : « Oui, Monseigneur ! »

Le shérif : « Vous avez probablement raison !... Mais qui pourrait m’en empêcher, hum ? »

Il regarda Marianne en souriant. Cette dernière aurait aimé lui dire ses quatre vérités mais cela n’aurait servi à rien, excepté de se faire arrêter et fouetter en place public. Elle reporta son attention sur le pauvre Matthew qui serrait les dents pour ne pas crier.

Le shérif : « Hum… Peut-être pensez-vous que Locksley viendra à son secours, n’est-ce pas ?... Mais au fait !... Pourquoi n’est-il pas encore là celui-là ?... Vous avez une idée ?... D’habitude, il est toujours là pour m’empêcher de m’amuser…. Peut-être est-il occupé ailleurs, hum ? »

Marianne regarda le shérif. Elle sentit soudain son cœur se serrer.

Marianne, inquiète, dans son esprit : « Il sait où est Robin !... Lui serait-il arrivé malheur ? »

Le shérif regagna sa place tandis que le capitaine arrivait enfin au trentième coup de fouet.

Le shérif, se dirigeant vers son carrosse : « Suffit !... Je crois qu’il a eu son compte… Allons-nous-en ! Nous avons une longue route à faire. »

Marianne au shérif : « Vous quittez Nottingham, Monseigneur ?  Et puis-je savoir où vous allez ? »

Le shérif, se retournant : « Petite curieuse ! »

Puis il monta dans sa voiture sans dire un mot de plus. Les gardes se dépêchèrent de ramasser l’argent et de le transporter jusqu’à la voiture du shérif. Puis celle-ci partit en direction du Sud sous bonne escorte.

Marianne, dans sa tête : « Pourquoi autant d’hommes pour un si faible butin ? »

Mais Marianne fut tirée de ses pensées par la colère de Kate qui se débattait toujours pour aller retrouver son frère.

Kate, furieuse : « Mais lâchez-moi ! »

Une fois la voiture du shérif hors de vue, les villageois la libérèrent. Elle se précipita sur son frère gisant à terre sur le ventre. Elle s’agenouilla et se pencha doucement sur lui.

Kate, au comble de l’inquiétude : « Matthew ? »

    

 

 

 

 

Mais elle fut rassurée quand il bougea son bras. Il était encore conscient. Soulagée, elle lui prit doucement le bras et l’aida à se mettre sur le côté.

Kate : « Non, ne te couche pas !... Je vais t’aider à te relever. »

Un homme s’avança et aida Kate à mettre le jeune homme debout.

Marianne, s’avançant vers eux : « Emmenez-le chez moi !... J’habite juste ici. »

Elle pointa du doigt le manoir. L’homme regarda Kate qui lui fit un signe d’acquiescement de la tête. Maintenu par les bras, Matthew grimaça de douleur à chaque pas qu’il faisait.

Marianne aux villageois : « Allez prévenir le médecin et dites-lui qu’il vienne immédiatement chez moi ! »

Une villageoise : « Mais je l’ai vu partir vers Locksley. Il y a une heure environ ! »

Marianne se souvint alors que c’était elle qui avait demandé à Annie de le conduire à Locksley pour soigner le père de sa servante. Elle ramassa ce qu’il restait de la tunique du jeune homme et suivit le cortège jusqu’à chez elle. Ils installèrent le blessé sur la table de la pièce principale du rez-de-chaussée afin de lui administrer les premiers soins. Le villageois retourna chez lui pendant que les deux femmes s’occupaient de Matthew.

Marianne : « Je suis désolée mais le médecin est parti pour Locksley. »

Kate : « Ce n’est pas grave. Je vais le soigner moi-même. Nous n’avons pas l’habitude d’appeler le médecin de toute façon. J’ai juste besoin d’un peu eau chaude, de savon et de linge propre. »

Marianne : « Très bien. »

Elle partit vers les cuisines et en revint quelques minutes plus tard avec ce que Kate lui avait demandé.

Kate, en soignant son frère, à Marianne : « Je voulais vous dire… Merci d’avoir essayé de sauver mon frère tout à l’heure. »

Marianne : « De rien… Mais malheureusement cela n’a pas servi à grand-chose. »

Kate : « Au contraire, cela a permis de faire savoir à tous ces gens qu’il reste encore, malgré tout, quelqu’un sur qui on peut compter ! »

Marianne, surprise : « Mais pourquoi dis-tu cela ? »

Kate : « Je dis ça parce que… »

Matthew, tournant péniblement la tête vers elle : « Je t’interdis de dire du mal de lui, Kate ! »

Kate : « Tu le protèges encore ?... Alors qu’il n’est pas venu t’aider ! »

Matthew : « Mais Kate, il ne peut pas être partout et tu le sais… C’est à nous aussi de nous prendre en charge ! »

Marianne, complètement perdue : « Mais de qui parlez-vous ? »

Kate, regardant Marianne : « Je sais que c’est… Je sais que c’est l’un de vos amis. Mais je ne peux pas m’empêcher de penser que tout ça est de sa faute ! »

Matthew, furieux : « Kate ! »

Kate : « Quoi ?... Tu as vu dans quel état tu es ? »

Matthew : « C’est la faute du shérif ! »

Marianne : « Mais enfin allez-vous me dire de qui vous parlez ? »

Kate, en colère : « De Robin des bois ! »

Marianne : « Quoi ? »

Kate, en larmes, à son frère : « Oui !... Parfaitement. Sans lui, jamais tu ne te serais opposé au shérif. Jamais tu n’aurais été fouetté ! »

Matthew, en colère : « Et nous serions encore plus asservi que nous ne le sommes aujourd’hui, Kate !... C’est cela que tu veux pour ton avenir ? Te soumettre encore et toujours. Chaque jour un peu plus !... C’est ça que tu veux ? »

Kate ne répondit pas à son frère. Mais l’expression de son visage indiqua à Marianne qu’elle n’avait pas changée d’avis et qu’elle en voulait toujours à Robin. Un silence pesant tomba sur le manoir. Au bout de quelques minutes, Kate termina de soigner son frère.


byoann  (05.01.2015 à 08:35)

Kate : « Ça y est, j’ai terminé. »

Matthew : « Merci, Kate. Tu peux m’aider à me relever ? »

Les deux femmes aidèrent Matthew à s’asseoir sur le bord de la table.

Matthew, fouillant des yeux les environs : « Où est ma chemise ? »

Marianne : « Euh la voilà mais… Je crains qu’elle ne soit devenue inutilisable. »

Elle lui tendit un bout de tissu couvert de poussières.

Marianne : « Attendez… Je vais vous donner une chemise appartenant à mon père. »

Elle laissa le frère et la sœur ensemble mais Kate, toujours furieuse, resta silencieuse. Marianne revint quelques minutes plus tard avec une chemise propre qu’elle tendit au jeune homme.

Matthew : « Merci beaucoup, Lady Marianne ! »

Il l’enfila délicatement en faisant bien attention à ce qu’elle ne frotte pas son dos meurtri. Il se remit debout et se dirigea vers la porte. Kate le suivit.

Marianne : « Ça va aller ? »

Matthew, se retournant et lui souriant : « Oui, merci. »

Marianne : « Vous habitez loin ? »

« A Locksley ! »

 

 

 

 

 

 

 

 

Marianne, surprise : « A Locksley ?... Mais… »

Matthew, l’interrompant : « Nous nous étions réfugiés chez notre oncle quand on a appris que le shérif allait passer à Locksley. On croyait qu’il ne viendrait pas ici mais… »

Marianne : « Il est venu et on vous a reconnu ? »

Pendant que son frère acquiesça de la tête, Kate : « Un des soldats m’a reconnu et aussi reconnu Matthew… Puis il nous a dénoncés au shérif. »

Marianne : « Je vois. »

Matthew, ouvrant la porte : « Merci encore pour tout ce que vous avez fait pour moi… Et… Et si vous rencontrez Robin des bois… par hasard… Dite-lui qu’il n’est pas seul dans sa lutte contre l’injustice. Dite-lui qu’il peut compter sur moi et aussi sur beaucoup d’autres hommes ! »

Marianne, souriante : « Je le lui dirai ! »

Suivis de Marianne, Matthew et Kate sortirent du manoir et, après en avoir averti leur oncle, repartirent vers Locksley. Marianne les accompagna jusqu’au centre du village où ils rassurèrent les villageois rassemblés sur la place puis elle les suivit du regard jusqu’à ce qu’ils disparaissent dans la forêt.

Une villageoise, inquiète : « Mais qu’allons-nous devenir ?... Nous venons de donner ce qu’il nous restait au shérif. Nous n’avons même plus de quoi nous payer une miche de pain. »

Marianne : « Allons ne vous inquiétez pas… Je suis certaine que Robin et sa bande pourvoiront à vos besoins. »

Un villageois, mécontent : « Ah oui et quand savez-vous ?... Il n’est pas venu quand le shérif était là. Il ne nous a pas défendus. »

Marianne : « Allons !... Je suis sûre qu’il y a une bonne raison à son absence. Peut-être était-il déjà occupé ailleurs pour… »

Un autre villageois, l’interrompant : « Vous n’en savez rien… Ils ne sont même pas venus ce matin à Locksley et maintenant ici non plus ils ne sont pas venus…  Moi je vous dis qu’ils nous ont abandonné ! »

Les villageois exprimèrent vivement leur consternation.

La villageoise, se blottissant dans les bras de son mari, inquiète : « Oh non ! »

Marianne : « Ne vous angoissez pas. Je suis certaine que Robin ne nous a pas laissé tomber ! »

En rassurant la villageoise, Marianne remarqua alors, au loin, la bande de hors-la-loi à la lisière de la forêt.

