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Face à son passé

Créateur : byoann 
Date de création : 17.11.2012 à 16h49

Message du créateur :
Il s’agit d’un épisode pouvant se situer dans une saison 3 différente de celle que nous connaissons. En effet, Allan est bien revenu dans la bande. Mais Marianne n’est pas morte.

Cet épisode compte 27 paragraphes

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Chapitre I : « Je suis de la bande à Robin des bois… »

Au crépuscule au village de Locksley…                       

Un homme, fatigué, s’apprêta à rentrer chez lui après une bonne journée passée au travail des champs lorsqu’un homme à cheval arriva au galop. Le cavalier était habillé en hors-la-loi et avait le visage dissimulé sous une capuche.

Le paysan inquiet : « Je vous en prie Messire… Nous n’avons rien de valeur et… »

L’homme à la capuche le coupa : « Mais je ne veux rien ! Tiens ! »

Il lui lança une bourse pleine d’argent. Le paysan, surpris, regarda son contenu puis leva sur le cavalier un regard reconnaissant. Il remarqua alors un insigne en bois pendu au cou du cavalier ce qui sembla le rassurer.

L’homme à la capuche : « Cela t’aideras à payer ce que tu dois au shérif, n’est-ce pas ? »

Le paysan : « Oh oui Messire ! Merci ! Merci beaucoup ! Que Dieux vous bénisse !... Messire… ? »

L’homme à la capuche fit faire demi-tour à son cheval puis en s’éloignant : « Mon nom t’importe peu. Mais je suis de la bande à Robin des bois ! » 

Le paysan regarda le cavalier s’éloigner. Celui-ci  s’arrêta devant chaque maison.

Il donnait une des bourses qui pendaient à sa ceinture à chacun des occupants.

 Puis il galopa vers la forêt et disparut dans la nuit.

*****

Au même moment au village de Rochdale, le shérif, accompagné de Gisborne, discutait avec un homme grassouillet dans sa maison…

L’homme grassouillet était de dos et face à lui se trouvait le shérif et derrière celui-ci Guy de Gisborne les bras croisés.

Le shérif : « Ecoutez-moi bien… Walter. Nous avions un accord, exact ? »

Walter : « Exact mais… »

Le shérif : « Il n’y a pas de « mais », Walter ! Vous devez continuer la fabrication jusqu’à ce que je vous dise d’arrêter et en échange vous êtes… »

Il regarda Walter de la tête aux pieds puis continua : « …grassement payés. Exact ? »

Walter : « Exact ! »

Le shérif : « Alors, est-ce que je vous ai dit d’arrêter ? Réponse … NON ! ALORS VOUS CONTINUEZ LES LIVRAISONS. ET NE M’OBLIGEZ PAS A REVENIR DANS CETTE PORCHERIE ENCORE UNE FOIS ! Car cela pour être très douloureux… pour vous compris ? »

Gisborne, derrière le shérif, arbora un sourire sadique.

Walter : « Compris ! Mais shérif ! C’est qu’ici… On commence à parler dans le village… Je suis pauvre… »

Gisborne désapprouva : « Pff ! »

Walter ignorant la réaction de Gisborne : « … Et les gens commencent à se demander… pourquoi j’expédie autant de charrettes de foin à Nottingham… et à qui… Monseigneur. »

Le shérif énervé : « Cela ne les regarde pas. N’ont-ils rien d’autres à faire cette bande de fainéants ? »

Walter : « Certainement Monseigneur mais euh… Il serait plus prudent… de suspendre les livraisons quelques temps… »

Le shérif : « SUSPENDRE ? Il n’en est pas question ! J’ai besoin de Ces livraisons MAINTENANT ! »

Le shérif se calma et réfléchit quelques instants puis : « Walter, voilà ce que tu vas faire. Tu vas faire une dernière livraison. Puis tu viendras à Nottingham avec tout ton matériel. Tu continueras la production au château. MAIS ATTENTION WALTER ! Sois prudent car il faudra que tu traverses la forêt de Sherwood… »

Il se tourna alors vers Guy et reprit sèchement : « … Et elle n’est pas sûre. Mes soldats n’arrivent pas à sécuriser les lieux en nous débarrassant de la vermine qui s’y trouve. »

Gisborne encaissa difficilement la remontrance du shérif.

Le Shérif se radoucit et s’approcha de Walter : « Alors, mon cher Walter ! Veuillez à ce que… le matériel soit bien caché et… »

Il regarda à nouveau Walter de la tête aux pieds et continua : «… Tâchez de vous rendre invisible… Enfin si c’est possible. »

Gisborne, voulant montrer que lui et ses hommes contrôlaient la forêt : « Je peux, peut-être, aller à sa rencontre dans la forêt et l’escorter jusqu’à… »

Le shérif désagréable le coupa : « Non ! Surtout pas !... Inutile d’attirer l’attention sur lui, Gisborne ! Pourquoi est-ce qu’un bataillon de soldats incompétents assurerait la protection d’un simple paysan, hein ?»

Gisborne encaissa une nouvelle fois la remarque cinglante du shérif sans répliquer.

Walter : « Euh…  Monseigneur ? Puis-je emmener quelques employés avec moi ? »

Le shérif se tourna vers Walter : « Pourquoi faire ? »

Walter : « Euh c’est que… Euh… Le travail que vous m’avez confié… »

Le shérif le coupa : « Et grassement payé ! ».

Il regarda autour de lui en cherchant les indices de cette richesse. Mais il ne vit rien d’autre qu’une maison sale, puante et délabrée.

Walter ignorant la remarque : « … nécessite beaucoup de travail et euh… J’ai besoin moi aussi de… d’un certain confort personnel… Vous comprenez ?»

Le shérif, dédaigneux, ne désirant pas rester plus longtemps dans ce taudis, se tourna vers la porte : « Soit ! Mais pas plus de deux. Inutile d’attirer l’attention durant votre voyage jusqu’à Nottingham… Bon, nous devons partir, Gisborne.  Nous avons une longue route à faire et, demain, nous devons être frais et dispos pour la collecte des impôts à… Clun si je ne me trompe. N’est-ce pas, Gisborne ? »

« Oui Monseigneur. »

Le shérif et Gisborne sortirent de la maison et repartirent pour Nottingham.

                   


byoann  (17.11.2012 à 18:24)

Chapitre II : « Que Dieu bénisse Robin et ses compagnons. »

Le lendemain matin, au manoir de Knighton…

Marianne finit de se préparer quand sa jeune servante entra, joyeuse, dans sa chambre avec un bouquet de fleurs.

Marianne légèrement moqueuse : « Oh Gladys… Tu m’as l’air bien joyeuse ce matin. Est-ce le printemps ou bien le beau Dan qui te fait cet effet-là ? »

Gladys, embarrassée, mit les fleurs dans un vase : « Oh, Non ! Pas du tout ! Lady Marianne… Je euh… Ce n’est pas… du tout ce que vous croyiez… En fait, c’est mon père. »

Marianne surprise : « Ton père ? Qu’a-t-il ? »

Gladys posa le vase sur la commode et s’approcha de Marianne.

Gladys, en baissant le ton : « Et bien hier soir, mon père a rencontré un mystérieux cavalier qui lui a remis une bourse pleine d’argent. Il a dit qu’il était de la bande à Robin des bois… Ce n’est pas merveilleux ! »
Marianne étonnée et songeuse : « Un cavalier ? »

Elle fut d’autant plus étonnée que d’habitude Robin et sa bande utilisaient rarement des chevaux pour leurs livraisons et, de plus, rarement à la tombée de la nuit.

Gladys : « Et cela tombe bien car le shérif doit venir aujourd’hui pour la collecte des taxes. »

Gladys plus triste : « Et mon père n’avait plus un sou devant lui, il n’aurait pas pu payer. Et le shérif l’aurait fait arrêter. »

Marianne revenant à la servante : « Euh… Oui c’est sûr qu’il l’aurait fait arrêter. »

Gladys ravie : « Oui, mais cela n’arrivera pas. Grâce à Robin. Que Dieu bénisse Robin et ses compagnons. J’aimerais tant qu’il sache à quel point nous lui sommes reconnaissants pour les bienfaits qu’il nous apporte. »

Marianne : « Oh je suis certaine qu’il le sait déjà… ou qu’il le sera ! »

Marianne avait en tête d’aller le retrouver pour le remercier en personne. Elle était ravie d’avoir trouvé une excuse pour aller le retrouver.

Marianne : « Euh… Gladys… J’ai besoin de me rendre à Nottingham pour euh… pour faire quelques provisions… »

Gladys : « Oh je viens avec vous ! »

Marianne : « Euh non ! Non, ce n’est pas la peine ! Je n’en ai pas pour très longtemps. Reste ici ! Je ne voudrais pas te retarder dans ton travail. »

Gladys fit la moue, déçue : « Bien, Lady Marianne ! »

Marianne se rendit aux écuries, sella son cheval et se dirigea au galop vers le camp des hors-la-loi.


byoann  (17.11.2012 à 18:44)

Chapitre III : « Tu paries pour un chariot ou pour un homme seul ? » 

Pendant ce temps, au camp de Robin, tout le monde s’affaira à ses occupations habituelles.

Quand, soudain, l’alarme retentit...

Robin : « Allons voir ! »

Chacun commença à se préparer sauf Much qui attaquait à peine son repas.

Much rouspéta : « Oh ! On ne peut jamais manger tranquille… ! »

Robin : « Fallait te réveiller plus tôt Much, tu aurais eu tout le temps qu’il faut ! »

Much : « Pff ! J’avais besoin de dormir moi et puis… J’ai besoin aussi de me nourrir convenablement. Sinon comment bien faire notre travail avec l’estomac dans les talons ? »

Petit Jean passant près de lui : « Tu as toujours faim Much ! »

Much, vexé, maugréant quelque peu, enveloppa la nourriture qu’il lui restait et la glissa dans sa besace. Puis il rejoignit les autres qui l’attendaient. Robin ne put s’empêcher de rire.

Robin s’adressant à Much : « Tu es prêt ? »

Toute la bande amusée se tourna vers Much.

Much toujours vexé : « Non ! Pas tout à fait ! »

Il repartit en direction du foyer et s’empara de toute la viande qu’il put trouver. Il la mit rageusement dans sa besace puis se tourna fièrement vers les autres : « Voilà ! Là, je suis prêt ! »

Allan : « Euh Much ?... Tu sais... Nous allons seulement sur la route du nord pas en Terre Sainte. »

Much toujours vexé : « Ah, Ah. Très amusant Allan ! »

Tout le monde se mit à rire.

Robin : « Bon, on peut y aller ? Ils ne vont pas nous attendre éternellement ! »

Much rejoignit la bande en courant. Le groupe, enfin prêt, se mit en marche et prit la direction de la route du nord.

Allan s’adressant à Will : « Tu paries pour un chariot ou pour un homme seul ? »

Will : « Hum… Un chariot ! »

Allan : « Moi, je parie pour un homme seul. Qui me suit ?... Hein ?... Djaq, tu penses quoi toi ? »

Djaq, n’approuvant pas : « Tu devrais te méfier, Allan, que ce ne soit pas toi qu’on mette dans le piège ! »

Les autres, approuvant Djaq, se regardèrent et sourirent discrètement.

Allan : « Oh allez quoi ! C’était pour rire. Je ne parlais pas d’un vrai pari mais plutôt d’un petit jeu entre nous. »

Djaq, plus ferme : « Ce n’est pas un jeu, Allan ! Les gens qu’on arrête ne rigolent pas eux ! »

Allan : « Mais… On ne leur fait pas de mal. »

Djaq : « Oui tu as raison. Mais eux, ils ne le savent pas quand on les arrête. Est-ce que tu penses à ce qu’ils peuvent ressentir à ce moment-là ? »

Allan toujours désinvolte : « Oh mais tout le monde sait qu’ici c’est notre forêt… C’est vrai... Ils n’ont qu’à passer ailleurs… ou être pauvres comme nous. »

Djaq, outré, ouvrit la bouche pour répliquer mais Robin intervint aussitôt.

Robin : « Allan, Djaq. Ça suffit vous deux. On arrive bientôt sur les lieux. Alors taisez-vous ! »

Djaq se renfrogna en fustigeant Allan du regard. Celui-ci se laissa distancer par Djaq et les autres pour arriver à la hauteur de Will qui fermait la marche.

Allan, chuchotant : « Alors Will ? Tu paries toujours pour un chariot ? »

Will regarda si Robin les observait et répondit sur le même ton : « Oui ! »

Allan : « D’accord, pari tenu ! »

Le groupe arriva à proximité du piège. Il s’agissait bien d’un attelage composé de deux chevaux et de trois personnes.

Allan déçu : « Oh ! Mais comment t’as fait pour deviner ? »

Will lui souriant, énigmatique : « C’est l’instinct ! »

Allan, vexé : « Non allez Will. Dis-moi ! Ça fait au moins trois fois de suite que tu as vu juste ! T’as un truc c’est obligé ! »

Pendant ce temps, le reste du groupe étudia l’attelage et les environs afin de repérer une éventuelle escorte.

Allan se rapprochant de Will : « Alors ? »

Will scrutant l’attelage : « Oh Allan… Plus tard. Tu ne vois pas qu’on est occupé ? »

  Allan, boudant, reporta son attention sur l’attelage et, se faisant,
  croisa le regard réprobateur de Robin. Allan fit profil bas et scruta lui-aussi l’attelage.

Robin à voix basse : « Much ? La voie est libre de ton côté ? »

Il s’était posté à l’arrière du convoi afin de s’assurer qu’aucun renfort n’arriverait en embuscade. Petit Jean faisait de même à l’avant du convoi.

Much sur le même ton : « C’est bon maître. Y’a personne. »

  Robin se tourna vers Petit Jean et l’interrogea du regard. 

Petit Jean leva son bâton en signe d’acquiescement. Robin se focalisa alors sur l’attelage.

Il était composé d’un homme d’un âge certain au ventre bien rebondi, probablement le chef, d’un jeune homme et d’un jeune garçon. Leurs vêtements semblaient indiquer qu’ils étaient extrêmement démunis. Les deux plus jeunes étaient collés l’un contre l’autre et ne semblaient pas très rassurés. Ils étaient habillés de haillons. Leurs visages et leurs cheveux étaient sales. Leurs chemises étaient ternies et trouées à divers endroits tout comme leurs pantalons. Visiblement, ils marchaient à pied à côté du chariot. Le plus grand semblait protecteur envers le plus jeune. Le chef, par contre, était beaucoup plus soigné. Il ne portait pas de beaux habits mais des vêtements simples mais plus « propres ». Ceux-ci n’étaient que légèrement troués et ternis. Quant à son visage et ses cheveux, ils étaient bien propres. Lui, en revanche conduisait le convoi depuis le chariot. Cette répartition des tâches frappa immédiatement Robin d’autant plus qu’il y avait suffisamment de place sur le chariot pour trois personnes.