Avant de quitter le groupe, Marianne à la villageoise : « Gardez espoir en Robin et ses compagnons ! »

Un villageois, crachant : « Tu parles ! »

Elle laissa les villageois converser sur leur sort et rejoignit la bande de Robin.

Marianne, mécontente : « Mais où étiez-vous tous passés ?... Et où est Robin ? »

Allan : « Oh ben je pense qu’il court toujours ! »

Marianne, surprise : « Quoi ? »

Djaq : « Nous avons dû fuir le campement très tôt ce matin… »

Much, l’interrompant : « Oui avant de prendre notre petit déjeuner ! »

Will, en donnant un coup de coude à Much : « Gisborne fait fouiller la forêt avec ses chiens. Nous nous sommes dispersés pour l’emmener sur de fausses pistes. Gisborne a pris la direction du Nord. Celle qu’avait choisie Robin. »

Allan : « Robin nous a donné rendez-vous ici. Il ne devrait pas tarder. »

Much : « Oui, s’il ne s’est pas fait prendre ! »

Marianne, réfléchissant : « Bon eh bien… Mieux vaut l’attendre au manoir… Vous y serez plus en sécurité. »

Djaq, surprise : « Pourquoi ? … Il y a un problème ? »

Marianne : « Venez… Pendant que vous vous restaurez, je vous raconterai ce qui s’est passé ici. »

Djaq : « Ce n’est peut-être pas très prudent. Si on découvre des hors-la-loi chez vous… »

Marianne : « C’est juste !... Mais qui pourrait vous trouver ?... Le shérif ?... Il est loin d’ici… Gisborne ?... Il court toujours vers le Nord ?… Alors ? »

Toute la bande sourit en particulier Much qui pensait qu’à une seule chose : Se remplir la panse.

Much : « Alors qu’attendons-nous pour y aller ? »

Alors qu’il avait agacé tout le monde à force de se plaindre qu’il n’en pouvait plus de marcher lorsque la bande se rapprochait de Knighton, Much fit preuve d’enthousiasme lorsqu’il se dirigea vers le manoir.

Allan : « Eh ben dis donc Much ?... On dirait que ça va beaucoup mieux ? »

Much : « Euh… Ben… Oui… Euh… C’est normal… Maintenant nous sommes en sécurité alors qu’avant nous n’étions pas… Euh… »

Will, espiègle : «… en sécurité ? »

Much, embarrassé : « C’est ça ! »

Djaq : « Dis plutôt que c’est ton ventre qui te fait marcher plus vite et sans rouspéter. »

Toute la bande se mit à rire excepté évidement l’intéressé. Même Marianne ne put s’empêcher de sourire mais elle vint quand même à son secours.

Marianne : « Oh n’en voulez pas trop à ce pauvre Much s’il est affamé… Il doit se nourrir pour venir en aide aux villageois… On travaille moins bien le ventre vide. »

Much, ravi : « C’est ce que je dis toujours ! »

La bande rit de nouveau mais cette fois Much fut de la partie. Quand ils arrivèrent devant la porte du manoir, Marianne les fit entrer discrètement et ils s’installèrent autour de la table qui, quelques instants plus tôt, avait servi de lit d’hôpital au jeune Matthew.

Allan, en s’installant à table, à Marianne : « Euh… Annie n’est pas là ? »

Sous les regards moqueurs de la bande, Marianne, en souriant : « Euh non… Je l’ai envoyé à Locksley. Désolé, Allan ! » 

Allan, fortement déçu : « Oh !… C’est pas grave. »

Much : « Mais t’inquiète pas, je suis là mon poussin… Si tu as besoin de quelque chose. »

Se sentant enfin hors de danger, toute la bande se relâcha et rit de bon cœur sauf Allan qui n’était pas d’humeur à la rigolade tellement déçu de l’absence de sa chère et tendre. Marianne partit vers les cuisines et revint quelques minutes plus tard accompagnée de servantes qui apportèrent et déposèrent la nourriture sur la table. Ils commencèrent à se restaurer lorsque Robin frappa à la porte. Marianne alla lui ouvrir. Robin regarda une dernière fois derrière lui pour voir si personne ne l’observait puis entra dans le manoir. En guise de bonjour, Marianne s’empressa de l’embrasser devant les convives qui firent entendre bruyamment leur approbation.

Robin, se défaisant de Marianne : « Hum… Si j’étais à chaque fois accueilli de la sorte, je viendrais plus souvent. »

Marianne, souriant : « Il n’en tient qu’à toi, mon ami ! »

Robin lui sourit puis son regard se porta sur ses compagnons.

Robin, surpris : « Non mais qu’est-ce que vous faites ?... Vous croyez que c’est le moment de vous restaurer avec Gisborne à nos trousses ? »

Much : « Mais maître, avec vous, ce n’est jamais le bon moment pour se remplir la panse. Mais là, nous pensons que c’est le meilleur moment parce que euh… Marianne va vous expliquer ! »

Il se dépêcha d’engloutir le morceau de viande qu’il s’apprêtait à déguster quand Robin est entré de peur que celui-ci ne décide de repartir sur le champ. Et en évoquant Marianne, il espérait que cela allait l’influencer dans le bon sens.

Marianne, lui souriant : « Assis-toi. Nous allons t’expliquer. »

Robin désapprouva la conduite de son équipe mais il obéit à Marianne pour ne pas la contrarier. Elle le fit asseoir à côté d’elle.

Marianne : « Ils m’ont dit que tu avais entraîné Gisborne loin vers le Nord. »

Robin : « Oui c’est vrai. Mais il ne va pas y rester éternellement. Quand il va s’apercevoir qu’il a été berné, il va s’empresser de revenir ici et recommencer ses recherches. »

Marianne : « Mais ce n’est pas pour tout de suite ?... Lui-aussi a besoin de se nourrir, non ? »

Robin : « Oui… Mais il y a aussi les hommes du shérif ? »

Marianne : « Oh mais le shérif est déjà loin maintenant ! »

Robin, intrigué : « Quoi ?... Comment ça ? »

Much, la bouche pleine : « Le shérif est parti en direction du Sud d’après Marianne. »

Will, à voix basse : « Much, tais-toi ! »

Allan : « On ne parle pas la bouche pleine !... C’est très mal élevé, mon lapin ! »

Marianne, souriant des propos d’Allan : « Much dit vrai. D’après ce que j’ai entendu dire, le shérif est passé dans plusieurs villages ce matin, et ici à Knighton. »

Robin, inquiet : « Et que voulait-il ? »

Marianne : « Il a prélevé un nouvel impôt. Il a dit que c’était pour payer la rançon du roi prisonnier en Terre Sainte ! »

Much, alarmé s’arrêtant de mastiquer : « Quoi ?... Le roi est prisonnier des sarrasins ? »

Robin, sûr de lui : « Non, c’est impossible ! »

Djaq : « Tu en es sûr ? »

Robin : « Oui, j’en suis sûr !… Si cela avait été le cas, sa garde personnelle m’aurait fait parvenir un message et puis… S’il y avait bien une rançon à payer, croyez-vous qu’elle serait confiée à la charge du Prince Jean et du shérif de Nottingham… Non ! Le roi aurait dit à ses ravisseurs de s’adresser à la Reine-Mère s’ils voulaient réellement être payés !... Non, ça ne tient pas debout. Cela cache certainement autre chose ! »

Much, reprenant de la viande : « Alors je suis soulagé ! »

Allan : « D’accord mais qu’est-ce qu’il peut bien trafiquer alors ? »

Much : « Toi qui le connait bien, tu n’as pas une petite idée ? »

Allan, se mettant en colère : « Bon ça suffit avec ça. Quand est-ce que tu vas à passer à autre chose. Je me suis déjà excusé un bon millier de fois ! »

Much : « Oh je suis désolé… Je disais ça comme ça ! »

Robin : « Bon ça suffit Much !… [A Marianne]… As-tu appris où il partait ? »

Marianne : « Non. Il n’a pas voulu me le dire. Je l’ai juste vu qu’il prenait la direction du Sud. »

Will : « Tu crois qu’il se rend à Londres auprès du Prince Jean ? »

Robin, réfléchissant : « Peut-être bien… »

Much, sceptique : « ça m’étonnerait… Après son échec en Terre Sainte ? »

Djaq : « Justement… Peut-être va-t-il voir le Prince pour se faire pardonner ?… Peut-être a-t-il trouvé un moyen de se faire pardonner ? »

Much, septique : « Ah oui ? Et comment ? »

Djaq : « Je ne sais pas moi mais… Tu as une autre explication ? »

Much, confus : « Euh… Non ! »

Tout en écoutant les remarques de ses compagnons, Robin réfléchit sérieusement aux raisons du départ du shérif. Mais Marianne le ramena parmi eux.

Marianne, lui tendant un plat : « Bon eh bien en attendant de connaître ses raisons… Tiens… Il faut que tu manges si tu veux faire échec encore une fois à ses diaboliques projets. »

Robin lui sourit et prit le plat qu’elle lui tendait. Il se servit et termina le repas avec ses compagnons.

Much, finissant son assiette : « Bon alors que comptez-vous faire pour le shérif, maître ?

Robin, se relevant de table et réfléchissant : « Eh bien pour le shérif, nous ne savons pas ce qu’il trame ni où il se trouve alors on ne peut rien faire… En revanche, nous pouvons nous occuper des villageois qui ont été durement frappés par ce nouvel impôt. »

Will : « Oui mais pour cela, il va falloir retourner au campement pour s’approvisionner. Est-ce prudent avec Gisborne qui parcourt la forêt avec ses chiens ? »

Robin : « Hum… Je pense que Gisborne ne nous créera plus de problème. »

Much, inquiet : « Vous pensez ? »

Robin, souriant : « Oui, Much !... Je crois que Gisborne nous a fait cavaler dans la forêt pour laisser le temps au shérif de prélever son nouvel impôt ! »

Much : « Comme une sorte de diversion ? »

Robin, sérieux : « Oui… Ainsi, nous ne pouvions pas venir en aide aux villageois… La question maintenant est de savoir ce qu’il compte faire avec cet argent. »

Much : « Ben c’est évident ! C’est pour les chevaliers noirs. »

Robin, pensif : « Oui, c’est possible… »

Much, fier : « Oh mais moi j’en suis sûr et certain ! »

Soudain, la porte s’ouvrit. Toute la bande se mit en position de défense. Mais ils se décontractèrent aussitôt lorsqu’ils reconnurent le nouveau venu ou plutôt la nouvelle venue.

Allan, fou de joie : « Annie ! »

Il se précipita vers elle et l’enlaça fougueusement avant de l’embrasser tendrement. Annie était heureuse de revoir son bien-aimé mais lorsqu’elle s’aperçut que tout le monde les dévisageait, elle se défit de lui.

Annie, tout bas, à Allan : «Pas devant tout le monde, enfin voyons ! »

Allan : « Ben pourquoi ? »

Annie : « Nous ne sommes pas encore mariés… Nous ne sommes même pas fiancés ! »

Allan fut un peu désorienté par son attitude. En effet, d’habitude, Annie était très démonstrative et reprochait souvent à Allan de ne pas l’être. Mais dans le cas présent, les rôles étaient inversés.

Allan : « Oh ben, si y-a-que ça ! »

Annie lui donna une claque sur le bras. Ce geste fit sourire tout le monde. Allan manquait visiblement de prévenance et de clairvoyance envers Annie. Il ne semblait pas se rendre compte qu’Annie envisageait le mariage comme une affaire sérieuse contrairement à Allan qui n’y voyait qu’une formalité se résumant à une réunion entre amis autour d’une bonne table.

Robin, souriant, s’adressant à Marianne : « Merci pour le repas, mon amour. »

Il l’embrassa tendrement.

Much : « Ben décidément, c’est une épidémie… Tout le monde s’embrasse ! »

Will regarda Djaq avec envie mais il n’osa pas s’approcher d’elle pour l’embrasser de peur qu’elle refuse pour les mêmes raisons qu’Annie avait donné à Allan. Tout en la regardant, il repensa à leur conversation dans la forêt quelques heures plus tôt. Soudain, Djaq le fixa du regard comme si elle avait capté ses pensées. Rouge de confusion, Will reporta rapidement son attention sur Robin. Djaq eu un petit sourire en coin. Heureusement pour Will, personne ne remarqua cet échange de regards.

Robin : « Nous devons retourner au campement… Merci encore pour ton hospitalité. »

Allan embrassa Annie pour lui dire au revoir. Déçue qu’il ne reste pas plus longtemps, elle accepta son baiser avec plaisir et tristesse à la fois. Prudemment, les hors-la-loi quittèrent le manoir de Knighton un à un et disparurent dans la forêt.


byoann  (12.01.2015 à 19:10)

CHAPITRE V

« EH BIEN... A JOUER UN VILAIN TOUR A GISBORNE, BIEN SUR ! »

endant ce temps, beaucoup plus au Nord…

Les chiens de la meute de Gisborne tournaient en rond.

Gisborne, furieux : « Cette fois, ça suffit… Les chiens ont perdu leur trace ! »

Le meneur : « Mais attendez, Monseigneur… Ils vont certainement la retrouver. »

Gisborne : « Nous perdons notre temps !... Cela fait une heure que tes chiens tournent en rond. »

Le meneur : « Mais je suis sûr qu’avec un peu de patience… »

Gisborne, l’interrompant : « DE LA PATIENCE… J’EN AI EU SUFFISAMENT JUSQU’A MAINTENANT POUR T’ECOUTER… TES STUPIDES CABOTS NOUS ONT CONDUITS NULLE PART. TU MERITERAIS QUE JE T’ENTERRE ICI AVEC TES CHIENS ! »

Gisborne reprit son souffle et essaya de se calmer.

Gisborne, faisant faire demi-tour à son cheval : « Nous repartons pour Nottingham… Robin et ses hommes n’ont certainement pas pu établir un campement aussi éloigné de la ville. Nous arrêtons les recherches ! »

Le meneur : « Mais le shérif a dit que… »

Gisborne, se retournant et l’interrompant : « Le shérif n’est pas là !... En son absence, c’est moi qui commande ! Tâche de ne pas l’oublier ! »

Le meneur : « Oui, Monseigneur ! »

Gisborne à ses hommes : « Allons-y ! »

Gisborne donna l’ordre à tous ses hommes de faire demi-tour et de repartir sur le champ en direction de Nottingham y compris à la voiture qui devait ramener la meute de chiens. Il regarda passer ses hommes devant lui deux par deux puis, tranquillement, les suivit en fermant la marche.

Le meneur, abasourdi : « Mais… Euh… Attendez… Et moi, Monseigneur ? »

Gisborne, sans se retourner : « On se retrouve à Nottingham… Je suis sûr qu’avec un peu de patience, toi et tes chiens, vous retrouverez votre chemin ! »

Ses chiens sautant autour de lui, le meneur regarda avec consternation Gisborne et ses hommes disparaître dans la forêt.

Quelques heures plus tard, dans la cour du château de Nottingham…

Gisborne, descendant de cheval, à ses hommes : « Allez vous restaurer mais soyez de retour dans deux heures. Nous repartirons à la chasse ! »

Un des soldats : « Mais nous n’avons plus de chiens, Monseigneur ! »

Gisborne, le regardant froidement : « Eh bien, trouves-en d’autres ! »

Le soldat, inquiet, regarda Gisborne s’éloigner mais une voix féminine se fit entendre.

La voix : « Guy ? »

Gisborne, se retournant et surpris : « Marianne ?... Mais que faites-vous ici ? »

Marianne, arrivant devant lui : « Je vous cherchais Guy. »

Gisborne, sourire aux lèvres : « Vous me cherchiez ? »

Marianne, se reprenant : « Euh… Oui… Enfin… Euh… Je voudrais m’entretenir avec le shérif ! »

Gisborne : « Le shérif ?... Et puis-je savoir ce qui motive cette requête ? »

Marianne, mécontente : « J’aimerais lui parler des actes commis ce matin à Knighton et dans bien d’autres villages. »

Gisborne : « Mais de quels actes parlez-vous ? »

Marianne, toujours mécontente : « Le prélèvement de ce nouvel impôt ! »

Gisborne, calme : « Mais c’est le travail du shérif de collecter les taxes. »

Marianne : « Mais pas avec une telle brutalité !... Ne me dites pas que vous étiez au courant, Guy ? »

Gisborne, baissant la tête : « Si… Je savais que le shérif devait collecter des taxes ce matin. »

Marianne : « Et vous approuvez ses agissements ? »

Gisborne : « Je n’ai pas à approuver ou désapprouver ses agissements Marianne et vous n’ont plus d’ailleurs ! »

Marianne : « Mais vous les désapprouvez Guy sinon vous l’auriez accompagné ce matin. N’ai-je pas raison ? »

Gisborne souffla puis : « J’étais à la chasse ce matin, Marianne. »

Marianne, qui connaissait la vérité : « Ah oui ?... A la chasse ?... Vous croyez que c’était bien le moment… »

Gisborne, l’interrompant : « C’était un ordre du shérif ! »

Marianne : « Un ordre ?... Quel curieux ordre que celui-ci pendant que des villageois se font maltraiter... »

Gisborne, soufflant de nouveau et l’interrompant : « Que voulez-vous Marianne ? »

Marianne : « Je désire une entrevue avec le shérif immédiatement. »

Gisborne, agacé : « Le shérif s’est absenté. »

Marianne : « Très bien… Dans ce cas, je vais l’attendre. »

Gisborne, essayant de garder son calme : « Il est parti dans le Sud du pays, Marianne. Il ne reviendra pas avant plusieurs semaines !... Alors suivez mon conseil : Rentrez chez vous ! »

Marianne, inquiète : « Mais il ne peut pas s’absenter si longtemps sinon Nottingham risque d’être rayée de la carte. »

Gisborne : « Le shérif a pris ses dispositions pour que cela n’arrive pas. Soyez rassurée. »

Marianne : « Bien… Dans ce cas, je repars à Knighton puisque je vous indispose. »

Gisborne, se radoucissant : « Pardonnez-moi Marianne mais je ne puis vous recevoir car je dois repartir immédiatement. Assurez-vous qu’il m’est très pénible de devoir vous éconduire de la sorte. »

Marianne, lui souriant : «… Je vous remercie, Guy. »

Marianne redescendit les quelques marches du perron du château et se dirigea vers son cheval qu’un écuyer tenait toujours par la bride. Une fois monté sur son destrier, Marianne sourit à Gisborne avant de faire demi-tour et de quitter l’enceinte du château sous le regard attristé de Gisborne.

Marianne, dans sa tête : « Je dois prévenir Robin ! »

Gisborne la regarda partir et se mit à rêver à la vie qu’il aurait avec elle lorsqu’il l’épousera. Mais une voix masculine le ramena durement à la réalité.