Le chef s’énervait contre les chevaux qui ne pouvaient plus avancer en raison de la roue arrière droite prise dans le piège.

Il aboya contre les deux jeunes gens : « Ne restez pas plantés là, espèces d’idiots ! Allez voir à l’arrière ce qui se passe. »

Les deux jeunes gens, apeurés, coururent à l’arrière sans répliquer. Le chariot transportait des paniers qui semblaient contenir des fruits, des légumes, de la vaisselle et quelques tissus.

Djaq : « Ce sont de pauvres gens, Robin. Ils n’ont pas l’air d’avoir des objets de valeur ! On devrait plutôt les aider à sortir de là, tu ne crois pas ? »

Robin scruta toujours la scène en silence. Quelque chose n’allait pas mais il n’arrivait pas à savoir ce que c’était. Pendant ce temps, les deux jeunes gens essayaient de pousser le chariot à la force des bras pendant que leur chef hurlait sur les chevaux. Mais rien ni fit ! Le chariot n’avança pas d’un pouce.

Le chef se tourna en hurlant vers ses compagnons : « Mais, qu’est-ce qui m’as fichu des bons à rien pareil ! »

Il descendit et se dirigea précipitamment à l’arrière du convoi en hurlant : « Mais, vous n’avez rien dans les bras ma parole. Je vais vous faire travailler tout ça moi ! Vous allez voir ça, bande de fainéants ! ».

Il chercha à récupérer quelque chose dans le chariot. Le plus âgé des deux garçons attrapa rapidement le plus jeune et le mit derrière lui et attendit apeuré la suite des évènements.

Djaq inquiète : « Robin, il va les battre ! Il faut faire quelque chose ! »

Robin, sentant lui aussi que la situation allait dégénérer, décida qu’il était temps d’intervenir. Il vérifia une dernière fois que tout était bon du côté de Much et de Petit Jean. En ramenant son regard sur son groupe, il vit Allan comme pétrifié sur place.

Robin, inquiet : « Allan ? »

  Allan, les yeux fixés sur le convoi, ne répondit pas.
  Robin, insistant : « Allan, qu’est-ce qu’il y a ? » 

Allan ne répondant toujours pas, Will et Djaq se retournèrent vers lui.

Will le bousculant avec son coude : « Qu’est-ce qui t’arrives ? »

Le coup de coude de Will fit sortir Allan de sa torpeur.

Allan, hésitant, un peu perdu : « Hein ?... Quoi ?... Qu’est-ce qu’il y a ?... »

Robin le coupant : « T’es prêt ? »

Allan reprenant son aplomb : « Ouais bien sûr que je suis prêt !... Je me concentrais c’est tout ! »

Will et Djaq s’esclaffèrent puis reportèrent leur attention sur le convoi.

Will : « C’est ça ! »

Will reconnaissait bien là l’attitude habituelle d’Allan. Mais Robin n’était pas dupe. Il le scruta encore quelques secondes. Allan croisa son regard et essaya de dissimuler son trouble. Une fois que Robin se détourna de lui, il se sentit défaillir. Au moment où le chef du convoi trouva ce qu’il cherchait, Robin ordonna l’attaque.


byoann  (17.11.2012 à 19:36)

Chapitre IV : « As-tu besoin d’aide pour te sortir de là ? »  

Much prit le convoi par l’arrière. Petit Jean le fit par le devant et calma les chevaux. Tandis que Robin, l’arc prêt à servir, menaça le chef tandis que Will et Djaq gardaient à distance les deux jeunes gens.

Robin, fixant l’homme de tête, dit d’une voix ferme : « Lâchez ça ! »

Allan, quant à lui, n’avait pas pu suivre ses compagnons. Ses jambes ne lui répondaient plus. Il s’était caché derrière un arbre. Il tremblait de tous ses membres. Le souffle court. Il ne pouvait plus bouger.

L’homme, surpris par l’arrivée de ces hommes menaçants, resta figé le bras en l’air. Puis penaud, il obtempéra lâchant le bâton qu’il avait récupéré dans le chariot. Les deux jeunes gens furent encore plus effrayés quand ils virent deux hommes fondre sur eux. L’aîné pressa le plus jeune contre le chariot et se mit devant lui.

Le chef du convoi, avec une voix que Robin ne lui connaissait pas, s’adressa respectueusement à lui : « Oh pitié Messire ! Nous ne sommes que d’humbles paysans. Nous n’avons pas d’argent. »

Pendant que la discussion entre Robin et le chef du convoi s’engageait, Allan réussit à se ressaisir peu à peu et alla prêter main-forte à Petit Jean pour calmer les chevaux. L’arrivée tardive d’Allan et, qui plus est, loin de son groupe ne passa pas inaperçu auprès de Robin qui l’avait suivi du coin de l’œil tout en écoutant les flatteries mielleuses de l’homme de tête. Much, quant à lui, arrivait pour épauler Will et Djaq. Une fois, les chevaux calmés, Petit Jean alla rejoindre Robin à l’arrière du convoi. Allan, hésitant, suivit Petit Jean lentement d’un pas mal aisé. Il fixait avec anxiété le dos de l’homme qui parlait à Robin. Petit Jean arriva tout près du chef du convoi l’intimidant de toute sa hauteur. Le chef sursauta et sembla de plus en plus nerveux. Robin remarqua l’attitude anormale d’Allan.

N’écoutant plus les flatteries en tout genre du chef, il s’adressa à Allan : « Mais d’où est-ce que tu viens ? »

A ses mots, le chef se retourna vers la personne à qui ils étaient destinés. Allan croisa son regard et resta figé. Le chef regarda Allan mais comme celui-ci ne répondait pas, il se retourna vers Robin pensant que celui-ci allait répliquer.

Libéré du regard du chef, Allan regarda à son tour Robin et confus : « Euh… J’ai… J’ai aidé Petit Jean à calmer les chevaux. »

Petit Jean fut surpris par cet échange car il croyait que Robin avait envoyé Allan pour l’aider. Mais la question de Robin prouvait le contraire.

Profitant de la réponse d’Allan pour flatter davantage la bande de hors-la-loi afin de se tirer de ce mauvais pas le plus rapidement possible, le chef répliqua : « Oh Merci infiniment Monseigneur [Ni Robin ni Allan n’avaient l’air de nobles. Il souhaitait visiblement flatter leur ego]. Ces chevaux sont les seuls trésors qu’un honnête homme comme moi possède. S’il leur était arrivé quelque chose, mes fils et moi [Il pointa du doigt les deux jeunes gens effrayés près de Will] n’aurions pas pu nous rendre au marché de Nottingham afin de vendre les fruits de notre dur labeur. »

Le chef, baissant humblement la tête : « Comme vous pouvez le voir, nous sommes pauvres Messeigneurs.  Je vais vendre le peu de bien que nous avons afin de faire vivre ce qui reste de ma famille. [De nouveau, il pointa du doigt les deux jeunes gens]. Alors ayez pitié ne nous prenez pas nos chevaux s’il vous plaît. » Et s’adressant à Robin : « Laissez-nous poursuivre notre chemin, noble seigneur. »

Robin, amusé par les maladroites et trop évidentes flatteries : « Et sais-tu qui nous sommes… humble voyageur ? »

Le chef, hésitant sur l’attitude à adopter : « Oh oui bien sûr Messire…  Vous êtes Robin des bois, le défenseur des pauvres gens… comme moi. Et je sais que… Vous ne volez qu’aux riches afin de donner aux pauvres... Que Dieu vous bénisse Robin… Vous et vos hommes, naturellement. »

Robin se croisa les bras et se postant devant lui : « Alors puisque tu sais qui nous sommes, tu peux nous dire ton nom et aussi… Pourquoi nous appelles-tu nobles seigneurs ? »

Le chef, alarmé, essaya de se contenir puis souriant à Robin : « Euh Oui bien  sûr… Je m’appelle Walter Fisher monseigneur… »

A ses mots, Allan blêmit et se tint discrètement au chariot afin de ne pas montrer son trouble au reste de la bande.

Le chef poursuivant : « Et euh… Ben c’est que je sais que vous êtes un noble. Vous êtes Robin de Locksley à qui le shérif a volé ses terres afin de les donner à ce… Guy de Gisborne. Enfin tout le monde sait ça !»

Robin voulant confondre son interlocuteur : « Hum… D’accord… Et pour mes hommes ? »

Il pointa Allan du doigt.
Robin : « Vous l’avez appelé Monseigneur, vous le connaissez ? »

Allan, choqué par la question de Robin, sursauta quand Walter, tout souriant, se retourna vers lui et plaça sa main sur son torse. Le regard inquiet d’Allan, d’abord sur Robin, revint précipitamment sur l’homme qui posait la main sur lui. Il l’enleva violement.

Walter, trop occupé à vouloir attendrir Robin, ne prêta pas attention à la violente réaction d’Allan contrairement à Robin et à ses compagnons. Allan s’aperçut que le groupe avait remarqué son geste. Il tenta alors de dissimuler son malaise en scrutant la forêt comme s’il guettait pour prévenir d’un éventuel danger. Mais personne ne fut dupe.

Pendant ce temps, le chef essaya tant bien que mal de se justifier : « Oh non Monseigneur… »

A ces mots, Allan tressaillit légèrement.

Le chef : « … Mais j’ai tout de suite compris que votre compagnon avait la noblesse du cœur car il a protégé mes biens les plus précieux sans aucune arrière-pensée… »

Devant tant de flatteries maladroites et surtout inappropriées, toute la bande, y comprit Robin, ne put s’empêcher de rire. Les dernières paroles du chef collaient assez mal à la personnalité d’Allan, qui les avait jadis trahis pour de l’argent. Robin fut étonné qu’Allan n’ait aucune réaction face aux sourires moqueurs de la bande. Lui, qui habituellement, réagissait immédiatement dès qu’on lui reprochait, ou même qu’on évoquait, cette période de sa vie. A croire qu’il ne voyait rien et n’entendait rien. Il continuait d’épier la forêt aux alentours. Pour ce faire, il croisa pourtant le regard de toute la bande mais rien ! Il resta silencieux.

Robin, revenant à son interlocuteur, toujours amusé : « Habituellement, nous prenons un dixième de la valeur de ce que les voyageurs transportent ! »

Il commença à fouiller le chariot avec son arc.

Walter, nerveux, essaya de l’empêcher de fouiller davantage : « Oh… Euh… Monseigneur, je vous prie de croire qu’il n’y a rien de grande valeur dans ce chariot... Ce ne sont que des fruits et des légumes que nous cultivons, mes fils et moi. »

Robin souleva une toile sous laquelle se trouvaient des malles. Il se tourna alors vers Walter.

Celui-ci répondit aussitôt, faussement gêné : « Euh… Il s’agit de notre linge... Monseigneur. »

Robin : « Dis-moi, tu as beaucoup… de linge pour un simple paysan! »

Walter : « Oh c’est que… Il n’y a pas que le nôtre, il y a aussi celui… de nos voisins qui… qui nous ont demandé de le leurs vendre au marché. »

Robin : « Hum… Tu es un homme bien généreux pour quelqu’un qui est sans le sous ? »

Walter, jouant la modestie : « Il faut bien s’entraider de nos jours, Monseigneur. Les temps sont si durs. Si je peux apporter ma modeste contribution pour soulager mon prochain...»

Robin porta son regard sur les deux jeunes gens apeurés, baissant la tête près de Will et de Much. Il aperçut le bras en écharpe du plus jeune.

Robin : « Tes fils ont l’air souffrant ! »

Walter, ravi de voir que Robin se désintéressé du chariot, adopta une posture d’homme accablé par le malheur : « Oh oui Monseigneur. Nous n’avons pas mangé à notre faim depuis deux jours entiers. »

Pourtant, il avait l’air de bien se porter. Son ventre dépassait de son pantalon. Devant ces mensonges évidents, la bande commençait à perdre patience. Mais Robin garda son calme.

Robin regarda avec insistance le ventre du chef et lui sourit : « Vraiment ? »

Walter, misérable, baissa la tête : « Oh oui Monseigneur ! »

Robin regardant le jeune garçon : « On dirait que ton plus jeune fils a le bras cassé… Quel âge a-t-il ?»

Le chef s’empressant : « Oh oui Monseigneur. Adrien est tombé du toit où il travaillait avec son grand frère pour le charpentier de notre village. Il a glissé et s’il cassait le bras. C’est malheureux pour ce pauvre enfant. Et le charpentier a refusé de lui payer sa journée… Vous vous rendez compte ! »

Robin d’une voix ferme : « Quel âge a-t-il ? »

Le chef : « Euh… Il vient juste d’avoir huit ans… Monseigneur. »

A ces mots, Adrien releva vivement la tête pour protester mais son frère plaqua sa main sur sa tête afin qu’il la garde baissée. Il était clair que le père avait menti. Le geste de l’aîné n’échappa pas à Djaq, Will et Much et cela ne fit qu’augmenter le malaise qu’ils ressentaient en regardant cet homme.

De son côté, Allan ne scrutait plus les alentours. Dès que Robin s’était intéressé aux deux fils de Walter, son regard avait changé. Il était chargé de colère. Il fixait le père sans sourciller. Si ses yeux avaient pu tirer des flèches, le corps du père des deux garçons en serait criblé. Il mentait avec un tel aplomb que le sang d’Allan bouillait dans ses veines. Il espérait de tout son cœur que Robin ne croirait pas un mot de ces mensonges.

Robin, regardant la roue arrière coincée dans le piège : « As-tu besoin d’aide pour te sortir de là ? »

Le père : « Oh oui Monseigneur… Mes fils et moi avons essayé mais nous n’y sommes pas parvenus. Nous acceptons avec plaisir votre aide Messire. »

Robin : « Dis-moi… Puisque nous sommes assez nombreux et que tes fils sont souffrants, je te propose que mes hommes et moi allons t’aider à sortir de là, avec ton aide, bien sûr, pendant que tes fils se reposeront et mangeront un morceau. Qu’en dis-tu ? »

A ces mots, Adrien releva vivement la tête à l’idée de manger quelque chose mais son frère répéta immédiatement le geste de tout à l’heure afin de ne pas provoquer leur père.