La voix : « Monseigneur ? »

Gisborne, se tournant vers son interlocuteur et agacé : « Quoi ? »

Il s’agissait d’un de ses hommes.

Le soldat, hésitant : « Vous êtes sûr de vouloir repartir à la chasse ?... »

Gisborne, le fixant froidement : « Quel mot n’as-tu pas compris dans l’ordre que tu as reçu tout à l’heure ? »

Le soldat, de plus en plus hésitant : « Ce que… Euh… Il va être très difficile de trouver des chiens… pour la traque… en si peu de temps, Monseigneur…. Peut-être… Euh… Peut-être serait-il préférable d’attendre le retour du meneur et de sa meute ? »

Gisborne : « Attendre ?... Attendre ?... Mais Robin risque de ne pas attendre lui !... D’après ce que Lady Marianne vient de me rapporter, le shérif a dû faire preuve de cruautés envers la populace ce qui devrait faire sortir le loup du bois… Tu saisis ? »

Le soldat acquiesça de la tête.

Gisborne : « Alors cesse de jacasser et trouve-moi une meute sur le champ ! »

Le soldat, apeuré : « Oui… Tout de suite, Monseigneur ! »

Il s’enfuit à toute jambe, sortant du château à la recherche d’une meute de chiens de chasse. Satisfait, Gisborne retourna au château pour se changer et se restaurer.

Pendant ce temps…

Marianne filait comme le vent sur son destrier en direction du campement des hors-la-loi. Ces derniers la reconnurent quand elle arriva à proximité du camp. Robin vint alors l’accueillir à son arrivée.

Robin, ravi, l’aidant à descendre de sa monture : « Eh bien dis-moi… Deux visites en si peu de temps, je suis un homme chanceux. »

Marianne lui sourit puis son air devint plus sérieux. Robin accompagna sa belle à l’intérieur du camp.

Marianne : « Ce n’est pas une visite de courtoisie, Robin. Je reviens à l’instant de Nottingham. Gisborne a l’attention de reprendre ses recherches. »

Toute la bande entoura les deux jeunes gens.

Will, sérieux : « Dans combien de temps ? »

Marianne : « Il vous reste environ une heure… Et ce n’est pas tout… Tu avais raison. Le shérif a demandé à Gisborne de vous traquer pour être plus libre de ses mouvements. »

Much : « Et comment vous le savez ?... C’est Gisborne qui vous l’a dit ? »

Marianne : « Pas en ces termes évidemment. Mais j’ai compris que c’est le shérif qui est derrière tout cela. Il manigance quelque chose, Robin, J’en suis certaine mais je ne sais pas quoi. J’ai demandé à lui parler mais il n’est plus à Nottingham. Il est parti pour le Sud et il ne reviendra pas avant plusieurs semaines. »

Djaq, inquiète : « Mais… et Nottingham ? »

Marianne : « Gisborne affirme qu’il a pris des dispositions. Nottingham ne risque rien. »

Robin ne prononça aucune parole mais enregistra toutes ses informations.

Much : « Maître ?... Que fait-on pour le shérif ? »

Djaq : « Et pour les villageois ? »

Robin : « Bon… En ce qui concerne le shérif, nous ne pouvons rien faire puisqu’il est loin. Donc, nous devons nous occuper en priorité des villageois. »

Allan : « Euh… C’est pas pour faire de l’humour mais il faudrait peut-être d’abord songer à se sauver soi-même avant de vouloir sauver les autres. »

Djaq, sûre d’elle : « Les chiens ne pourront pas venir jusqu’ici ! »

Marianne : « Ah oui ? Et pourquoi ? »

Much : « Djaq a répandu un répulsif tout autour du campement. Aucun animal ne peut venir nous embêter maintenant. »

Marianne : « Alors c’est pour cela que mon cheval a refusé d’avancer ! »

Will : « Ben au moins on sait que le répulsif fonctionne ! »

Djaq : « Parce que tu en doutais ? »

Will, confus : « Euh non… Non, bien sûr que non… Je faisais qu’une constatation, c’est tout ! »

Allan : « Mais ça ne résout pas le problème !... Nous sommes maintenant prisonniers dans notre propre campement. Comment allons-nous aider les villageois avec les chiens de Gisborne qui tournent autour du camp ?... Nous ne pouvons plus sortir d’ici ! »

Robin : « Il a raison !... Il faudrait envoyer les chiens sur une autre piste. »

Much : « Mais je n’ai plus de gibier, moi ! »

Tous se turent et réfléchirent à la situation.

Soudain, Allan : « J’ai peut-être une idée… Ces chiens… Ce sont des mâles ou des femelles ? »

Tous devinèrent son plan et sourirent devant l’ingéniosité de leur compagnon.

Djaq : « Je pense que ce sont des mâles… Ils doivent garder les femelles pour la reproduction. »

Much : « Oui, c’est logique. Les femelles doivent faire les petits pendant que les mâles vont à la chasse. C’est dans l’ordre naturel des choses. Et puis si on mélangeait les mâles et les femelles dans une meute ça risquerait de… »

Much s’interrompit devant les mines désapprobatrices de Djaq et de Marianne, qui levèrent les sourcils.

Djaq : « Et pourquoi je te prie ? »

Much, gêné : « Je parlais que pour les chiens évidemment…. Je ne sous-entendais pas que les femmes étaient moins faites pour la guerre que les hommes… »

Venant à son secours, Will : « Je pense que tu devrais te taire, Much ! »

Much : « Oui, tu as raison, je me tais... Merci, Will »

Will : « De rien. »

Robin à Allan : « Comment comptes-tu t’y prendre ? »

Allan : « Je dois me rendre chez notre ami Wayne. Il a tout ce qu’il faut. »

Robin : « D’accord, Will va t’accompagner. »

Allan fut extrêmement blessé par cette décision. Il fut évident que Robin n’avait pas assez confiance en lui pour le laisser aller seul à Nottingham. D’ailleurs depuis son retour dans la bande, Robin ne le laissait jamais seul pendant les opérations. Déçu, il se contenta d’acquiescer de la tête et suivit Will qui se dirigeait déjà vers la sortie.

Djaq, inquiète : « Surtout faites bien attention à Gisborne. »

Will, se montrant rassurant : « T’inquiète pas. Nous serons prudents. »

Robin à Will et Allan : « Les gars ?... Ne prenez pas de risques inutiles et soyez de retour avant la nuit ! »

Allan et Will : « Entendu ! »

Il tapota amicalement les épaules des deux jeunes hommes puis les laissa partir en direction de Nottingham sous le regard inquiet du reste de la bande.

Revenant vers Robin, Marianne : « Bon, je vais vous laisser. Je vais rentrer à Knighton. »

Robin : «Non pas tout de suite !... J’aimerais que tu restes pour nous donner un petit coup de main. »

Marianne, intriguée : « Ah oui ?... Mais pour faire quoi ? »

Robin, espiègle : « Eh bien… A jouer un vilain tour à Gisborne, bien sûr ! »

Pendant ce temps, sur la route de Nottingham…

Will : « Qu’y-a-t-il, Allan ?... Tu ne te sens pas bien ? »

Allan : « Ben si ! Pourquoi ? »

Will : « J’en sais rien… Tu n’as pas dit un mot depuis qu’on a quitté le campement… ça ne te ressemble pas. »

Allan : « Je ne suis pas comme Much, moi !... Je ne ressens pas le besoin de parler pour ne rien dire à tout bout de champs. »

Will : « Tu as l’air bizarre ? »

Allan, mécontent : « Je n’ai rien, je te dis ! »

Il s’arrêta, ferma les yeux et inspira un grand coup.

Allan : « Excuse-moi… Je suis désolé. »

Will : « Ça vas pas alors ? »

Allan, reprenant la route : « Oh c’est rien… C’est juste que… ça m’a un peu blessé que Robin t’ordonne de venir avec moi… Oh… Ce n’est pas contre toi, hein… Mais c’est que cela prouve qu’il n’a toujours pas confiance en moi… Je croyais… Je croyais que j’avais réussi à prouver… Enfin je sais pas. »

Will : « Mais il a confiance en toi. »

Allan le regarda de travers.

Will, se reprenant : « Oui enfin un peu… La preuve, il t’autorise à aller à Nottingham. »

Allan : « Oui mais avec un chaperon ! »

Will : « C’est déjà un début !... Et puis il suit ton idée, non ? »

Allan : « Oui mais… »

Will : « Mais quoi ? »

Allan : « C’est que… Euh… Je ne veux pas jouer les Much mais… Il ne m’a jamais demandé de partir en mission seul avec lui. Il demande toujours à l’un d’entre vous de venir avec nous… ça prouve bien qu’il ne me fait pas confiance. »

Will : « Sois patient, Allan… Je suis sûr qu’il le fera… Si ça se trouve, il ne le fait pas exprès… Et puis, l’occasion ne s’est peut-être jamais présentée ? »

Désirant stopper cette conversation embarrassante, Allan, peu convaincu : « Oui, peut-être. »

Les deux hommes arrivèrent à proximité de la grande route menant à Nottingham.

Will, mettant sa capuche sur sa tête : « Bon, il va falloir se faire très discret. On ne sait pas si Gisborne a déjà quitté le château ou pas. »

Allan, mettant la sienne : « Oui, tu as raison… Allons-y ! »

Les deux hommes se fondirent dans la foule qui pénétrait dans la cité puis ils se dirigèrent vers la maison de leur ami Wayne. Allan frappa à la porte. Un chien se mit à aboyer tandis qu’un homme plutôt grand et rondelet vint leur ouvrir.