Le père, regardant ses fils : « Oh… C’est généreux de votre part Monseigneur mais… Mes fils ont besoin de se fortifier afin de devenir de bons travailleurs… Ils vont venir vous aider Messire. »

Devant une telle bassesse, la bande eut un haut le cœur. L’aîné poussa gentiment son frère devant lui afin d’aider à déblayer la roue. Les deux jeunes gens viennent se placer à côté de leur père, la tête basse. Djaq sentit son cœur se serrer. Much ne put s’empêcher de taire un juron à voix basse et supplia Robin du regard.

Allan était sûr : C’était bien lui. Il n’avait plus aucun doute. Il reconnaissait sa fourberie, sa bassesse et son ton hypocrite. Il devait intervenir. Il ne pouvait pas laisser une occasion pareille lui filer entre les doigts. Mais comment agir ? Pour le moment, Robin était en pleine discussion avec lui. Il ne pouvait pas les interrompre sans offenser Robin. Lui seul, en tant que chef de la bande, pouvait le faire puisqu’il menait la discussion avec Walter. Il espérait de tout son cœur que Robin donne l’ordre de s’emparer de Walter. D’ailleurs, Robin commençait à s’agacer des esquives mesquines du chef du convoi.

Robin fermement : « Mais Walter… Ton fils Adrien n’a que huit ans et il a un bras cassé ! »

Le père se reprenant : « Oh oui… Euh… Vous avez raison Monseigneur… Pardonnez-moi ! Les émotions du voyage ont altérées mon jugement… Veuillez m’excuser. »

Walter, s’adressant au plus jeune : « Va attendre sur le côté, toi ! »

Robin : « Much, tu as bien de quoi satisfaire la faim des fils de ce brave homme ? »

A ces mots, le sang d’Allan se remit à bouillir dans ses veines. Mais que faisait Robin ? Pensait-il. Ne voyait-il pas que Walter maltraitait ces enfants ? Petit Jean, voyant Allan commencé à s’agiter, posa une main ferme sur son bras.

Petit Jean chuchotant à Allan : « Reste calme ! Fais confiance à Robin ! »

Allan se décrispa légèrement mais resta attentif. L’ainé sourit à son frère et le poussa gentiment vers la forêt où se trouvait Much et sa besace. Adrien regarda avec appréhension son père.

Le père, avec une fausse bienveillance : « Allez va, mon petit. »

Adrien s’approcha de l’étranger avec crainte.

Much, gentiment : « N’aie pas peur... Nous ne te ferons pas de mal… Tiens. Ça c’est pour toi… »

Il tendit une cuisse de poulet à Adrien qui l’attrapa rapidement et la dévora comme si sa vie en dépendait. Toute la bande en eut le cœur serré. Le frère d’Adrien s’humecta discrètement les lèvres et sans se rendre compte, se frotta légèrement le ventre afin de faire taire son estomac qui criait famine. Il regarda avec envie son petit frère mais resta près de son père. Il baissa la tête et attendit ses ordres. Son père regarda également son fils mais plutôt avec colère et jalousie. Lui aussi n’avait pas mangé à sa faim mais il estimait que c’était à lui, le chef de famille, de manger en premier et non à ce fainéant.

  Robin scruta la réaction des deux hommes. 

Celle du père ne l’étonnait pas. Il s’approcha de l’aîné.

Robin, d’une voix douce : « Tu t’appelles comment ? »

Son père, mielleux s’empressa de répondre : « Richard, Monseigneur. »

Robin : « Richard !... Richard Cœur de lion ?... Comme notre roi ? »

Richard releva légèrement la tête et sourit à Robin. Mais s’apercevant que son père allait répondre, il baissa aussitôt la tête.

Son père, croyant faire de l’humour : « Oh Monseigneur, il n’a pas la force d’un lion vous savez…. Voyez vous-même… »

Il rit puis continua : « …Mais je vais le dresser… Afin de l’endurcir et d’en faire un homme, un homme digne de se battre au côté de notre bon roi Richard en Terre Sainte. »

Exaspéré par les interventions incessantes du père et par ses dernières paroles, Robin haussa le ton : « Walter ! Je m’adressais à ton fils ! »

Robin, plus calme, revenant vers Richard : « Tu as quel âge ? »

Richard pencha la tête du côté de son père. Le père, impatient, le poussa violement à répondre à Robin.

Le père : « Et bien réponds à Messire Robin !... A cet âge, ils sont plutôt timides Monseigneur. »

Richard leva la tête vers Robin : « Quatorze ans Monseigneur » puis la baissa de nouveau.

Robin observa le jeune homme. Il doutait qu’il en ait quatorze : Il était plutôt grand, d’une corpulence, certes chétive, mais plus proche de celle d’un homme jeune que celle d’un enfant.

 

Robin s’adressant gentiment à Richard : « Tu as besoin de reprendre des forces. Va rejoindre ton frère. »

Richard regarda son père qui, quoique stoïque, bouillonnait de colère. Devant l’inaction de son père et l’insistance de Robin, Richard obéit et courut rejoindre son frère. Much lui tendit une aile de poulet qu’il dévora à l’instar de son frère.

Allan exultait de joie. Il comprit que Robin cherchait à éloigner les garçons de leur père afin de pouvoir s’occuper de lui plus librement.


byoann  (17.11.2012 à 21:08)

Chapitre V : « Non, non, on va les ramener au camp… » 

Robin regarda Richard s’éloigner puis se tourna vers Walter : « Mon cher Walter… »

Il mit son bras sur ses épaules et lui dit : « …Ton chariot m’a l’air trop lourd pour ce sol humide. C’est pour ça que la roue arrière s’est enfoncée comme ça dans le sol. Tu vois ? Tu devrais commencer par décharger tes affaires afin que nous puissions le dégager rapidement. »

Walter, ne voyant pas cela d’un très bon œil, essaya de l’en dissuader : « Oh Messire… Il n’y a là que quelques effets personnels très légers… Et euh cela… Ne me semble pas nécessaire. Je pense qu’avec vos compagnons les plus robustes, vous aurez dégagé le chariot en un rien de temps. »

Robin remarqua que Walter n’avait pas l’attention de participer au remorquage de son propre chariot.

« Ah… Parce que tu n’as pas l’attention de nous aider, Walter ? »

Walter : « Euh c’est que… Voyez-vous Monseigneur… Mon dos me fait terriblement souffrir ces temps-ci. Je ne demanderais pas mieux que de vous aider mais mon dos… Vous comprenez ? »

Robin : « Mais ton fils a bien le bras cassé, Walter. Et tu lui as pourtant ordonné de pousser ton chariot tout à l’heure, non ?... »

Robin approcha son visage de celui de Walter et lui dit tout bas mais fermement : « Tu vas montrer à tes fils quel homme brave tu es ! Un exemple pour eux ! N’est-ce pas ce qu’un bon père ferait ?... N’est-ce pas ? »

 Walter ne pouvant plus se défiler : « Oh certainement Monseigneur… Vous avez raison… Je… »

Ne voulant pas entendre davantage de lamentables excuses, Robin se redressa et reprit son ton habituel.

Il s’adressa de nouveau à Walter : « Commence par décharger tes affaires, je ne voudrais pas que ton mal de dos ne s’aggrave en poussant un chariot trop lourd. »

Robin se retourna et se dirigea vers le groupe de Much. Il dit, en souriant et à haute voix, à Walter qui se trouvait derrière lui : « Allez ! Commence à décharger, mes hommes et moi te rejoindrons plus tard. Nous devons d’abord discuter de la façon dont on va pouvoir te sortir de là ! »

Petit Jean suivit Robin en souriant car il savait qu’en fait ils allaient discuter sur ce qu’ils allaient faire de lui pendant que le pauvre homme déchargerait ses affaires tout seul. Allan ne suivit pas immédiatement Robin et Petit Jean. Il s’attarda quelques instants en fixant cet homme avec dégout ; pensant que Walter le reconnaîtrait. Depuis sa rencontre avec les hors-la-loi, Walter affichait un sourire forcé et, quand Robin s’éloigna, il garda ce sourire pour Allan. Voyant que Walter ne le reconnaissait pas, Allan rattrapa Robin aux pas de course.

Quand Robin et Petit Jean rejoignirent le reste de la troupe, Richard eut une réaction de crainte et chercha son père du regard.

Robin, le rassura aussitôt : « Ne t’inquiète pas… Nous allons t’aider ton frère et toi. »

Richard, légèrement rassuré par le ton adouci de Robin, finit par reprendre son repas avec voracité. Djaq s’approcha de Robin.

Djaq : « Robin, j’aimerais examiner son bras au campement. [Elle pointa du doigt le bras d’Adrien]. Ils sont affamés et déshydratés. Ils seraient mieux au camp pour les soigner et leur donner correctement à manger. »

Much intervenant : « Ils ont mangé tout ce que j’avais ! Et ils ont encore faim ! Dois-je aller en chercher d’autres, maître ? »

Robin : « Non, non, on va les ramener au camp… »

Allan qui avait suivi la conversation semblait très inquiet. Il coupa brutalement la parole à Robin.

« Non ! » 

Surpris, tous les regards, y compris ceux de Richard et d’Adrien, se posèrent sur lui.

  Allan, confus, essaya de se rattraper : « Euh… Ce n’est pas dangereux de ramener des inconnus au camp ?... Enfin je veux dire… On ne les connaît pas ces gens… C’est vrai… Ils pourraient très bien être à la solde du shérif pour nous piéger non ?... C’est déjà arrivé n’est-ce pas ? » 

En entendant ces paroles, Richard et Adrien s’arrêtèrent de manger et baissèrent la tête.

Much ravi de pouvoir moucher Allan : « Tu en sais quelque chose toi ! »

  Allan tourna rapidement la tête vers Much mais encaissa la remarque sans répliquer. Il baissa momentanément la tête puis de nouveau regarda Robin. 

Robin, ne comprenant pas du tout son attitude, se tourna complètement face à Allan : « Much, ça suffit ! »

Much n’appréciant pas la réprimande : « Ben quoi c’est vrai non ? »

Robin, fixant toujours Allan, soupira d’agacement.

Will intervient : « Much, tais-toi ! »

Allan n’avait rien contre Richard et Adrien. Mais, en revanche, il refusait catégoriquement que Walter ne s’approche du camp. Mais cela, il ne pouvait pas le dire à Robin.

Allan, se rendant compte que ses paroles pouvaient être mal interprétées par ses compagnons, essaya de trouver un compromis : « On pourrait peut-être les emmener un peu plus loin dans la forêt... Assez loin de la route afin d’établir un campement en toute sécurité non ?... Qu’est-ce que tu en penses Robin ? »

Robin, surpris par cette proposition, commença par acquiescer de la tête puis fixant toujours Allan du regard : « Oui… Allan a raison. »

Robin se tourna vers la troupe et dicta ses ordres : « Pendant que Petit Jean, Allan et moi allons aider notre ami, Much j’aimerais… »

Il regarda Much plus attentivement et s’aperçut que celui-ci boudait toujours à cause de la réprimande qu’il lui avait faite.

Robin : « Much ! »

Much ne répondit pas.

Robin, prenant une grande inspiration, lui dit lentement : « Much, excuse-moi de t’avoir parlé ainsi. »

Much bougonnant : « … Non mais c’est vrai quoi… Personne ne m’écoute ici… »

Robin posa sa main sur son épaule : « Mais je t’écoute, Much, mais là… J’ai vraiment besoin de toi, tu veux bien m’aider mon ami ? »

Much, se ravisant : « Mouais… Bien sûr... Qu’est-ce que je peux faire pour votre service ? »

Robin souriant : « J’aimerais que tu conduises nos amis à la clairière près du carrefour du pendu. Nous allons nous y établir pour la nuit. Passe au campement et rapporte tout ce que tu peux pour nous installer convenablement. »

Much, se sentant soudainement important : « Oui bien sûr maître ! C’est comme-ci c’était fait ! »

Robin : « Djaq. Will. Vous voulez bien vous occuper de Richard et d’Adrien ? Et veillez à ce qu’ils ne manquent de rien. »

Djaq et Will : « Pas de problème, Robin ! »

En entendant leur nom, Richard et Adrien se levèrent. Richard émit un son plaintif en se redressant. Il maintint sa main sur le côté pour se relever.

Robin s’approcha de lui : « ça va pas ? Tu as mal ? »

Richard regardant par terre : « Non, non ça va Messire. »

Adrien, qui regardait son frère et Robin, baissa les yeux dès que le regard de ce dernier croisa le sien. Robin prit délicatement le bras de Richard et conduisit les deux frères auprès de Djaq et de Will.

Quand il l’eut relâché, Robin s’adressa discrètement à Djaq : « Examine-les tous les deux dès que tu peux ! »

Djaq : « entendu ! »


byoann  (23.11.2012 à 08:34)

Chapitre VI : « Donnons-lui une bonne leçon ! »

Much, Djaq, Will, Richard et Adrien commencèrent à s’enfoncer dans la forêt. Robin se tourna vers Petit Jean et Allan et sourit à la vue de Walter qui suait sang et eau pour décharger ses affaires. Visiblement, cet homme n’avait, sans doute, jamais travaillé de sa vie.

Robin se mettant en marche : « Et maintenant, on va s’occuper de notre ami ! »

Allan le retint par le bras : « Euh… Robin ? »

Robin surpris : « Oui ? »

Allan, hésitant, fixant Walter au loin puis regardant Robin : « Euh… Je préfèrerais plutôt aller aider Much, enfin si c’est d’accord pour toi ? »

Etant donné l’altercation qu’il avait eue avec Much, Robin et Petit Jean furent plutôt étonnés de la demande d’Allan.

Robin : « Euh… Mais je pensais qu’après ce que Much t’avait dit, t’aurais pas trop envie de lui venir en aide. »

Allan retrouvant son comportement habituel : « Oh oui… Mais justement… J’aimerais en discuter avec lui, tu comprends ?... Histoire de faire la paix… Et puis c’est vrai qu’il n’avait pas tout à faire tort après tout… Et Je ne voudrais pas que Much m’en veuille et qu’il rate notre dîner. Parce que, là, c’est toute la bande qui risque de m’en vouloir ! …Et puis, il va avoir besoin d’aide pour tout ramener du camp… Tu ne crois pas ?»

Petit Jean et Robin ne furent pas totalement convaincus par ses explications. Il était évident pour eux qu’Allan n’avait pas envie de se retrouver en présence de Walter.

Allan : « Alors Robin ? Qu’est-ce que tu en penses ? »

Robin : « Euh… Oui ! Vas-y !... »

Allan s’apprêta à partir.

Robin légèrement : « Allan ?... »

Allan, ne voulant pas prolonger cette discussion, fit mine de ne pas entendre : « Bon ben j’y vais ! »

Il courut rejoindre Much. Robin se tourna vers Petit Jean.

Petit Jean : « Allan a un comportement étrange depuis que nous avons pris ce chariot dans nos filets. Tu ne crois pas ?... [Il soupire] Il nous cache quelque chose ! »

Robin regardant Allan s’éloigner : « Oui c’est sûr ! »

Il tourna la tête vers Walter.

Robin : « Je suis sûr qu’Allan connaît cet homme. »

Petit Jean : « Et il ne l’aime pas ! »

Petit Jean et Robin se dirigèrent vers Walter.

Robin : « Oui !... Mais qui l’en blâmerait ! »

Sur le chemin qui les conduisait à Walter, Robin exposa son plan à Petit Jean.

Robin : « Je trouve que notre ami n’a pas encore assez travaillé aujourd’hui, tu n’es pas d’accord avec moi ? »

Petit Jean réjoui : « Si, entièrement d’accord ! »

Robin : « Donnons-lui une bonne leçon ! »

Petit Jean plus sérieux : « Tu crois à son histoire de vente sur le marché de Nottingham ? »

Robin : « Je ne sais pas mais en tout cas, ce qui est sûr, c’est qu’il maltraite ses fils. Et pauvre ou riche, personne n’a le droit de traiter des enfants ainsi ! On va lui faire voir ce que cela fait d’être traité comme du bétail ! »

Petit Jean : « Et pour les gosses ? Tu vas les laisser repartir avec lui ? »

Robin soupira puis dit : « C’est eux qui décideront. S’ils veulent retourner avec leur père et si Walter promet de mieux les traiter, nous ne pouvons pas nous y opposer… »

Petit Jean réagit vivement : « Mais Robin… »

Robin le coupant : « Dans le cas contraire, on leur trouvera une bonne famille à Locksley. »

Robin et Petit Jean arrivèrent à hauteur de Walter qui récupérait tant bien que mal de l’effort qu’il venait de fournir. Malgré la fatigue, Walter reprit son sourire forcé mais il semblait agité.

Walter : « Euh… Il n’y a que vous deux… Monseigneur ? »

Robin jouant la comédie : « Et oui mon brave. Il faudra t’en contenter !... A moins bien sûr que tu préfères qu’on te laisse te débrouiller tout seul ? »

Walter, ne voulant pour rien au monde abandonner son chariot ici, se ravisa : « Oh non Monseigneur ! Je suis sûr qu’à nous trois nous y arriverons très bien ! »

Robin : « Va te placer derrière la roue arrière droite [Celle se trouvant dans le piège] et pousse de toutes tes forces quand je te le dirais ! »

Walter regarda hésitant la roue arrière prise dans la boue.

Robin le pressant : « Et bien, Walter ! Qu’attends-tu ? »

Walter lui souriant : « Oh rien ! Monseigneur. »

Il se plaça derrière le chariot. Ses pieds s’enfonçaient dans la boue jusqu’au dessous des genoux.

Robin souriant, d’une voix basse à Petit Jean : « On va le faire transpirer un peu. Tu vas te mettre de l’autre côté et, moi, je monte sur le chariot. Dès que je lui dirais de pousser, tu appuies de toutes forces sur le chariot, d’accord ? »

Petit Jean ravi : « Avec plaisir ! »

Petit Jean se plaça sur la partie gauche du chariot pendant que Robin, debout sur le chariot, prenait les rennes des chevaux.

Robin à voix haute : « Allez, Walter pousse ! … [Aux chevaux] Allez hue ! »

Il fouetta légèrement les chevaux avec les rennes tout en les empêchant d’avancer. Petit Jean, tout sourire, appuya de toutes ces forces sur le chariot. Quant à Walter, il poussa de toutes ces forces. Mais le chariot resta piégé. Robin répéta plusieurs fois cette comédie.

Au bout d’un moment, Walter voulut abandonner : « Nous n’y arriverons pas comme ça, Monseigneur ! »

Robin répliqua : « Mais si Walter ! Encore un petit effort, nous y sommes presque ! »

Robin, pensant aux pauvres gamins qui auraient dû pousser le chariot s’ils n’étaient pas intervenus : «Un homme qui a travaillé autant que toi doit faire tout ce qu’il peut pour sauver le fruit de son dur labeur, non ? »

Walter, soupirant : « Euh oui… Vous avez raison Messire. »

Il regarda furtivement autour de lui et dit : « Mais euh… Peut-être que maintenant… Mes fils… Enfin Richard… pourrait venir nous aider… non ? »

Il s’épongea le front avec sa manche puis continua : « Il a dû finir de se restaurer maintenant hein ? »

Les hors-la-loi  furent outrés. Robin, qui avait prévu de mettre fin au calvaire de Walter, décida de le prolonger un peu.

Robin essayant de conserver son calme : « Certes, mais maintenant il va avoir besoin de se reposer… après avoir tant mangé ! »

Robin sourit en pensant à la faim qui devait tirailler Walter.

Robin : « Tes fils te rejoindront une fois qu’on aura débloqué ton chariot... En attendant, allez pousse ! »

Walter se remit à contrecœur en position pour pousser et dit d’une petite voix : « Oui Monseigneur ! »

Robin continua de martyriser Walter pendant encore un quart d’heure puis fit signe à Petit Jean que le jeu était finit. Dans un dernier effort, Walter, transpirant à grosses gouttes, poussa de toutes ses forces et le chariot se mit en branle. Et finalement, il sortit du trou tellement rapidement que Walter en perdit l’équilibre et s’en répandit de tout son long. Robin et Petit Jean rirent de bon cœur.

Robin à lui-même : « Dommage qu’il n’ait pas plu davantage! »

Robin se pencha sur Walter sans l’aider à se relever : « Et bien l’ami… Voilà un travail d’homme bien rempli… n’est-ce pas ?... Et sans le secours de tes enfants. Cela ne te remplit pas de fierté ?... Et puis je constate que, pas une seule fois, tu ne t’es plaint de ton dos ! »

Robin à Petit Jean, jouant la comédie : « Alors là bravo, quel courage ! N’est-ce pas, Petit Jean ? »

Petit Jean entrant dans le jeu de Robin : « Oh oui bravo. Tu peux être fier de toi, l’ami ! »

Robin ironisa : « Eh bien, je crois qu’on peut affirmer que tu es guéri, non ? »

Walter, ne sachant pas comment interpréter les paroles des deux hommes, ne répondit pas.

Puis il essaya de se mettre debout et d’une voix faible : « Oui surement ! » 

N’arrivant pas à sortir de la boue tout seul, il chercha du regard l’aide de Robin et de Petit Jean. Mais Robin, voulant toujours lui en faire voir, s’était rapidement remis debout et lui avait tourné le dos en faisant croire qu’il ne l’avait pas vu. Petit Jean l’avait imité. Walter comprit qu’il devrait se débrouiller tout seul. Il se contorsionna dans tous les sens puis finalement réussit à sortir du piège en rampant sur le sol. Robin et Petit Jean se retournèrent à ce moment-là.

Robin jouant l’hypocrite, se précipita sur Walter et souleva à peine le bras de Walter : « Oh l’ami, tu aurais dû nous le dire que tu voulais de l’aide ! …Pense à ton dos ! »

Walter, épuisé mais s’efforçant toujours de sourire : « Non ça va aller maintenant… Monseigneur. Je vous remercie…. Euh… Il va être temps pour moi de reprendre la route… Si je veux avoir encore une place sur le marché… Et euh… Je ne voudrais pas… vous retarder dans votre mission Messire… Et encore merci pour tout, Monseigneur… d’avoir pris le temps de venir à mon aide.»

Il était évident que Walter cherchait à se débarrasser au plus vite de Robin.

Robin, donnant une forte claque dans le dos de Walter : « Je t’en prie l’ami. Comme tu disais, il faut bien s’entraider de nos jours, n’est-ce pas ? »

Walter, gardant difficilement son équilibre : « Euh… Oui Monseigneur. »

Robin : « Bien ! Puisque tu n’as plus besoin de nous, il ne te reste plus qu’à charger toutes tes affaires sur ton chariot et à repartir ! »

Réalisant qu’il devait tout remettre en place, le sourire forcé de Walter perdit de son intensité mais il le conserva tout de même. Se doutant que Robin ne voudrait pas l’aider, il soupira et se remit au travail pendant que Robin et Petit Jean s’éloignèrent.

Un peu plus loin, Robin se retourna vivement et lui lança : « Et tes fils ? Tu pars sans eux ? »

Walter, réalisant qu’il les avait oublié : « Euh… Non. Monseigneur !... Euh… Dès qu’ils auront fini de se restaurer grâce à votre générosité… Euh… Pouvez-vous me les renvoyer, Monseigneur ? »

Robin toujours hypocrite : « Oh mais bien sûr mon ami ! Je te les renvoie dès la fin de leur repas. Et je leur dirai quel brave homme tu es ! » Puis, à voix basse, à lui-même : « C’est ça compte là-dessus ! »

Walter, ne sachant pas si c’était réellement un compliment, ne répondit que par un sourire et un geste de la main en direction de Robin.

Petit Jean inquiet : « Robin, tu vas quand même pas lui rendre les gosses ? »

Robin se tournant vers Petit Jean : « Bien sûr que non ! On va aller s’assoir derrière les arbres là-bas. Et dès qu’il aura fini de tout recharger, je vais revenir vers lui en lui proposant plutôt de retrouver les enfants au camp et de manger un morceau avec nous avant de repartir ! Hum ? »

Robin plus sérieux : « Et là, on pourra parler plus sérieusement. Ici sur la route, n’importe qui peut arriver à tout moment. Au camp, on aura tout notre temps ! »

Petit Jean sourit à nouveau : « Ouais, j’ai hâte de m’en occuper ! »

Robin et Petit Jean s’assirent un peu plus loin dans la forêt à l’abri du regard de Walter qui se crut seul. Au bout de quelques minutes, Walter posa ses dernières affaires sur le chariot.

  Robin à Petit Jean : « Retourne au camp pendant que j’invite notre ami. Et demande aux autres de se tenir prêt ! » 
« Mais, t’as un plan ? »

Robin désinvolte : « Euh… Non pas encore. Mais…Je vais en avoir un… Ou on improvisera. On verra ! »

Robin retourna auprès de Walter avant que celui-ci ne remonte sur son chariot pendant que Petit Jean repartait vers le campement improvisé.

Robin à Walter : « Mon ami ! »

Walter se retourna. D’abord surpris puis inquiet, il se demanda pourquoi Robin revenait.

Afin de dissimuler sa nervosité, il reprit son sourire forcé et lui dit : « Oui Monseigneur ? »

Robin : « Je me disais avec Petit Jean, qu’après tant d’effort, tu devais être très fatigué. Pourquoi ne pas te reposer à notre campement ? Comme ça, tu y retrouverais tes fils et puis tu pourrais te restaurer. Qu’en penses-tu ? »

Walter était affamé et l’offre de Robin tombait à pic mais il ne voulait pas non plus s’éterniser dans la forêt avec des hors-la-loi notoires. Que faire ? Il hésita. Il regarda tour à tour son chariot puis la forêt où se trouvait le camp. Ce geste n’échappa pas à Robin qui ne comprit pas pourquoi Walter tenait tant que ça à ce chariot. Car même pour un pauvre, il ne valait pas grand-chose et les objets entassés à l’intérieur encore moins.

Walter hésitant toujours, Robin le pressa : « Eh bien l’ami ? Tu ne veux pas retrouver tes fils ? …Ou peut-être ne souhaites-tu pas partager ton repas avec une bande de hors-la-loi ? »

Walter : « Oh non Monseigneur !... Enfin si !... Mais euh… »

Robin le coupant et mettant son bras sur ses épaules : « Et bien allons-y ! On va y aller avec ton chariot. »

Walter s’inquiéta de devoir emmener son chariot dans le repaire d’une bande de voleurs mais Robin sut le convaincre : « Tu ne peux pas le laisser ici… sur la route! N’importe qui pourrait le voler ! »

Robin monta sur le chariot et s’installa à l’avant.

Walter : « Oui Monseigneur, vous avez raison. Il vaut mieux l’emmener avec nous.»

De toute façon, il n’avait pas le choix puisque Robin s’était déjà installé dans le chariot. Walter s’assit au côté de Robin. Ils s’enfoncèrent dans la forêt en direction du campement.

*****

Pendant que Robin et Petit Jean s’amusaient à faire transpirer Walter. Le reste du groupe commençait à s’installer à l’endroit indiqué par Robin.

Djaq et Will, encadrant Richard et Adrien, suivirent Much jusqu’à la clairière près du carrefour du pendu.

Much : « ça y est ! Nous y sommes ! »

Djaq fit asseoir Adrien au pied d’un arbre pendant que son frère s’installa auprès de lui. Elle fit boire Adrien puis tendit la gourde à Richard.

Much : « Bon, je vais au camp chercher de quoi nous installer confortablement. Qu’est-ce que je te rapporte, Djaq ? »

Djaq : « Euh… Rapporte-moi mon sac de potion ainsi que de quoi faire des bandages et puis… des couvertures... Et vois aussi si tu peux leur trouver des vêtements ! »

Djaq examinant Adrien et Richard : « …Et de la viande ! »

Much : « …Et de la viande, entendu ! »

Djaq : « …Et des fruits aussi ! »

Much : « …Et des fruits… Mais je ne vais jamais arriver à ramener tout ça tout seul ! Il m’aurait fallu le chariot de Walter ! »

Will : « Je vais t’accompagner ! »

Une voix, derrière eux, se fit entendre : « Non, laisse j’y vais ! »

C’était Allan qui arrivait en courant.