Allan : « Wayne ! »

Wayne, ravi : « Allan ! Will !... Comment ça va ?... Venez, ne restez pas dehors ! »

Il fit entrer les deux hommes dans sa demeure. Voyant que son maître connaissait leurs invités, le chien cessa d’aboyer et vint sentir les nouveaux venus.

Allan, se penchant pour le caresser : « Bonjour, Mitzie ! »

Will, surpris : « Elle a l’air de bien te connaître ? »

« Les femmes n’ont jamais pu me résister… Justement Wayne… Je vais avoir besoin d’elle ! »

Wayne, intrigué : « De ma Mitzie ?... Pour quoi faire ? »

Allan, se relevant : « Pour jouer un sale tour à Gisborne. »

Wayne : « Ah ! Si c’est pour jouer un tour à ce scélérat, je veux en être ! »

Allan : « Mais ça pourrait être très dangereux… Si jamais Gisborne soupçonne que… »

Wayne, l’interrompant : « AH.AH.AH. Jamais je ne confierais ma Mitzie à un autre que moi… Même pas à Robin lui-même !... Donc si tu as besoin d’elle, tu me prends avec ! »

Allan, souriant : « Euh… D’accord comme tu veux. »

Wayne : « Alors que veux-tu que je fasse ? »

Allan, promptement : « Est-elle toujours en chaleur ? »

Wayne, surpris : « Euh… Oui, pourquoi ?... C’est important ? »

Will, souriant : « C’est même capital ! »

Allan expliqua alors à Wayne ce que l’on attendait de lui. En emmenant sa chienne avec lui, il devait conduire Gisborne le plus loin possible vers le Sud pendant que Robin et sa bande s’occuperaient, à leurs manières, des voyageurs de la route du Nord.


byoann  (19.01.2015 à 08:30)

Fier d’aider les hors-la-loi, Wayne, souriant à pleines dents : « Je vois… »

Allan : « Mais, encore une fois, ça peut être risqué. Si Gisborne soupçonne quelque chose, tu risques de te faire arrêter voire pire ! »

Wayne : « Eh bien qu’il essaye ce blanc bec ! »

Will : « Tu devrais partir devant avant que Gisborne ne quitte le château… A moins qu’il ne soit trop tard et qu’il soit déjà parti ? »

Wayne, sûr de lui : « Non, ils ne sont pas repartis. Je les aurais vus passer devant ma boutique. »

Allan : « Bon, très bien. Alors vas-y tout de suite et surtout… Fais bien attention à toi… Nous repasserons te voir pour nous s’assurer que tu es bien revenu. »

Wayne, tapotant l’épaule d’Allan : « Merci l’ami… J’apprécie ton geste. »

Ils sortirent à l’extérieur et se rendirent sur le côté de la maison où il garait son chariot à l’entrée de l’entrepôt qui lui servait de réserve pour son magasin. Wayne mit quelques paniers vides dans le chariot puis attrapa Mitzie et la posa délicatement à côté de lui sur le siège du conducteur. Il grimpa à son tour.

Wayne : « Allez en route ma belle… [A Allan et Will]… Ne restez pas ici si vous ne voulez pas vous faire attraper par Gisborne. »

Allant : « Entendu, Wayne… Bonne route. »

 Wayne fouetta son cheval et le chariot se mit en branle. Will le salua de la main.

Will : « Bon maintenant, il n’y a plus qu’à croiser les doigts pour que ça marche. »

Allan : « Oui…. Retournons au camp avant que Gisborne ne se pointe. »

Se dissimulant sous leur capuche, ils reprirent le chemin du campement. Cette précaution était d’autant plus sage que Gisborne se trouvait dans la cour du château prêt à repartir.

A quelques dizaines de mètres de Will et Allan…

Gisborne descendit les marches du perron en enfilant ses gants et se dirigea vers son cheval qui l’attendait au pied de l’escalier.

Gisborne, regardant devant lui : « Mais qu’est-ce que c’est que ça ? »

Le soldat : « Euh c’est… Euh… Ce sont les chiens que vous avez demandés, Monseigneur ? »

Gisborne : « Vous appelez ça une meute ? »

Le soldat : « Ben en fait c’est… Euh… C’est tout ce que j’ai pu trouver en ville en si peu de temps, Monseigneur. »

Au lieu d’une meute de vingt-cinq chiens de chasse pure race, Gisborne se retrouvait devant une dizaine de bâtards de tout poil jappant sans cesse. Il manifesta son mécontentement en levant les yeux au ciel.

Gisborne, montant à cheval : « Eh bien !... J’espère au moins qu’ils sont plus efficaces qu’ils en ont l’air ! »

Gisborne, talonnant sa monture : « Allons-y ! »

 Il devança ses hommes afin de ne pas être la risée de la population en chevauchant au côté de cette meute de chiens très disparates. En effet, la troupe fit sensation en traversant la ville. Sous les quolibets et les remarques moqueuses des passants, ils finirent par sortir de la ville et rejoignirent Gisborne à la lisière de la forêt puis ils entrèrent un à un dans le sous-bois.

Gisborne, faisant faire un demi-tour à son cheval : « Bon alors par où doit-on aller ? »

Le soldat, regardant les chiens : « Euh… »

Les chiens, tenus par leur maître respectif, partaient dans toutes les directions. Le pauvre soldat ne savait pas à quel saint se vouer. Gisborne leva les yeux au ciel en soufflant d’impatience.

Gisborne, impatient : « Bon alors, tu as une idée ? »

Le malheureux regarda les chiens qui continuaient de zigzaguer dans tous les sens excités par leurs maîtres. Mais la majorité d’entre eux semblaient chercher une piste en direction du Sud.

Le soldat, très hésitant : « Euh… Vers le Sud… Monseigneur ! »

Gisborne, d’une voix dangereusement calme : « Tu en es sûr ? »

Le soldat, inquiet : « Oui… Oui… J’en suis… sûr ! »

Sans dire un mot, Gisborne talonna son cheval dans la direction indiquée. Les maîtres menèrent alors leurs fins limiers vers le Sud. Gisborne suivit la meute qui, sans meneur, se déplacer très lentement. En effet, les chiens, les uns après les autres, s’arrêtaient à chaque arbre pour uriner marquant ainsi leur territoire. Gisborne était très sceptique quant à la réussite de cette opération. Les chiens partaient dans toutes les directions flairant probablement la trace de gibiers qui étaient passés par là quelques heures avant eux. Mais puisque c’était les ordres du shérif, il se devait de continuer. Près de deux heures plus tard, arrivant à un embranchement, les chiens furent tous pris de panique.

Gisborne, surpris : « Que se passe-t-i-il ? »

Le soldat : « Euh… Je pense qu’ils ont flairé quelque chose, Monseigneur. »

Gisborne, croyant qu’il s’agissait des hors-la-loi : « Ah oui ?... C’est par où ? »

Le soldat, indiquant la route allant au Sud : « Il semble qu’ils ne sont plus très loin de nous… Par-là, Monseigneur. »

Gisborne : « Ya ! »

Il talonna son cheval et fila au galop vers le Sud entraînant son escorte mais laissant les chiens derrière lui. Au bout de quelques minutes, voyant qu’il n’y avait toujours rien devant lui, il ralentit l’allure.

Gisborne, agacé : « Eh bien ? Où sont les hors-la-loi ? »

Le soldat, inquiet : « Euh… Je pense qu’ils sont un peu plus loin par-là, Monseigneur. »

Gisborne talonna son cheval et ils poursuivirent leur route au petit trot. Finalement, au détour du chemin, ils virent une charrette conduite par un villageois. Croyant que c’était l’un des hommes de Robin, déguisé en paysan, ils foncèrent tous sur lui. Mais arrivant à côté de lui, Gisborne vit tout de suite qu’ils se trompaient. Il s’agissait de Wayne, un commerçant de Nottingham.

Le soldat : « Hé toi !... Au nom du shérif de Nottingham, je t’ordonne de t’arrêter ! »

Wayne, grognon : « Hé là !... Que me voulez-vous ?... Si c’est pour me voler… »

Le soldat : « Non, l’ami… Qui es-tu et d’où viens-tu ? »

Wayne, mécontent : « Je m’appelle Wayne… Et je suis commerçant à Nottingham. »

Gisborne, agacé, à son soldat : « Alors tu peux m’expliquer ? »

Le soldat, inquiet : « Je ne comprends pas... Pourtant les chiens… [A Wayne]… Et où vas-tu comme ça ? »

Wayne : « Je vais à Birmingham pour me réapprovisionner !... ça vous pose un problème ? »

Gisborne ferma les yeux afin d’apaiser sa colère.

Le soldat : « Je ne comprends pas… D’après la réaction des chiens, on aurait dû trouver quelque chose ici… »

Au même instant, la meute arriva et se précipita sur le chariot. Gisborne comprit immédiatement ce qui avait attiré les chiens jusqu’ici.

Gisborne, regardant froidement son soldat : « La seule chose qu’on trouve ici, c’est ta bêtise ! »

Il talonna son cheval et reprit la route vers Nottingham. Le soldat regarda les chiens sautés autour du charriot et comprit son erreur.

Le soldat, regardant Mitzie : « Oh ! »

Wayne, hurlant : « ALLEZ… FOUTEZ LE CAMP, SALES CABOTS !... LAISSEZ MA MITZIE TRANQUILLE ! »

Il fouetta les chiens qui essayèrent de grimper sur le chariot.