Much : « Ben, d’où est-ce que tu sors toi ? »

Allan, se rappelant de la réflexion de Robin lors de l’interception du chariot, ironisa : « Ben décidément, tout le monde s’est donné le mot aujourd’hui ! »

Djaq : « Allan. Robin ne t’avait pas dit que tu devais l’aider avec Walter ? »

Allan, blessé devant leur manque de confiance : « C’est Robin qui m’a envoyé ici pour aider Much ! »

Il se garda bien de leur dire que c’était seulement à sa demande qu’il l’avait envoyé les aider. Mais puisque Robin était au courant, tout le monde fut rassuré.

Much un peu contrarié de devoir faire équipe avec Allan : « Bon… Puisque c’est Robin qui le dit, allons-y ! »

Ils partirent pour le campement.

*****

Djaq commença par examiner le bras d’Adrien. Celui-ci n’était entouré que d’un bandage sale et malodorant. Adrien grimaça de douleur lorsqu’elle lui toucha le bras.

Djaq : « Cela te fait mal, lorsque je touche ici ? »

Adrien grimaçant : « Oui, un peu ! »

Djaq : « Je vois… Je vais devoir enlever ce bandage pour nettoyer ton bras. Puis j’en referai un autre plus propre avec une attèle. Ensuite, je placerai ton bras dans une écharpe que j’attacherai à ton cou. Comme ça, ton bras guérira plus vite et tu auras moins mal. D’accord ? »

Adrien d’une voix mal assurée : « Euh… Oui ! »

Elle commença par se saisir du bras d’Adrien pour lui enlever son bandage. Mais devant les grimaces de douleur de son frère, Richard intervint et empoigna brutalement le bras de Djaq.

Richard méfiant : « Arrêtez ! Vous lui faites mal ! »

Will posa sa main sur l’épaule de Richard. Celui-ci grimaça de douleur mais maintint son emprise sur Djaq.

Will se voulant rassurant : « Djaq sait ce qu’elle fait, Richard. Crois-moi ! Elle nous a soignés maintes fois et elle nous a même sauvés la vie à plusieurs reprises ! »

Djaq : « Tu n’as rien à craindre. Je sais que tu veux protéger ton frère. Mais tu peux me faire confiance. J’ai déjà vu ce genre de blessure. Ton frère a le bras cassé. Le seul moyen de le guérir est d’immobilisé son bras. Crois-moi ! »

Richard hésita mais, sachant qu’il ne pourrait rien faire pour Adrien, il devait faire confiance à ses étrangers. Il n’avait pas le choix.

Djaq : « Tu veux m’aider à soigner ton frère ? »

Richard rassuré : « Oui ! Qu’est-ce que je dois faire ? »

Il lâcha le bras de Djaq et Will retira sa main de son épaule.

Djaq : « Va avec Will me chercher de l’eau à la rivière. »

Elle lui tendit la gourde à moitié vide. Richard regarda Will puis Djaq et enfin son frère. Il hésita un instant puis finalement obtempéra. Will et Richard s’éloignèrent. Djaq reprit son travail et enleva le bandage. Le bras d’Adrien avait une couleur inquiétante. Il fallait donc le soigner rapidement. Elle ne douta pas de sa guérison mais, seulement, cela allait être un peu plus long. Elle se rendit compte soudain que son silence inquiétait de plus en plus Adrien alors elle lui fit un sourire pour le rassurer.

Djaq : « Ne t’inquiète pas ton bras guérira très vite. J’en suis sûr. »

Pendant ce temps, Richard et Will se dirigèrent, en silence, vers la rivière. En arrivant au bord de l’eau, Richard se pencha pour remplir la gourde lorsque la douleur sur le côté le reprit. Will voulut lui porter secours en le prenant par l’épaule opposée. Mais Richard émit une plainte encore plus forte et le repoussa violement.

 Will inquiet : « ça va pas ? »

Richard continuant de remplir la gourde : « Si ! Si ça va ! Je te remercie. Il faut aller porter ça à mon frère. »

Will : « A notre retour, je demanderai à Djaq de t’examiner. »

Richard en colère : « Je te dis que ça va ! Mêle-toi de tes affaires ! »

Puis il se remit sur pied.

Will surpris : « Mais euh… Je voulais seulement t’aider. »

Richard reprit le chemin du retour puis, soudain, il s’arrêta et se retourna vers Will.

Richard honteux : « Oh ! Excuse-moi ! Je sais que tu voulais m’aider… Pardon... Je n’avais pas à te parler comme ça. »

Will : « Ben ça fait rien ! C’est déjà oublié. J’imagine que cela ne doit pas être facile pour toi et ton frère ? »

Richard sur la défensive : « Qu’est-ce que tu veux dire par là ? »

Will : « Euh… Je parlai de l’attaque de ton chariot. C’est vrai ! On vous a attaqué. Puis on vous donne à manger et enfin on vous soigne… Tu dois être un peu… déboussolé, j’imagine ? »

Richard souriant à Will : « Oh oui… C’est sûr que… Cela n’arrive pas tous les jours, ce genre de mésaventure. »

Will rejoignit Richard et ils reprirent le chemin du campement de fortune.


byoann  (23.11.2012 à 09:02)

Chapitre VII : « Y’a quelqu’un dans notre campement ! »

Sur le chemin menant au véritable campement des hors-la-loi, Allan marchait au côté de Much qui n’avait pas décroché un mot depuis leur départ. Il sentait bien que Much le boudait. Ce dernier en voulait terriblement à Robin d’avoir demandé à Allan de l’aider comme s’il ne lui faisait pas confiance.

Allan hésitant : « Much ? »

Much, renfrogné, fit comme s’il ne l’avait pas entendu. Allan ne savait pas trop comment parler à ce boute-en-train que tout le monde aimait bien même si, parfois et même souvent, il était l’objet de plaisanteries de la part du reste de la bande et, surtout, de la part d’Allan. Ce dernier aimait bien se moquer de lui, peut-être un peu par jalousie en tout cas jamais par méchanceté. Il enviait la complicité qu’il existait entre Much et Robin alors que lui n’avait été jusqu’ici qu’un solitaire. De son côté, Much en voulait toujours à Allan de les avoir trahi et en particulier d’avoir trahi Robin car il savait que celui-ci a été particulièrement affecté par sa défection. Veillant toujours au bien-être de son maître, il en a donc été très affecté lui-même. Mais lorsque Robin a accepté qu’Allan revienne dans la bande, il n’a pas compris comment il pouvait accepter auprès de lui un homme qu’il lui avait fait tant de mal. Cependant, il accepta, bon gré mal gré, le retour d’Allan mais il en tenait toujours grief à Robin. Il en venait à penser qu’Allan avait une place plus proche que la sienne dans le cœur de Robin alors même que lui-même l’avait accompagné jusqu’en Terre Sainte et que lui…il ne l’avait jamais trahi.

Allan : « Much ? »

Much grincheux : « Quoi encore ? »

Allan : « Si je t’ai dit… ou si je t’ai fait du mal, excuse-moi ! »

Much s’arrêta brutalement : « Si ! Si ! Tu dis ? »

Allan s’arrêtant lui aussi face à Much : « Euh… »

Much : « Si ! Et bien je ne sais pas ce qu’il te faut ! Tu nous as trahi Allan ! Tu nous as trahi … »

Allan découragé : « Oui je sais… »

Much vexé et en colère : « Tu nous as trahi… Puis ensuite tu es revenu parmi nous… Comme ça… Comme si de rien n’était… Et puis… »

Allan : « Je sais. Mais je me suis déjà maintes fois excusé… et puis quoi ? Qu’est-ce que tu veux ? Que je m’excuse encore ?»

Much ne sachant pas très bien : « Mais non ! ... Ce n’est pas ça ! Mais… »

Allan : « Mais quoi ? »

Much : « Tu nous as trahi ! Et il t’envoie… toi… pour m’espionner ! »

Allan perdu : « Quoi ?... Pour t’espionner ? »

Much plus calme mais toujours vexé : « Oh mais je vois ton manège. »

Allan complètement perdu : « Mais de quoi est-ce que tu parles ? »

Much : « Tu veux prendre ma place c’est ça ! »

Allan perplexe : « Ta place ? »

Much provoquant : « Ouais !... Ma place !... Robin t’envoie m’espionner parce qu’il n’a plus confiance en moi, c’est ça ? »

Allan soulagé et souriant : «Oh mais non ! Robin a toujours confiance en toi. »

Much toujours provocateur : « Alors pourquoi il t’envoie toi … hein ? Si ce n’est pas m’espionner ? Tu peux me le dire à moi, tu sais ? »

Allan : « Mais… Enfin ! Much réfléchis ! »

Much trépignant sur place: « J’ai raison, pas vrai ? »

Allan : « Mais non, tu te trompes ! Je t’assure ! Robin a toute confiance en toi, ça j’en suis sûr. Et par ailleurs, tu crois qu’il m’enverrait moi… comme espion après tout ce qui s’est passé. Tu crois qu’il aurait assez confiance en moi pour ce genre de mission ? »

Much s’apercevant que le raisonnement d’Allan n’était pas faux : « Oh !... c’est sûr !... Je suis bête… C’est vrai, Robin n’enverrait pas un traitre comme toi pour espionner. »

Allan : « Merci, cela fait toujours plaisir à entendre ! »

Much : « Enfin, je voulais dire un ancien traître ! »

Allan ironisant : « Ah oui là c’est beaucoup mieux. Merci ! »

Much se remettant en route : « Ben quoi !... C’est vrai Allan !... Je suis désolé mais il me faudra un peu temps pour m’habituer à… enfin à ton retour quoi ! »

Allan le retint par le bras.

Allan sérieux : « Much, je voulais te dire… »

Much se retourna et, devant le visage anormalement sérieux d’Allan, il prit un air grave et attentif.

Allan : « On n’en a jamais vraiment parlé tous les deux mais je voulais te dire… »

Much : « Quoi ? »

Allan : « Euh ce n’est pas facile… Je regrette… Je regrette vraiment ce qui s’est passé, je… Je n’ai pas eu trop l’occasion de m’expliquer mais... Je voulais que tu saches que… Enfin si j’avais été à ta place… Je crois que je n’aurais jamais fait ça. »

Much : « Comment ça, à ma place ? »

Allan : « Ben oui ! Euh… T’as toujours été très proche de Robin et tu l’es toujours. Plus qu’aucun d’entre nous ne le sera jamais. Et je dois t’avouer que… Euh… Je t’ai toujours un peu envié parce que Robin ne te laissera jamais tomber…  »

Much le coupant : « Mais, il ne laissera jamais tomber personne ! »

Allan : « Enfin ce que je veux dire c’est que… Quand tout sera fini… Au retour du Roi, vous resterez toujours proche… ensemble. Moi par contre, y’a rien qui me retient ici. Tu comprends ?... Avoue-le y’a entre vous un lien bien plus fort qu’une simple amitié… Vous avez combattu ensemble en Terre Sainte… Il t’a affranchi… Tu le connais depuis des années. Alors que pour nous, c’est plus récent. »

Much fut ému par ses révélations et, larme à l’œil, il ne sut que répondre.

Allan : « Ce n’est pas un reproche… Ni une excuse pour ce que j’ai fait mais… Voilà je voulais essayer de t’expliquer que… Enfin essayer de te faire comprendre que… Non laisse… Tu ne pourrais pas comprendre. »

Much curieux : « Quoi ? Quoi ? Qu’est-ce que je ne pourrai pas comprendre ? »

Allan souffla un grand coup : « Je craignais qu’après le retour du Roi… [Il soupira] Enfin, j’ai voulu me préparer un avenir au cas où…Euh en acceptant l’offre de Gisborne. Mais à ce moment là, je n’ai pas réalisé… Je n’ai pas réalisé le mal que je causais… Enfin je me suis plutôt voilé la face… J’avais commis une erreur et je m’en étais pas rendu compte quand Robin euh… Enfin…J’ai réalisé alors la chance que j’avais eu mais il était trop tard : J’avais tout perdu… J’avais perdu une famille. »

Allan, aux bords des larmes, posa une main sur l’épaule de Much : « Mais je te promets que je ferais tout ce qu’il faut pour la récupérer. Même si pour cela, je dois supporter constamment tes plaisanteries douteuses ! »

Much sourit.

Allan plus sérieux : « Je ferai tout ce qu’il faut pour que chacun d’entre vous me pardonniez ! Et que… Et que vous arriviez, de nouveau, à me faire confiance… comme avant ! »

Much, ému, garda le silence. C’était la première fois qu’il voyait Allan aussi sincère et il le croyait. Après quelques minutes de silence, ils se remirent en route.

Much à Allan : « J’espère sincèrement que tu y arriveras ! »

Allan reconnaissant : « Merci ! »

Much : « De rien !... Mais tu vas avoir beaucoup de travail ! »

Allan sourit à la plaisanterie de son ami. Cela lui avait manqué. Depuis son retour, il avait constaté un manque de spontanéité dans le groupe du fait de sa présence. Et là, Much retrouvait ses anciennes habitudes.

Much : « Oh mais, je ne plaisante pas parce que, moi, je t’en veux beaucoup Allan. Et il va falloir que tu fasses  beaucoup de choses pour moi si tu veux que je te pardonne ! »

Allan, souriant, mit son bras sur ses épaules :    « Tout ce que tu voudras… mon frère ! »

Lorsque Much et Allan arrivèrent à proximité du campement, ils aperçurent une silhouette dans leur repère.

Much inquiet : « Y’a quelqu’un dans notre campement ! »

   « Oui, je le vois bien. »

Ils s’approchèrent en silence du visiteur. Tout en marchant vers lui, Much à Allan tout bas : « C’est bizarre qu’il y a quelqu’un au camp quand, toi, tu y arrives ? »

Allan sur le même ton : « Qu’est-ce que tu sous-entends par là ? »

Much : « Oh moi rien ! Je constate simplement les faits, c’est tout ! »

Allan : « Oui. Et bien tu constates mal ! Je te rappelle que c’est Robin qui m’a envoyé ici avec toi. Est-ce que tu le soupçonnes de quelque chose ? »

Much regrettant ses soupçons : « Oh non ! Je sais bien que Robin ne nous ferait jamais ça ! Il est honnête et loyal… lui. »

Allan fut mal à l’aise de lui avoir menti au sujet de l’ordre que Robin lui avait donné mais, devant les soupçons de Much, il n’avait pas eu le choix. Il ne voulait pour rien au monde qu’il soit pris, une nouvelle fois, pour un traitre. Il avait eu tant de mal à se faire accepter dans le groupe, en particulier avec Robin, que ce petit mensonge sembla un moindre mal. En s’approchant de plus en plus du visiteur, les deux hommes se détendirent en reconnaissant Marianne qui attendait patiemment.