Wayne, mécontent : « Bon, je peux m’en aller à présent ?... Parce que… J’ai bien d’autres choses à faire, moi, que de rester planter là à bavasser ! »

Le soldat : « Euh oui… Oui… Vas-y, tu peux y aller ! »

Wayne, rouspétant : « A quand même… Si c’est pas malheureux de voir ça… C’est toujours les honnêtes gens que l’on vient importuner… »

Il fouetta son cheval et reprit sa route laissant les soldats, hébétés et bredouilles, au milieu de la route. Ces derniers reprirent leur monture et galopèrent dans la direction que Gisborne avait prise quelques minutes plus tôt. Walter sourit en pensant au tour qu’il venait de leur jouer.

Walter, en pensée : « Au moins pendant ce temps-là, Robin et ses compagnons ne risquent rien… J’espère que je les ai retenus assez longtemps. »

Pendant que Gisborne cavalait vers le Sud, au campement des hors-la-loi…

Allan et Will rentraient justement de leur escapade à Nottingham.

Robin, inquiet : « Déjà ?... Vous avez eu des problèmes ? »

Will : « Non, aucun problème ! »

Allan, en souriant : « A cette heure-ci, Gisborne doit cavaler après la belle Mitzie ! »

Marianne, surprise : « Mitzie ? »

Robin, souriant : « Jalouse ? »

Djaq à Allan : « Euh… Mais Mitzie est la chienne de ton ami, n’est-ce pas ? »

Allan acquiesça de la tête. Robin eut un rire étouffé. Furieuse, Marianne lui donna un violent coup de poing dans le ventre.

Marianne : « De la part de Mitzie ! »

Will : « Wayne s’est proposé de faire tourner Gisborne en bourrique à notre place ! »

Much, rassuré : « Ah d’accord ! »

Djaq, redevenant sérieuse : « Bon maintenant, il est temps de s’occuper des villageois. »

Will : « Djaq a raison. Nous avons suffisamment perdu de temps. » 

Robin, reprenant son souffle : « Oui… Mais… D’abord nous devons dissuader Gisborne de revenir dans notre forêt. »

Much : « Et comment ? »

Robin, espiègle : « Eh bien… Marianne va nous dénoncer ! »

Marianne : « Quoi ? »

Robin : « Tu vas aller avec la bande sur la route du Nord. Dès que des voyageurs arriveront, tu te faufileras parmi eux et on te volera tout ce que tu as. Puis tu iras à Nottingham te plaindre à Gisborne de t’être fait dépouiller par les affreux bandits de Sherwood. »

Marianne : « Tu crois que Gisborne avalera une telle histoire ? »

Robin : « Gisborne est amoureux, non ?... Il avalera tout ce que tu lui diras ! »

Marianne : « Mais je n’ai pas un sou sur moi. Que vas-tu me voler ? »

Robin, espiègle et souriant : « Je pourrais commencer par te voler un baiser. »

Il s’approcha d’elle en douceur mais Marianne n’était pas d’humeur car elle lui en voulait toujours pour sa plaisanterie au sujet de Mitzie.

Marianne, le regardant avec défi : « Tu n’as aucune chance !... N’en as-tu pas eu encore assez ? »

Elle ferma le poing et se prépara à le frapper à nouveau. D’un geste rapide, Robin agrippa son poing et fit passer son bras derrière elle et vint se blottir dans son dos emprisonnant le bras de Marianne entre eux deux. Souriant, Robin pressa Marianne contre lui et déposa un baiser dans son cou.

Robin, dans son oreille : « J’adore quand tu me résistes ! »

Prisonnière des bras de Robin, Marianne feignit d’être en colère.

Marianne, ne pouvant s’empêcher de sourire : « Je repose ma question. Que vas-tu me voler ? »

Robin, libérant Marianne et redevenant sérieux : « Nous allons te donner quelques pièces que nous te reprendrons pour nourrir les pauvres. »

Will : « Mais si tu voles Marianne, Gisborne risque d’être furieux et de vouloir continuer à nous pourchasser dans la forêt, non ? »

Robin : « Pas si je lui laisse un petit cadeau à Nottingham pendant son absence. »

Much : « Mais maître... Vous n’allez pas y aller tout seul quand même ? »

Robin : « Much, je ne risque pas grand-chose puisque Gisborne est à nos trousses au Sud de Sherwood ! »

Much, insistant : « Et s’il rentrait plus tôt que prévu ! »

Robin : « Eh bien… Je devrai me montrer encore plus prudent ! »

Much : « Je viens avec vous pour assurer vos arrières ! »

Robin : « Non, Much. C’est inutile. Je me déplacerai plus discrètement et plus rapidement si j’y vais seul. »

Much, vexé : « Bah… Dites tout de suite que je suis un boulet ! »

Robin, soupirant : « Je n’ai pas dit ça, Much… A deux, nous nous ferions davantage remarqués qu’à un seul !... Et puis les autres vont avoir besoin de toi. Avec Petit Jean qui est absent, nous avons un homme en moins alors ce n’est pas le moment de nous diviser davantage. Tu comprends ? »

Much, résigné : « Oui, je comprends. »

Robin : « Bien. Dans ce cas, nous pouvons partir… Je n’en ai pas pour très longtemps. J’essayerai de vous rejoindre sur la route du Nord. Si ce n’est pas le cas, on se retrouve ici. »

Djaq : « Si tu n’es pas revenu en fin d’après-midi, nous irons te chercher. »

Robin : « T’inquiète pas. Je serais revenu à temps pour faire la livraison avec vous ce soir. »

Ils se mirent alors en route. Arrivé au carrefour du pendu, Robin obliqua vers l’Est en direction de Nottingham tandis que le reste de la bande poursuivit son chemin vers le Nord.

En fin d’après-midi, dans la cour du château de Nottingham…

Gisborne arriva accompagné de son escorte.

Gisborne, descendant de cheval : « Dessellez les chevaux et rompez les rangs. Vous avez quartier libre... Excepté toi… [Désignant le soldat qui avait mené la seconde traque]… Tu seras de garde à la grille d’entrée du château toute la nuit. »

Le soldat ne répliqua pas et, baissant la tête, il fila aux écuries pour desseller son cheval. Gisborne le regarda s’éloigner en arborant un sourire en coin.

Une voix féminine, derrière lui : « Guy ? »

Gisborne, se retournant et surpris : « Marianne ? Mais que faites-vous ici à cette heure ?... Et qui sont ces gens ? »

Marianne était à la tête d’un petit groupe de personnes qui s’avançait vers lui.

Marianne, arrivant près de Gisborne : « Ce sont des voyageurs… Nous étions sur la route du Nord quand la bande à Robin nous a volé tout ce que nous avions. »

Gisborne, doutant que Robin s’en prenne à Marianne : « Robin des bois ? »

Un des voyageurs : « C’est la vérité, Monseigneur ! Cette bande de scélérats nous a pris jusqu’à notre dernier sou. »

Gisborne : « Marianne ?... Est-ce que Locksley était présent ? »

Marianne : « Non. Il n’était pas parmi eux mais ils portaient tous l’insigne de Robin des bois autour du cou. »

Gisborne voulut répliquer mais il fut interrompu par l’arrivée d’un serviteur affolé.

Le serviteur : « Monseigneur, venez vite ! »

Gisborne, agacé : « Quoi ? Qu’y-a-t-il encore ? »

Le serviteur : « Venez voir, Monseigneur… Dans la chambre du shérif. »

Gisborne grimpa quatre à quatre les marches de l’escalier menant au château. Il pénétra en courant dans le vestibule suivi de Marianne. Puis il fila vers les appartements du shérif dont les portes étaient grandes ouvertes. Lorsqu’ils arrivèrent sur le pas de la porte, ils remarquèrent immédiatement la flèche plantée au-dessus du lit du shérif. Un mot y était accroché. Gisborne se précipita, arracha le papier et le lut.

Gisborne, en colère mais tout bas : « Locksley ! »

Marianne : « Que dites-vous ? »

Gisborne, hurlant : « GARDE ! »

Deux gardes accoururent aussitôt.

Gisborne : « Vérifiez qu’on ait rien pris dans la salle des coffres puis fouillez tout le château. Vérifiez qu’il nous manque rien ! »

Les gardes partirent sur le champ.

Marianne : « Vous ne croyiez tout de même pas que Robin soit encore ici ? »

Gisborne : « Bien sûr que non. Ce couard a profité que je le traquais dans la forêt pour s’introduire ici. »

Gisborne inspecta la chambre à la recherche d’un indice mais il ne trouva rien.

Gisborne, dans sa tête : « Comment a-t-il fait pour s’introduire ici ? »

Marianne : « Cela veut-il dire que vous arrêtez les recherches dans la forêt ? »

Gisborne : « Je n’ai pas le choix. Je ne peux pas laisser le château sans protection… Et puis de toute façon, il m’entraîne constamment sur de fausses pistes… Il doit régulièrement déplacer son campement. Le rechercher serait une pure perte de temps. »

Marianne, hypocrite : « Vous avez probablement raison. »

« Je vais vous faire raccompagner. »  

 

 

 

 

 

Marianne : « Non. Non. C’est inutile. Je ne crois pas que la bande à Robin… »

Gisborne, la coupant : « Permettez-moi d’insister, Marianne… Je vais même vous raccompagner personnellement. »

Marianne : « Oh mais je m’en voudrais de vous détourner de vos obligations. »

Gisborne : « La première d’entre elles est de veiller à la sécurité des nobles dames. »

  Marianne, coincée : « Oh… Eh bien… Dans ce cas, je ne peux que vous remercier de cette délicate attention. »

Les deux gardes que Gisborne avait envoyés à la salle des coffres revinrent.

Un des gardes : « Monseigneur… Rien n’a été dérobé dans la salle des coffres. »

Gisborne : « Bon, au moins c’est déjà ça ! »

Car Gisborne craignait la colère du shérif si celui-ci, revenu de son voyage au Sud du pays, avait découvert sa salle des coffres vidée de son contenu. Gisborne invita Marianne à redescendre dans la cour du château.

Arrivant dans la cour, Gisborne, criant : « Que l’on apporte nos chevaux ! »

Quelques instants plus tard, deux écuyers arrivèrent tenant chacun un cheval. Gisborne aida Marianne à monter puis il grimpa sur le sien. Les deux cavaliers quittèrent la cour du château de Nottingham et prirent la direction de Knighton.

Marianne, dans sa tête : « J’espère que Robin ne se trouve pas à Knighton. »

Mais Marianne s’inquiétait pour rien. En effet, se doutant que Gisborne ferait raccompagner Marianne une fois que celle-ci l’aurait mis au courant du vol, Robin avait retrouvé, sur la route, ses compagnons revenant au campement et avait décidé de faire la première livraison à Knighton pour ensuite s’occuper de Locksley. Si bien que, lorsque Gisborne raccompagna Marianne chez elle, la bande se trouvait déjà en sécurité dans le village natal de Robin. Une fois que l’argent fut entièrement distribué, ils revinrent au campement, fiers d’avoir aidés les villageois et heureux d’avoir dupés Gisborne. Durant les jours qui suivirent, ils visitèrent les autres villages afin de dédommager les pauvres habitants spoliés par le shérif.


byoann  (22.01.2015 à 08:15)

CHAPITRE VI

« TOUT S'EST BIEN PASSE CETTE NUIT ? »

uatre jours plus tard, dans la chambre du jeune Comte de Kent…

Un homme dans la cinquantaine vint réveiller le nouveau maître des lieux. Il dégagea les tapisseries qui obstruaient les fenêtres pour la nuit.

Le serviteur : « Monseigneur ?… Il est l’heure de se réveiller… Monseigneur ? »

James, grognant puis se retournant dans son lit pour fuir la lumière du matin : « Grrr… Ozias ! »

Ozias : « Je suis désolé, Monseigneur. Mais il est l’heure de vous lever ! »

James, la tête toujours sous l’oreiller : « Grrr…. Ne m’appelez pas comme ça !... Vous pourriez être mon grand-père ! »

Ozias, souriant : « Je regrette Monsieur le Comte mais c’est l’usage ! »

James, en colère, sortit la tête de dessous de l’oreiller et s’assit brusquement sur le lit.

James : « Grrr… Décidément, vous êtes incorrigible ! »

Ozias, toujours souriant : « En l’absence de votre frère, c’est à vous que revient le titre de votre père. Vous devriez l’assumer et en être fier. »

James, se défaisant de la couverture : « Mais vous m’avez vu naître ! »

Ozias : « Oui et j’ai le bonheur de vous servir personnellement depuis vos sept ans, Monseigneur. »

James le regarda avec tendresse pendant qu’Ozias remplissait sa cuvette d’eau pour qu’il puisse faire sa toilette. James s’avança près de la cuvette et enleva son vêtement de nuit. Il s’aspergea le visage puis se passa un linge humide sur le torse, les épaules et dans le dos pendant qu’Ozias attendait près de lui une serviette propre sur le bras. Ozias le regarda comme un grand-père regarde son petit-fils. Tendrement, il lui passa la serviette afin qu’il puisse s’essuyer. Il se rendit compte alors que James n’était plus le fragile enfant qu’il avait connu. Il était devenu un jeune homme fort et solide. Son cœur se serra à la pensée que bientôt il n’aurait plus besoin de lui, car il aimait toujours s’occuper de ce jeune homme qui demandait encore à être entouré. James s’essuya le dos, le torse et les épaules puis il finit par son visage. Le nez toujours dans la serviette, James aperçut la mine triste d’Ozias.

Inquiet, James : « Qu’y-a-t-il, Ozias ?... Cela ne va pas ? »

Il jeta la serviette sur la commode et s’avança vers son serviteur. Ozias se ressaisit aussitôt et adopta un sourire de façade.

Ozias, embarrassé : « Oh non tout va bien… Monsieur le Comte… Tout va bien… Je vous assure que tout va bien. »

Mais pour James, il y avait un « tout va bien » de trop. Ozias essaya de dissiper son malaise en nettoyant le dessus de la commode que le jeune homme avait éclaboussé en faisant sa toilette. Mais James le força à s’arrêter et le prit dans ses bras. Il le serra très fort contre lui puis, lentement, il se défit de lui. Le vieil homme fut extrêmement touché par ce geste. N’ayant jamais eu d’enfant, il considérait James un peu comme son propre fils. Quand à ce dernier, bien que n’étant pas fâché avec son père, Ozias le remplaçait souvent dans son cœur surtout depuis que le Comte-père était parti en Terre Sainte. Les deux hommes ne parlèrent pas. Ozias, les yeux humides, évitait le plus possible le regard du jeune homme tandis que James le regardait en souriant avec bienveillance.

Ozias, voulant échapper à ce moment délicat, reprit son sourire de façade et bougonnant : « Bon… Bon, il faut que… Bon, il faut que je nettoie tout ça, moi… Vous avez vu la pagaille que vous m’avez mise ? »

Ne voulant pas embarrasser davantage le vieil homme, James, entra dans son jeu : « Ben je suis désolé mais… Ce n’est pas ma faute… C’est votre commode, elle est trop petite pour moi. Et puis il n’y a pas assez de place… pour y mettre toutes mes affaires ! »

Ozias, ironique : « Ah ? Mais de quelles affaires vous voulez parler ? »

James : « Ben euh… Mes affaires pour… pour me raser par exemple ! »

Ozias, ironique : « Oh ! »

James, feignant d’être vexé : « Ben quoi ?... Je crois qu’il serait temps que je me rase. Je suis un homme à présent et je crois qu’il est temps que je me rase comme les autres ! Andrew se rasait déjà à mon âge, non ? »

Ozias : « Oh mais c’est que votre frère avait quelque chose à raser, lui ! »

Ozias passa la main sur les joues imberbes du jeune homme.

Ozias : « Vous. Vous n’avez encore rien, même pas un léger duvet ! »

James, vexé : « Oh mais si j’ai de la barbe… Regardez ! »

Il releva la tête et pointa du doigt sa gorge. Ozias l’examina et vit un seul poil qui commençait à poindre.

James, triomphant : « Ah ! Vous voyez ! »

Ozias, souriant : « Vous avez raison, Monseigneur. Je vais vous raser immédiatement avant que vous vous vêtissiez. »

James bomba le torse de fierté mais Ozias, au lieu d’aller chercher le nécessaire à barbe, arracha le poil de dessous sa gorge d’un geste brusque.

Ozias, se dirigeant vers le lit : « Voilà, c’est fait !... Monsieur le Comte est rasé !... Tenez, voici les vêtements que j’ai sorti pour vous. Vous conviennent-ils ? »

James, vexé, bougonna : « Mmm… Oui… ça me convient ! »

Ozias : « Parfait… Veuillez vous approcher afin que je vous habille, Monsieur le Comte. »

Puis Ozias l’aida à s’habiller en lui tendant son pantalon. La petite comédie qu’ils avaient jouée avait détendu l’atmosphère. Même s’il arrivait qu’il soit en colère contre lui, James appréciait énormément la compagnie d’Ozias et il appréhendait le jour où ce dernier ne serait plus à ses côtés. Mais en attendant, il jouissait de la mine réjouie du vieil homme. Il avait réussi à lui faire retrouver le sourire et cela lui réchauffa le cœur. Et il en avait bien besoin. Car le départ de son grand frère avait laissé un vide dans son cœur. De plus, depuis le départ d’Andrew, la situation dans le Comté de Kent s’était détériorée et James se trouvait bien désemparé. Mais il lui tenait à cœur de tenir au mieux son rang et de montrer à ses gens qu’il était là pour les protéger.

Ozias : « Levez les bras, Monsieur le Comte, afin que je vous mette votre chemise. »

James, tout sourire, leva les bras et le vieil homme enfila la chemise sur le jeune homme. Pendant qu’Ozias veillait à ce que le vêtement tombe bien droit, James lui posa nonchalamment une question.

James : « Tout s’est bien passé cette nuit ? »

Incapable de mentir à son petit protégé, Ozias, regardant la chemise de son maître, perdit immédiatement son sourire. James comprit aussitôt qu’il y avait encore eu des troubles la nuit passée.

James : « Regardez-moi, Ozias… Répondez à ma question !... S’il vous plaît ! »

Ozias, évitant le regard de son maître : « Je suis désolé, Monseigneur. Je ne le puis… »

James, d’une voix ferme : « Ozias ! »

Le vieil homme s’arrêta et baissa la tête sans répondre.

James, se radoucissant : « Je suis désolé... Mais… Dites-moi ce qui s’est passé ? »

Ozias : « Je vous l’ai déjà dit, maître ! Je ne le puis ! »

James, impatient : « Mais je suis votre maître ! »

Ozias, regardant le sol : « Je le sais, maître ! Mais j’ai reçu des… »

Il s’arrêta net en se rendant compte qu’il en avait trop dit.

James, mécontent : « Quoi ?... Des ordres ?... Mais de qui ? »

Ozias ne répondit pas.