Allan rengainant son épée : « Marianne ? »

Marianne tournant la tête : « Ben, où êtes-vous tous passés de si bon matin ? »

Much : « Pff toujours au travail évidemment ! »

Allan : « Euh… En fait, nous avons attrapé un chariot dans le piège de la route du nord et… Robin nous a envoyé ici pour ramener quelques petites choses. »

Pendant ce temps Much commença à rassembler les affaires qu’on lui avait demandées.

Marianne : « Mais pourquoi ? »

Allan : « Venez avec nous… On vous expliquera tout sur le chemin. »

Marianne : « … sur le chemin ? Mais pour aller où ? »

Much : « ben au camp ! »

Devant l’incompréhension de Marianne, Allan intervint : « Que venez-vous faire par ici lady Marianne ? »

Marianne : « Oh je suis venue remercier Robin pour les livraisons d’hier à Locksley… Euh Robin et toute la bande évidement. »

Allan : « Les livraisons d’hier… Quelles livraisons ? »

Much s’arrêta et haussa les épaules.

Marianne : « Ben oui. Gladys m’a dit qu’hier son père avait eu la visite d’un homme de Robin des bois et qu’il lui avait donné une bourse pleine d’or afin qu’il puisse payer les taxes que le shérif allait lui réclamer aujourd‘hui. Et il en aurait donné à d’autres villageois. »

Allan à Much : « Mais euh… C’est qu’on n’a fait aucune livraison hier… Enfin je crois… A moins bien sûr, qu’on ne m’ait pas tout dit ? »

Much : « Et ne me regarde pas comme ça ! Moi non plus on ne me dit pas tout ! Et on ne me demande pas non plus mon avis ! »

Allan : « Bon. Il vaut mieux en parler à Robin quand il aura fini avec… Walter ! »

Marianne : « Walter ? »

Allan : « On vous expliquera tout ça en route. Much, t’as fini de tout rassembler ? »

Much : « Ben voyons… Much fais-ci, Much fais-ça. Tu pourrais m’aider quand même ! »

Allan : « Je voudrais bien mais je ne sais pas ce qu’il faut rapporter. C’est à toi qu’on a fait la liste non ? »

Much continua de maugréer tout en rassemblant ses affaires puis : « Voilà ça y est ! Je crois que j’ai tout ! »

Allan : « Lady Marianne ? Ça ne vous dérange pas si on charge quelques affaires sur votre cheval ? »

Marianne : « Non bien sûr. Vas-y ! »

Une fois toutes les affaires chargées, ils prirent la direction du carrefour du pendu. Tout le long du chemin, Much expliqua à Marianne, en détail, tout ce qui s’était passé depuis le début de la journée. Allan, lui, ne prononça pas un seul mot. De retour au campement de fortune, Allan et Much chargés comme des mules déposèrent tout leur attirail au pied d’un arbre. Il n’y avait personne.

Much : « Ben, où est-ce qu’ils sont tous passés ? »

« On est là ! » fit une voix derrière lui.

Will et Richard venaient dans leur direction les bras chargés de bois pour le feu. Will aperçut Marianne.

Will : « Lady Marianne ? »

Much : « On l’a trouvé qui attendait au campement ! »

Marianne : « Bonjour Will ! »

Will : « Bonjour… Euh… Voici Richard Fisher. »

Timide, Richard fit un signe de la tête pour saluer Marianne.

Marianne : « Richard… Tu es le fils ainé de Walter, c’est ça ? »

A ses mots, Allan rangea bruyamment les affaires qu’il avait apportées.

Richard surpris : « Euh oui… Mais comment vous le savez ? »

Marianne : « C’est Much qui m’a tout raconté en chemin ! »

Allan détourna la conversation : « Et où sont Djaq et Adrien ? »

Will : « Partis à la rivière pour laver Adrien. »

Much : « Ah tiens ! On a ramené des vêtements pour toi et ton frère ! »

Much fouilla dans son bric-à-brac et sortit des vêtements propres qu’il tendit à Richard.

Much : « J’espère que cela vous ira ! »

Richard reconnaissant : « Merci beaucoup Messire »

Much gêné : « Oh tu peux m’appeler Much… c’est mon nom ! »

Will : « Pourquoi ne vas-tu pas les emmener à ton frère ? Et tu pourrais en profiter pour te laver toi-aussi ! »

Richard : « Euh oui… J’y vais tout de suite »

Will à Much : « T’as du linge pour se sécher là-dedans ? »

Much : « Euh… Oui je dois avoir ça ! »

Il fouilla de nouveau dans ses affaires et sortit deux serviettes qu’il tendit à Richard. Pendant ce temps, Will chercha quelque chose dans celles de Djaq.

Will à Richard : « Tiens. Tu donneras ça à Djaq. »

Il tendit un flacon à Richard.

Much curieux : « Qu’est-ce que c’est ? »

Will : « C’est ce que Djaq utilise quand elle se lave... »

Will se rendit compte du regard moqueur de Much et d’Allan.

Will, gêné, se reprit : « Enfin je veux dire… Quand elle lave des blessures bien sûr ! »

Much ironisant : « Bien sûr ! » 

Allan souriant à Richard : « Je t’accompagne. »

Marianne : « Moi aussi ! »

Ils partirent rejoindre Djaq et Adrien à la rivière.

Much : « Hé…Je vais me retrouver tout seul pour tout préparer… Comme d’habitude ! »

Will : « Ben et moi ? Je suis là ! »

Much : « Oh oui bien sûr jusqu’à ce que Djaq t’appelle parce qu’elle ne peut pas se passer de toi ! »

Will : « Pff... N’importe quoi ! »

 


byoann  (30.11.2012 à 08:20)

Chapitre VIII : « Ils sont plus sereins quand leur père n’est pas là ! »

Arrivés à la rivière, ils trouvèrent Djaq assise au pied d’un arbre. Elle taillait une fine branche d’un arbre avec son couteau. Derrière elle, Adrien se baignait dans la rivière.

Allan s’accroupit face à Djaq et derrière lui se tenaient Marianne et Richard : « Mais qu’est-ce que tu fabriques ? »

Djaq : « Je fabrique des attèles pour le bras d’Adrien. »

Puis elle leva la tête.

Djaq : « Oh lady Marianne ? Bonjour mais… »

Allan la coupant : « On l’a rencontré en chemin. Elle est venue voir Robin. »

Marianne, surprise par le ton d’Allan, ne fit qu’un signe de tête à Djaq en guise de salut. Richard tendit le flacon à Djaq et posa au sol toutes les affaires que Much lui avait données.

Allan : « Oh oui... Will nous a donné ça pour toi. »

Djaq : « Ah oui. Il a bien fait. Donne-le à ton frère et dis-lui de s’en mettre partout sur le corps et surtout sur son bras. Ça nettoiera sa peau et je pourrais ensuite lui faire un bandage propre. »

Richard rejoignit son frère. A sa vue, Adrien, fou de joie, courut jusqu’au bord de l’eau le rejoindre. Marianne s’assit à côté de Djaq dos à la rivière.

Djaq se tournant vers la rivière : « Cela fait plaisir de les voir comme ça ! Ils me rappellent mes frères. »

Allan surpris : « Parce que t’as des frères ? Je croyais que tu n’avais que ton frère jumeau mort dans les croisades ? »

Djaq, se retournant vers Allan : « Nous étions les aînés mais j’ai d’autres frères et sœurs plus jeunes … Et toi ? Est-ce que tu as d’autres frères et sœurs à part Tom ? »

Allan regardant Richard et Adrien : « Euh non… Je ne crois pas. »

Marianne surprise : « Tu ne crois pas ? Tu ne sais pas si tu as des frères et sœurs ? »

Allan songeur : « Oh j’ai été séparé de ma famille très jeune. »

Marianne : « Ah tu as été séparé de ta famille ?... »

Allan, ne voulant pas continuer cette conversation plus longtemps, s’adressa à Richard qui revenait vers eux : « Bah, tu ne vas pas te baigner avec ton frère ? »

Djaq, voyant qu’Allan voulait changer de conversation, n’insista pas et soutint Allan : « Oui, cela serait mieux si tu veux que je te soigne ! »

Richard : « Oh non, je ne préfère pas ! »

Allan se pince le nez et en plaisantant : « Richard, je ne voudrais pas te vexer mais je pense que cela ne serait pas du luxe ! »

Richard regarda autour de lui et s’aperçut qu’un peu plus loin, la rivière passait derrière un buisson.

Richard : « Hum… D’accord, J’y vais ! »

Il se dirigea vers le buisson. Djaq fut surprise qui n’aille pas rejoindre son frère mais elle n’en fit pas la remarque. Quant à Allan, il ne fut pas surpris par sa réaction car il se doutait de la raison qui poussait Richard à s’isoler. Mais il voulut le vérifier avant d’en faire part aux autres. Lorsque Richard disparut derrière les buissons, il se leva brusquement et partit le rejoindre.

Marianne, surprise : « Ben où est-ce que tu vas ? »

Allan : « Ne vous inquiétiez pas, je reviens tout de suite. Attendez-moi là ! »

Allan s’approcha du buisson mais ne le contourna pas. Il resta derrière et espionna Richard. Celui-ci avait retiré sa chemise et s’apprêtait à rentrer dans l’eau. Sur le torse crasseux du garçon, il n’y avait rien d’anormal. Mais lorsque celui-ci se retourna pour entrer dans l’eau, il vit des ecchymoses et des traces de coups de fouet et de bâtons recouvrant entièrement son dos. Ses soupçons étaient justifiés. Il avait déjà vu des traces similaires auparavant et il savait que Richard avait trop honte de les montrer en public d’où son isolement. Allan fut perturbé par cette vision qui le ramenait des années en arrière. Il retourna précipitamment vers Djaq et Marianne.

Djaq, voyant le visage blême d’Allan : « Allan, qu’est-ce qu’il y a ? Tu es malade ? »

Allan : « Non, non ! ça va ! »

Il attrapa les vêtements destinés à Richard et repartit aussitôt. Une fois arrivé derrière les buissons, il prit soin de faire du bruit pour annoncer sa venue.

Allan : « Richard ! Tiens, t’as oublié de prendre tes affaires ! »

Il contourna le buisson. Quant Richard aperçut Allan, il se retourna précipitamment face à lui, lui dissimulant ainsi son dos. Allan déposa les affaires sur la berge puis regarda Richard. Celui-ci se tenait immobile dans l’eau jusqu’à la taille puis, voyant qu’Allan ne partait pas, il s’y enfonça jusqu’au cou.

Allan, gêné, ne sachant pas comment aborder le sujet, essaya l’humour : « Bah on dirait que tu aimes ça finalement… Euh… Te baigner je veux dire ? »

Richard, toujours figé, ne répondit pas. Voyant qu’il n’était pas disposé à lui faire des confidences et ne sachant plus quoi dire, il crut bon de ne pas insister. Il ramassa les vêtements sales du jeune homme. 

Allan : « Bon ben, je vais ramener tes haillons à Djaq… Profite bien de ton bain… Et euh… Prends tout ton temps surtout hein ?… On n’est pas pressé… »

Richard ne répondit toujours pas. Allan lui fit un sourire en signe de salut et tourna les talons. Il rejoignit Djaq et Marianne. Djaq avait rejoint Adrien sur la rive tandis que Marianne était restée près de l’arbre. Adrien était en train de se sécher avant de se revêtir. Allan put alors observer qu’Adrien ne portait aucune trace de coups ou de blessures sur son dos. Il semblait ravi de revêtir des vêtements plus propres et non usés.

Quand il aperçut Allan revenir, Adrien l’interrogea : « Où est mon frère ? »

Allan souriant : « T’inquiète pas. Il est là-bas à la rivière… en train de se laver. »

Adrien : « Vous l’avez vu ? »

La question troubla Djaq mais pas Allan. Pour ne pas l’inquiéter, il préféra lui mentir : « Non. Pas avant qu’il rentre dans l’eau ! »

La réponse satisfit Adrien. Pendant ce temps, Djaq continua de bander le bras du jeune garçon avec une attèle. Richard réapparut au moment où Djaq finissait de mettre le bras d’Adrien en écharpe.

Allan : « Bien. Tout le monde est prêt ? »

Tout le monde acquiesça.

Allan : « Bon ben, on retourne au camp ! »

Sur le chemin du retour, Allan à Richard : « Alors ça t’as fait du bien la baignade dans la rivière ? »

Richard : « Oui Messire. »

Allan : « Allan… Je m’appelle Allan. »

Il lui tendit la main. Richard hésita puis, finalement, lui prit la main qu’il relâcha presque aussitôt. Il rejoignit son frère qui se trouvait, plus loin devant eux, avec Djaq et Marianne. Quand il les rejoignit, Djaq et Marianne préférèrent les laisser seuls et se laissèrent distancer. Allan et Will les rattrapèrent.

Djaq : « Ils sont plus sereins quand leur père n’est pas là ! »

Allan : « Ouais, surtout Adrien ! »

Allan fixant les enfants : « Richard reste tout de même sur la défensive. »

Djaq regardant Allan : « Oh, il est peut-être plus réservé que son frère. Et puis Adrien est plus jeune, plus insouciant. »

Allan : « Ouais peut-être ! »

Djaq : « Pourquoi ?... Tu as un doute sur lui ? »

Allan : « Non, non… C’est que… »

Allan ne savait pas comment aborder le sujet avec Djaq surtout en présence de Marianne et de Will. Il préféra changer de sujet.

Allan : « La douleur que Richard a ressenti c’était quoi à ton avis ? »

Djaq : « Oh, je ne sais pas. Probablement une ou deux côtes fêlées. Robin m’a demandé de l’examiner. J’en saurais donc plus tout à l’heure. »

Allan : « Oui... Si tu peux ! Car je pense que Richard va refuser. »

Djaq : « Mais pourquoi ? Si je peux le soulager ? »

Allan mentant à Djaq : « Par fierté bien sûr ! Tu sais comment sont les jeunes hommes ! »

Ils arrivèrent au campement de fortune.

Djaq : « Oh mais il n’y a pas que les jeunes hommes, tu sais ! Tous les hommes sont trop fiers ! »

Marianne sourit en repensant à l’attitude de Robin depuis son retour des croisades.

Marianne dans sa tête : « C’est bien vrai ça ! »

Allan : « Oh mais c’est ça qui fait fondre les dames, Djaq !... N’est-ce pas Will ? »

Will avec un sourire embarrassé par la présence de Djaq : « Oh… Moi… Euh je ne sais pas ! »

Allan mit son bras sur les épaules de Will : « Oh allez ! Nous savons bien, toi et moi, que les femmes ne résistent pas aux hommes forts et courageux sauvant la veuve et l’orphelin au péril de leur vie, hein ?... Ce n’est pas vrai ? »

Djaq : « Pff… Ah les hommes ! »

Will sourit mais repoussa le bras d’Allan. Marianne refusait de l’admettre mais elle n’était pas insensible aux fanfaronnades de Robin. Mais elle préféra s’abstenir de répliquer et se contenta d’approuver Djaq du regard. 


byoann  (30.11.2012 à 08:26)

Chapitre IX : « Djaq en a vu de belles ! » 

En arrivant au camp improvisé, Djaq et Will conduisirent les enfants au pied d’un arbre et y déposèrent leurs affaires. Richard ayant du mal à s’assoir, Djaq se proposa de l’examiner.

Djaq : « Tu as encore mal ? Laisse-moi regarder ! »

Adrien vient se blottir contre son frère.

Richard : « Non, ce n’est pas la peine. Ça va passer. »

Much se joignit au groupe tandis qu’Allan, debout derrière Djaq, vint s’accroupir près de Richard.

Allan : « Tu sais Richard. Je ne l’ai jamais dit aux autres… »

Il scruta les alentours et baissa la voix. Intrigué, Much se pencha pour entendre sa confidence.

Allan : « Djaq m’a déjà soigné… Euh à un endroit… Euh disons… Particulier, si tu vois ce que je veux dire… »

Il se frotta légèrement le postérieur ce qui fit sourire les deux garçons.

Allan : « C’est pour te dire que Djaq en a vu de belles ! »

Allan fit un clin d’œil à Djaq, qui, entrant dans le jeu d’Allan, lui répondit : « Mais elles n’étaient pas si belles que ça ! »

Much pouffa de rire.

Allan faussement vexé : « Quoi ! …Non mais dites-donc ! »

Will, rejoignant le groupe : « Much, le feu est prêt ! »

Allan à Djaq : « Ah ! Peut-être bien que Will en a de plus belles que moi ? »

Will : « Quoi ? Qu’est-ce que j’ai de plus belles que toi ? »

Djaq à Allan : « Peut-être bien ! »

Djaq à Will : « Rien, je t’expliquerai ! »

Allan redevenant sérieux : « Alors Richard ? Tu acceptes que Djaq jette un coup d’œil ? »

Richard regarda toute la troupe autour de lui et hésita.

Richard : « Euh… »

Allan, comprenant qu’il y avait un peu trop de monde autour de lui, regarda Much : « Much ?… Le feu est prêt ? »

Much : « Oui. »

Allan regarda ensuite Adrien : « …Est-ce que tu nous mijoterais pas un petit quelque chose parce que je commence à avoir faim ? »

Much comprenant qu’Allan souhaitait éloigner Adrien : « Oh oui !... Oui bien sûr… Adrien, est-ce que tu ne pourrais pas venir m’aider à préparer le déjeuner pour ton frère pendant qu’il se fait examiner ? »

Adrien regarda son frère. Richard hésita mais finit par acquiescer. Adrien fut ravi de suivre Much pour aller préparer à manger.

Will : « Je vais vous aider ! »

Much, Will et Adrien se dirigèrent vers le foyer rejoindre Marianne.

Allan à Richard : « Tu as mal sur le côté ? »

Richard acquiesça tandis que Djaq commença à préparer une potion.

Djaq à Richard : « Enlève ta chemise ! » 

Richard marqua son refus d’un signe de tête.

Allan : « Il n’a peut-être pas besoin de l’enlever complètement mais juste de la remonter jusqu’au cou, non ? »

Djaq, surprise par la question d’Allan : « Euh oui… Oui… Si tu veux ! »

Richard s’exécuta. Djaq palpa chaque côté du torse du jeune homme et conclu effectivement à trois côtes fêlées.

Djaq : « Tu as trois côtes fêlées, Richard. »

Richard inquiet : « C’est grave ? »

Djaq rassurant : « Non mais il faut que tu te reposes… Il faut que tu restes allonger le plus longtemps possible… Car sinon cela pourrait devenir grave !...D’accord ? »

Richard acquiesça de nouveau.

Djaq : « Je vais appliquer cette potion sur chaque côté puis je te ferai un bandage très serré… Cela risque de te faire mal pendant que je ferai le bandage mais c’est nécessaire. Tu es d’accord ? »

Richard : « Oui, si c’est nécessaire ! »

Djaq : « Allan, tu peux m’aider pour le bandage ? »

Allan : « Ouais bien sûr. Sans problème. »

Djaq commença par appliquer la potion de chaque côté du torse du jeune homme puis découpa une large bande dans un linge que Much avait ramené du campement. Elle plaça un bout du bandage au milieu du torse de Richard et continua jusqu’à son dos. Elle voulut pencher légèrement Richard sur le devant mais celui-ci résista. Allan, comprenant la situation, passa sa main derrière son dos et attrapa le bandage de la main de Djaq. En lui donnant le bandage, Djaq aperçut, sur le côté, des tâches de couleur sombre. Elle souhaita questionner le jeune homme à ce sujet mais Allan la coupa dans son élan.

Allan : « Je l’ai ! »

Djaq surprise : « Euh…Serre fort Allan, il faut que cela soit bien serré ! »

Richard grimaça de douleur. Allan redonna le bout à Djaq. Puis ils continuèrent ainsi jusqu’à ce qu’il n’y ait plus assez de bandage. Elle fit un nœud avec le tissu.

Djaq : « Voilà, je te laisse tranquille. Mais il faudra le changer tous les jours afin qu’il reste propre et bien serré. »

Richard redescendit sa chemise et reconnaissant : « D’accord. Je vous remercie beaucoup. »

Djaq : « Richard, j’ai vu que tu avais des marques sur le côté. Tu veux que je regarde ? »

Richard : « Non c’est rien ! C’est euh… C’est quand je suis tombé du chariot. C’est rien cela m’arrive souvent… Je suis très maladroit. »

Djaq : « Ah ! Et c’était y’a longtemps ? »

Richard : « Hein ?... Euh non c’était… hier en fait… Mais c’est rien, ça va passer. »

Il souhaita se relever pour rejoindre son frère près du feu et ainsi clore cette conversation embarrassante mais Djaq l’en empêcha.

Djaq : « Oh Non ! Pas question jeune homme ! Il faut que tu restes allongé le plus possible ! C’est un ordre ! On va te préparer ton lit près du feu et tu vas t’y installer confortablement et ne plus bouger ! C’est clair ? »

Richard, contrarié, obtempéra. Djaq se dirigea vers le feu afin de préparer le lit de son patient. Allan resta avec lui quand il vit arriver Petit Jean qui passa près d’eux.

Allan : « Ben, où est Robin ? »

Petit Jean : « Oh il arrive… avec Walter. »

Allan : « Quoi ? »

Petit Jean : « Du calme ! On l’a… INVITE à venir manger avec nous, si tu vois ce que je veux dire. »

Allan se rassura mais Richard, lui, ne voyant pas ce que Petit Jean sous-entendait, s’alarma.

Allan à Richard : « T’inquiète pas Richard. Robin ne vous laissera pas repartir avec cet homme. Tu peux lui faire confiance.»

Petit Jean rassurant : « Ouais. Ne t’inquiète pas petit. On va vous aider ton frère et toi. N’aie pas peur. »

Ces mots réconfortants semblèrent l’apaiser. Au même moment, Djaq avait fini de préparer son lit.

Djaq criant : « Allan ! Tu peux amener Richard par ici ? »

Allan : « Allez, on y va. Le lit de sa majesté est avancé ! »

Richard sourit à la plaisanterie d’Allan et accepta son aide pour se relever. Les trois hommes se dirigèrent vers le cœur du campement : Le feu autour duquel la troupe se trouvait maintenant réunie. Pendant qu’Allan aidait Richard à s’allonger sur sa couverture entre celle d’Adrien et la sienne, Robin et Walter arrivèrent au camp en chariot.


byoann  (07.12.2012 à 09:00)

Chapitre X : « Attachez-moi ce scélérat à un arbre ! »

Pendant que Petit Jean détachait les chevaux et leur donnaient à manger, Robin et Walter s’approchaient du feu. Adrien et Richard se raidirent à la vue de leur père. Leur comportement changea immédiatement. Ils redevinrent timides, dociles et introvertis. Cela n’échappa pas à personne.

Robin, s’asseyant autour du feu, suivi par Walter : « Alors les garçons ? Ça va mieux ? »

Richard baissant la tête et ramenant son frère près de lui : « Oui merci, Messire ! »

Robin : « Et bien, votre père a bien travaillé ! »

Much tout bas : « Pour une fois ! »

Robin donnant une vigoureuse claque sur l’épaule de Walter : « Il aura bien mérité un bol de notre ragout avant de repartir ! Much, s’il te plaît ! »

Much, visage fermé, remplit deux bols de ragout qui cuisaient sur le feu et les tendit à Robin et Walter.

Puis il retourna vers le foyer en remplir un troisième pour Petit Jean qui rejoignit le groupe. Celui-ci vient se placer juste à côté de Walter. Ainsi, ce dernier se retrouva encadré de très près par Robin et Petit Jean. Mais Walter ne s’en rendit pas compte tout de suite, il se remplissait l’estomac à grandes cuillérées. Tout le monde se mit à manger en silence. Mais Allan fixait constamment Walter avec dégout et colère à la fois. Robin regarda Walter avec un petit sourire narquois. Puis il scruta l’assemblée réunie autour du feu. Soudain, il s’arrêta sur Marianne.

Robin surpris : « Marianne ? »

Marianne dans sa tête : « Ah tout de même ! Je me demandais quand est-ce qu’il allait s’apercevoir que j’étais là ! »

Marianne à haute voix : « Oui ? »

Robin : « Mais qu’est-ce que tu… Mais comment savais-tu… Mais qui t’as… ? »

Much le coupant : « C’est moi ! »

Marianne : « Je suis allé au camp pour te parler et j’y ai rencontré Much et Allan qui m’ont amené ici. »

Robin : « Ah… Et qu’est-ce que tu voulais me dire ? »

Marianne, qui aurait préféré le voir seul, hésitante : « Oh euh… C’était pour te remercier… Enfin de la part des villageois de Locksley évidement… Et vous remercier tous, bien entendu ! »

Les autres sourirent devant les explications confuses de Marianne mais continuèrent de manger sans les déranger.

Robin souriant : « Nous remercier ? Mais de quoi ? »

Much, un peu jaloux, voulant participer à la conversation : « Marianne dit qu’un homme à nous a fait une livraison hier soir à Locksley. »

Robin : « Mais nous n’avons fait aucune livraison à Locksley hier soir ! »

Much : « Non, hein ? C’est bizarre... Normalement, on aurait dû le faire ce matin mais on n’a eu… un contretemps. »

Il fit un signe de tête en direction de Walter qui dévorait son repas sans prêter attention à la conversation.

Mais Allan désirait en finir au plus vite avec Walter. Alors, afin de retenir l’attention de Robin sur le cas de Walter et désignant les deux garçons à ses côtés, il répondit : « Ouais mais on a quand même fait dans l’humanitaire ! »

Mettant de côté les propos de Marianne, Robin reporta son attention sur Richard et Adrien. Il les regardait toujours quand il s’adressa à Walter.

Robin : « Cela doit être dur d’élever tout seul deux adolescents. Tu n’as pas d’épouse ? »

Walter, entre deux cuillères : « Malheureusement non, Monseigneur ! Et ce n’est pas facile tous les jours avec ces deux-là. Mais ma femme… Paix à son âme… a quitté ce monde il y a quelques années suite à une longue maladie. Et depuis je fais de mon mieux pour élever, seul, nos enfants, Monseigneur… Mais il y a, quelque part, un peu de ma défunte femme dans chacun d’eux. »

Cette fois-ci, la coupe était pleine ! Allan balança son bol sur le côté et se rua sur Walter.

Allan prenant Walter par le col et ivre de colère : « Cette fois ça suffit ! »

Tout le monde fut surpris par sa violente réaction même Robin n’eut pas le temps de l’intercepter.

Robin : « Mais Allan ! Qu’est-ce que tu fais ? »

Mais Allan n’écoutait plus personne. Il secouait si furieusement Walter que les deux hommes en tombèrent à la renverse.

Allan en colère : « ET MAINTENANT, TU VAS NOUS DIRE CE QUE TU FAIS RELLEMENT ICI… ALLEZ DIS LE… »

Robin et Petit Jean s’emparèrent d’Allan par les bras et l’écartèrent de Walter qui resta sur le sol, terrorisé, à se frotter la gorge. Allan, furieux, essaya de le frapper avec ses pieds tandis que Robin et Petit Jean l’emmenèrent un plus loin.

Allan : « ALLEZ DIS-LE… ESPECES DE SALE RAT !!! DIS-LE !... TU N’ES PAS LA POUR LE MARCHE… OU EST L’ARGENT QUE TU CACHES ? HEIN… OU EST L’ARGENT ? »

Robin hurlant : « ALLAN ARRETE MAINTENANT ! Mais qu’est-ce qui te prends ? »

Richard et Adrien, de plus en plus inquiet, se pressèrent davantage l’un contre l’autre. Djaq vinrent près d’eux pour les rassurer. Will, Much et Marianne s’étaient brutalement relevés mais, totalement surpris par la réaction d’Allan, ils ne savaient pas trop quoi faire. Ils se demandaient s’ils devaient aider Walter à se relever ou au contraire finir le travail d’Allan. Finalement, Will se pencha sur Walter et, sans dire un mot, l’aida vivement à se relever.

Walter toujours terrorisé : « Euh… Je ne sais pas ce qu’à votre ami mais… Euh… Il doit me confondre avec quelqu’un d’autre… Je…Euh… Je ne sais pas de quoi il parle. Je vous le jure.  Je n’ai pas d’argent ici… ni ailleurs. »

Will à Walter sans même le regarder : « Asseyez-vous et continuez votre repas. Je vais voir ce qui se passe. »

Will se dirigea vers l’endroit où Robin et Petit Jean avaient emmené de force Allan. Ils le maintenaient toujours de force par les bras. Ils l’obligèrent à s’appuyer contre un arbre à l’écart du groupe.