James, en colère : « DE QUI AVEZ-VOUS RECU DES ORDRES, OZIAS ? »

Une voix masculine, derrière lui : « De moi ! » 

James se retourna et, surpris : « Simeon ? »

 James essaya de contenir sa colère pendant que son capitaine des gardes s’avançait vers lui. Le soldat bomba le torse en arrivant devant le jeune homme. D’une stature plus fluette, James se sentit écraser par cet homme qu’il n’appréciait guère. Simeon Blackson était un homme dans la quarantaine à l’allure athlétique et à la barbe et aux cheveux noirs. Il était arrivé quelques temps avant que le Comte-Père ne parte pour la Terre Sainte. Il remplaçait le précédent capitaine des gardes mort dans son lit de sa belle mort. Pendant le temps que le père de James fut présent au château, il n’y avait rien eu à lui reprocher. Mais lorsque celui-ci partit en Terre Sainte, Simeon avait eu tendance à se prendre pour le seigneur du château. D’ailleurs, Andrew avait dû plusieurs fois le remettre fermement à sa place en le menaçant de le congédier. Devant l’imposante stature d’Andrew, Simeon s’était soumis sans répliquer au nouveau maître des lieux. Mais il en allait autrement avec James. Celui-ci n’étant pas encore majeur, le soldat aguerri refusait d’obéir à un enfant et il lui faisait bien sentir.

Le nouveau capitaine des gardes était un homme très ambitieux qui désirait plus que tout quitter le métier des armes pour devenir un châtelain riche et puissant. Il comptait pour cela sur la belle Jane Kent. En effet, il poursuivait inlassablement la fille du Comte afin de l’épouser et acquérir des terres que son père n’hésiterait pas à donner en dote à sa fille. Mais Jane n’éprouvait que du dégout pour cet homme et elle ne manquait pas de lui faire savoir. Mais cela ne semblait pas décourager le prétendant. Simeon ne voulait que se marier avec Jane. Il n’avait nul besoin que celle-ci ne l’aimât pour cela. Il était prêt même à la prendre de force si c’était nécessaire. Mais pour l’instant, il se contentait de lui faire la cour pour essayer de l’amadouer. Alors, il obtempéra quand Andrew l’avait sérieusement sermonné sur son comportement car il ne voulait pas être renvoyé. Mais là, devant ce freluquet à peine pubère, il ne pouvait plus se contenir. Sa fierté reprit le dessus et il prit de haut le jeune homme.

Se déplaçant dans la chambre en fouinant partout, Simeon, narquois : « Que Monsieur le Comte veuille bien m’excuser mais je n’ai pas jugé utile de vous réveiller cette nuit pour vous prévenir car cela aurait risqué de heurter votre sensibilité et de vous empêcher de vous rendormir. »

Tout en se contenant, James fulmina de rage. Simeon venait de dire à demi-mots que James était trop faible pour faire face à la situation.

James, en colère : « J’exige d’être prévenu lorsque des troubles se déroulent sur mes terres ! »

Simeon, le regardant : « Sur les terres de votre père, vous voulez dire ? »

James : « C’est moi le Comte de Kent en l’absence de mon père ! Et je vous somme de ne pas l’oublier ! »

Simeon n’écouta que d’une oreille distraite la réponse du jeune homme. Il s’approcha de la fenêtre donnant sur la cour principale et vit arrivé un carrosse. A la vue de l’homme qui en descendit, Simeon eut un petit sourire en coin.

Regardant toujours par la fenêtre, Simeon, narquois : « Très bien ! Comme Monsieur le Comte le voudra… »

Puis il reporta son attention sur James, se courba à peine devant lui et s’apprêta à quitter la pièce lorsqu’il se retourna de nouveau.

Simeon : « Même si je dois vous réveiller en pleine nuit, Monsieur le Comte ?... N’oubliez pas que votre santé… »

James, l’interrompant : « MA SANTE EST EXCELLENT MONSIEUR LE CAPITAINE DES GARDES ! VEUILLEZ PLUTOT VOUS OCCUPEZ DES BANDES DE BRIGANDS QUI RAVAGENT LA CAMPAGNE DE KENT CAR JE CONSTATE QUE VOUS N’ETES GUERE EFFICACE ! »

Piqué au vif, Simeon perdit de sa superbe. Il encaissa la remarque de James sans broncher puis, avec un petit sourire narquois, il quitta la pièce. Il avait finalement atteint son but, il lui avait fait perdre son sang-froid. James s’en rendit compte et même si, sur le moment, il s’est senti soulagé, une fois Simeon parti, il se reprocha amèrement de s’être emporté de la sorte. Il n’avait pas respecté les consignes de son frère et il avait montré ses faiblesses à son adversaire. Une fois seul avec Ozias, James revint vers son lit et s’affaissa.

James, assis, replié sur lui-même : « Oh je sais ce que vous allez me dire… Je n’aurais pas dû perdre mon sang froid… Mais il me fait passer pour un… un… un moins que rien… Je vais lui montrer moi un jour de quel bois je me chauffe… Vous verrez ! »

Ozias s’assit à côté de lui et le laissa évacuer sa colère. Il n’aurait servi à rien de critiquer la réaction du jeune homme et de le blâmer davantage puisque celui-ci s’était déjà rendu compte de son erreur.

Ozias, dans sa tête, en regardant avec tendresse son jeune maître : « ça ne doit pas être facile d’avoir tant de responsabilités à son âge ! »

James tempêta encore quelques minutes contre Simeon puis las, il s’arrêta en se laissant tomber sur le lit.

Pour le réconforter, Ozias, sur un ton provocant : « Vous avez eu raison de le moucher cet avorton ! »

Le qualificatif d’avorton n’allant pas du tout à Simeon, James se mit à rire. Ainsi apaisé, Ozias put continuer la toilette de son maître. Quand ce dernier lui apporta ses bottes, sa sœur entra dans la chambre.

Mécontent, James, se relevant vivement : « Hé !... Mais tu pourrais t’annoncer avant d’entrer dans mes appartements ! »

Sa sœur, ne s’étant pas aperçu que son petit frère n’était plus un enfant : « Pourquoi ? »

James : « Je pourrais être nu ? »

Jane : « Mais tu es habillé là ? »

James : « Mais si ça n’avait pas été le cas, hein ? »

Ozias sourit devant la dispute fraternelle. James voulait faire comprendre à sa sœur qu’étant donné qu’il était un homme maintenant, il avait besoin de plus d’intimité. Mais Jane ne semblait pas voir qu’il avait grandi et elle le considérait encore comme son fragile petit frère qui ne voulait pas dormir seul dans sa chambre. Elle devait même, à l’époque, venir sans cesse dans ses appartements pour le rassurer.

Jane : « Et alors ? »

James, vexé et furieux que sa sœur ne comprenne pas la situation, sentit la colère monter en lui et ses joues devinrent rouge de colère. Ozias, sentant venir l’orage, s’interposa entre le frère et la sœur.

Ozias : « Lady Jane a-t-elle besoin de quelque chose ? »

N’ayant pas vu le serviteur en entrant, Jane, surprise mais souriante : « Euh… Non merci, Ozias. »

Puis elle se tourna vers son frère : « Tu es au courant pour les émeutes de cette nuit ? »

James oublia de suite les raisons de sa colère et regarda avec angoisse sa sœur.

James : « Non. Simeon a interdit qu’on me le dise. »

Ozias tendit à James une de ses bottes. Ce dernier la prit machinalement et, tout en la mettant à son pied, il continua sa conversation avec sa sœur.

James : « Tu sais quelque chose ? »

Jane, inquiète : « Oui par l’intermédiaire de ma dame de compagnie, Elisabeth… Il y a encore eu des émeutes à Tonbridge, Aylesford et Sevenoaks. »

Désemparé, James ferma les yeux. Quand il l’ouvrit, il posa son regard sur sa sœur qui affichait un visage contrarié. »

James : « Quoi ?... C’est pas tout ? »

James enfila sa deuxième botte.

Jane : « Non. Elisabeth m’a dit que des émeutes ont eu lieu aussi ici… A Maidstone, dans les quartiers de la ville basse. »

James, soufflant : « Cela s’étend, on dirait ! »

James se releva et s’approcha de sa sœur.

James : « Mais qu’est ce que je peux faire ? »

Jane, prenant les mains de son frère et compatissante : « Je ne sais pas. »

James : « Si seulement Andrew n’était pas parti, il aurait su quoi faire, lui. »

Jane : « Mais je suis certaine qu’ensemble on va trouver une solution, petit frère ! »

James : « Je pourrais peut-être me rendre sur les lieux afin d’aider les villageois et comprendre ce qui s’est passé ? »

Une voix masculine, derrière eux : « Hum !... Ce n’est pas une bonne idée, voyez-vous ! »

James, surpris, lâcha les mains de sa sœur et se tourna vers leur visiteur.

James, mécontent : « Mais Simeon ? Que signifie tout ceci ? »

Simeon : « Oh !... Je vous présente le shérif Vaizey de Nottingham… [Au shérif]… Monseigneur, je vous présente James Kent, le dernier fils de Monsieur le Comte de Kent et sa sœur, la ravissante Jane. »

James n’apprécia pas du tout la présentation quelque peu cavalière que fit son capitaine des gardes.

James, en colère : « Je suis le Comte de Kent et ma sœur est... »

Le shérif, l’interrompant : « Oui. Oui. Oui… On ne va pas s’attarder sur ces futilités, voulez-vous ? »

James et Jane furent outrés du comportement désinvolte du shérif. Celui-ci arpenta la chambre comme s’il était chez lui.

Le shérif, admirant la pièce : « Bien… J’ai le moyen de vous aider à vous sortir de cette mauvaise passe… Enfin… Si vous le souhaitez, bien entendu. »

James et Jane se regardèrent, ne sachant quoi répondre.


byoann  (26.01.2015 à 08:20)

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