Robin secouant brutalement Allan : « ALLAN ARRETE S’IL TE PLAIT… DIS-NOUS CE QUI SE PASSE ! »

Allan regardant Robin dans les yeux : « IL MENT. IL MENT. JE TE DIS ! IL T’A MENTI DEPUIS LE DEBUT. »

Robin : « CALME-TOI ALLAN ! Je sais qu’il ment. Je sais. »

Allan se calmant peu à peu : « Mais tu ne comprends pas ! »

Robin plus calme : « Alors explique-moi ! Qu’est-ce que je ne comprends pas Allan ? Qui est cet homme ?»

Robin et Petit Jean le lâchèrent.

Allan aux bords des larmes : « C’est… Je ne peux pas Robin… Je suis désolé mais je ne peux pas… »

Robin : « Tu ne peux pas quoi Allan ? »

Allan : « … Cet homme… C’est un voleur… Un menteur… Un manipulateur… C’est tout sauf un brave homme, tu peux me croire ! »

Robin : « Je te crois. »

Allan regardant Robin dans les yeux : « Il a de l’argent !... Ou il est là pour en avoir… J’en suis sûr ! Faut lui faire avouer Robin ! »

Petit Jean : « Mais Allan, il n’a rien à part son chariot ! »

Allan se tourna brusquement vers le chariot puis il aperçut Will qui venait vers eux. Soudain, il fonça vers Will, lui prit sa hache et courut en direction du chariot. Robin et Petit Jean n’eurent pas le temps de l’en empêcher. Il s’apprêtait à donner un premier coup de hache dans le chariot quand Walter s’interposa en l’agrippant par le bras.

Walter : « Non Messire ! Je vous en prie… »

Allan furieux : « NE ME TOUCHE PAS. »

Il lui asséna un violent coup au visage avec le manche de la hache. Assommé, Walter bascula sur le côté. Robin et Petit Jean arrivèrent juste à temps pour empêcher Allan de se servir de la hache pour le tuer.

Robin essayant de faire lâcher la hache à Allan : « ALLAN NON ! MAIS QU’EST-CE QUI TE PRENDS ! TU ES DEVENU FOU ! »

Allan résistant à Robin : « Robin, s’il te plaît ! Il faut que je sache… Il faut que je sache si j’ai raison ! »

Robin : « Raison à propos de quoi ? »

Allan : « De lui ! »

Robin lâcha le bras d’Allan. Celui-ci entama le chariot sous les cris suppliants de Walter qui revenait un peu plus à lui à chaque coup de hache. Il s’acharna sur le chariot pendant de longues minutes mais il ne trouva rien. Robin, craignant qu’Allan n’aie perdu l’esprit, intervint.

Robin : « Allan, arrête ! Tu vois qu’il n’y a rien dans ce… »

Robin ne put terminer sa phrase. Allan donna un ultime coup sur le plancher du chariot. Celui-ci céda en partie et des centaines de pièces d’or et d’argent se répandirent sur le sol à leurs pieds. Sans prêter attention un seul instant à tout l’argent qu’il piétinait sans vergogne, Allan se dirigea vers Walter effondré sur le sol.

Allan avec dégout : « J’avais raison !... Tu n’as pas changé ! »

Il balança la hache sur le sol à côté de Walter qui crut la recevoir en pleine tête. Puis il vint se placer à côté de Will et attendit les ordres de Robin comme les autres.

Will, ébahi,  à Allan : « Mais comment as-tu su ? »

Allan ne répondit pas. De toute façon, il savait qu’il allait devoir s’expliquer un moment ou à un autre. Il préféra attendre la réaction de Robin. Celui-ci, toujours sous le choc de la découverte, se tourna lentement vers Walter.

Robin furieux mais calme : « Alors Walter… Tu peux m’expliquer… Comment d’humbles villageois qui vont au marché vendre leur dernier bien pour survivre ont bien pu amasser autant d’or ? »

Walter, terrorisé, balbutiant : « Euh… Et bien… Je ne sais pas… Je vous jure que ce n’est pas à moi… Je vous jure Monseigneur que c’est la première fois que je vois tout cet argent… Euh… C’est peut-être mes enfants qui ont caché ça là… Euh…Allez leur demander… »

Robin furieux : « ATTACHEZ-MOI CE SCELERAT A UN ARBRE ! »

Il s’avança lentement vers Water.

Robin sur un ton dangereusement calme : « Nous allons l’interroger plus tard. Et je te conseille de me dire la vérité Walter ! »

Petit Jean et Much prirent du plaisir à s’emparer de Walter et à le malmener avant de le ligoter solidement à l’arbre le plus proche. Mais Allan ne l’entendait pas ainsi, il voulait avoir des réponses maintenant. Une fois ligoté, Allan sortit brutalement son épée et la plaça sous la gorge de Walter.

Allan menaçant : « Il n’est pas question d’attendre ! Ecartez-vous ! »

Tout le monde s’écarta sauf Robin qui s’avança lentement vers eux.

Robin : « Allan attends, ne fais pas ça ! Je sais qu’il le mérite mais c’est pas à toi de le faire… pas comme ça !»

Allan : « Oh si c’est à moi de le faire !... C’est mon droit le plus absolu ! »

Will : « Allan ne fais pas ça ! »

Robin : « Que veux-tu dire ?... Allan, qui est cet homme ? »

Allan, haineux, regardant Walter : « Tu veux savoir qui c’est ? »

L’épée toujours sous la gorge de Walter, il l’attrapa par le col et le secoua brutalement à plusieurs reprises.

Allan : « HEIN WALTER ?... Dis-leur qui tu es… Hein ?...Vas-y dis-leur… »

Walter terrorisé : « Mais… Mais… Mais je ne sais pas, je ne comprends pas… Pitié... Je m’appelle Walter Fisher et… Et je suis un pauvre paysan du village de… »

Allan, exaspéré,  le secoua de nouveau : « ARRETE DE MENTIR ! Tu peux leur mentir mais pas à moi. Parce que moi je te connais, Walter ! »

Robin essaya de s’approcher d’Allan discrètement.

Allan aux bords des larmes : « Arrête Robin ! Je t’en prie, reste où tu es ! Tu veux savoir ?… Et bien tu vas savoir mais reste où tu es ! »

Robin préféra s’arrêter plutôt que d’accroître la colère de son ami. Laissant Richard et Adrien près du feu, Djaq et Marianne avaient accouru en entendant les hurlements d’Allan. Tout le groupe resta figé de stupeur : Jamais ils ne l’avaient vu dans un tel état.

Djaq éberluée : « Allan ? »

Allan se retourna vivement vers le groupe. Il maintint sa lame sous la gorge de Walter tout en se rapprochant de lui.

Allan : « Je vous en supplie ! N’intervenait pas ! C’est personnel entre… WALTER… et moi. »

Robin : « D’accord Allan. On n’interviendra pas ! »

Tout le monde fut surpris de la réponse de Robin.

Djaq : « Mais Robin... »

Robin la coupant et s’adressant au reste de l’équipe : « Que personne ne bouge ! »

Puis il se tourna vers Allan.

Robin : « Je te promets qu’aucun d’entre nous ne tentera quelque chose Allan. Mais tu dois me promettre une chose… »

Allan : « Quoi ? »

Robin : «…Tu dois me promettre de ne pas tuer cet homme ! »

Allan : « Mais il le mérite ! »

Robin : « Ce n’est pas à toi d’en juger, Allan ! »

Allan énervé : « Mais qu’est-ce que tu en sais, Robin ? C’est vrai… Tu ne me connais pas. Tu ne sais rien de moi !... [Il regarda Walter]… lui non plus d’ailleurs ! »

Walter toujours sous l’emprise d’Allan était terrorisé. Il ne comprenait pas ce que cet homme lui reprochait.

Robin : « Pourquoi lui non plus ?... Allan ? Cet homme devrait te connaître ? »

Allan toujours en colère, les yeux rougis par les larmes : « Je ne sais pas, demande-lui ! »

Robin à Walter : « Vous le connaissez ? »

Walter : « Non Monseigneur !... Je vous jure que non… Par pitié aidez-moi… Je vous en supplie… »

Exaspéré par les jérémiades de Walter, Allan le secoua encore plus violement. Il se remit devant lui toujours la lame de son épée sous sa gorge.

Allan : « Alors tu ne me reconnais pas ?... Hein ? »

Walter : « Non Messire ! Je vous jure que non ! »

Allan : « Hum !... C’est peut-être normal après tout… »

Tiraillé par l’émotion qui l’envahissait, Allan avait de plus en plus de mal à parler et à respirer.

Allan : « La dernière fois que je t’ai vu je n’étais qu’un môme… ça te dit rien hein ? »

Soudain, Walter se mit à fixer Allan dans les yeux. Il se rappela que le chef des hors-la-loi avait appelé cet homme : Allan.

Walter dans sa tête : « Allan ! Non c’est impossible… Cet homme porte le même nom que mon… Non cela ne peut pas être lui. »

Walter ne répondant rien, Allan s’énerva : « ALORS çA TE DIS VRAIMENT RIEN ! »

Walter ouvrit la bouche mais aucun son n’en sortit ! 

Allan : « Peut-être que ça, ça te fera retrouver la mémoire ! »

Tout le monde retint son souffle. Qu’allait-il faire ? Toute la bande était sur le qui-vive. Pour parer à toutes les éventualités, Robin, tout comme Will et Petit Jean, extrêmement inquiet, se préparait à fondre sur Allan au moindre geste suspect afin de l’empêcher de commettre l’irréparable.

La tension était à son comble quand soudain, dans un silence pesant, Allan, épuisé et au bord des larmes, lâcha : « Tom est mort ! »

Il baissa son épée et recula de quelques mètres en la trainant sur le sol tout en dévisageant sa victime. La pression retomba d’un seul coup et le silence s’abattit de nouveau sur le campement. Personne ne s’attendait à cela. Walter fut cependant le premier à réagir.

Walter : « Oh mon dieu !... Allan !... Je suis désolé ! »

Toujours ligoté, il s’effondra sur le sol en pleurant.

Allan pleurant : « C’est ça t’es désolé !... Et c’est tout ce que tu trouves à me dire ? »

Walter : « Je suis désolé ! »

Robin comprit immédiatement ce que cet homme représentait pour son ami mais il resta sous le choc de la révélation. En revanche, le reste du groupe était dans le brouillard le plus complet en particulier Much.

Much déconcerté : « Mais c’est qui Tom ? »

Djaq fixant toujours Allan et Walter : « C’était son frère ! Tu te rappelles ? »

Will : « Oui ! …Tu te souviens ?...C’est celui qu’on avait essayé de sauver. Mais on était arrivé trop tard ! »

Much : « Ah oui ! Je me souviens… Mais pourquoi il lui dit ça ? »

Allan, qui avait entendu la question, se tourna vers Much, épuisé et en larmes : « Parce que c’est mon père ! »

La nouvelle tomba sur le groupe comme un coup de canon. Abasourdis, ils fixèrent Allan en essayant d’assimiler cette révélation.

Petit Jean, incrédule : « Ton père ? »

Allan ne put répondre. La gorge nouée, des larmes silencieuses coulant le long de ses joues, tenant à peine de debout, il acquiesça seulement de la tête. Il supplia Robin du regard afin qu’il intervienne.

Revenant à lui, Robin reprit, calmement, les choses en main : « Bon… Retournons près du feu… Il faut rassurer Adrien et Richard. »

Allan n’eut pas la force de remettre l’épée dans son fourreau. Il la laissa tomber à terre et se dirigea vers la forêt. Robin ramassa son épée. Will, ému, voulut le suivre mais Robin l’en empêcha.

Robin : « Non, Will ! Il reviendra quand il sera prêt ! » 

Laissant le pauvre Walter, attaché à l’arbre et gémissant comme un enfant, le reste de la troupe rejoignit Richard et Adrien qui avaient suivi avec anxiété la scène de loin.

Richard et Adrien tremblaient de peur. Maintenant que les hors-la-loi avaient découvert l’or, ils se demandaient s’ils n’allaient pas partager le même sort que Walter. Djaq tenta de les rassurer. Adrien se mit à pleurer. Richard le prit dans ses bras pour le consoler mais quand le reste de la troupe les rejoignit, il se mit lui-aussi à pleurer. Robin se rendit compte de l’effet produit par la colère d’Allan auprès des deux garçons. Il se calma intérieurement et avança doucement vers eux. Richard se cramponna de plus en plus à son frère et retint sa respiration.

Robin : « Ne vous inquiétez pas les garçons. On va vous aider. Je suis sûr qu’il vous a obligé à faire des choses que vous ne vouliez pas, hein ? »

Richard acquiesça de la tête légèrement.

Robin : « On ne vous fera rien. Je vous le promets. D’accord ?... T’as pas à t’inquiéter ni pour ton frère ni pour toi. On t’a promis qu’on t’aiderait et on le fera. Tu peux avoir confiance, d’accord ? »

Cela ne sembla pas rassurer les garçons mais pour l’instant c’était tout ce qu’il pouvait leur dire. Car, en fait, il ne savait pas trop ce qui se passait. Seul Allan connaissait le fin mot de l’histoire. Celui-ci leur devait une explication. En attendant, il laissa les enfants aux bons soins de Djaq et retourna vers les autres.

Much : « Et pour Allan ?… Qu’est-ce qu’on fait ? »

Robin : « Laissons-lui un peu de temps. »

Petit Jean acquiesça. Tout le monde était encore sous le choc. Ils se remirent à manger en silence. On entendait seulement le bruit des cuillères dans les bols et les lamentations lointaines de Walter. Tout le monde réfléchissait à la révélation d’Allan et aux conséquences que cela engendreraient. Peu à peu, le silence fut rompu par quelques discussions banales mais le climat général resta crispé. Will, proche d’Allan, semblait particulièrement inquiet. Il s’approcha de Robin.

Will : « On devrait aller voir ce qu’il fait ? »

Robin : « Non, non, je ne crois pas. Laisse-lui un peu de temps pour reprendre ses esprits. »

Will : « Mais s’il ne revenait pas ?... Ou s’il faisait une bêtise ? »

Cette perspective semblait inquiéter toute la bande. Le silence revint sur le groupe. Tout le monde attendit la réponse de Robin.

Robin : « Non. Vous connaissez Allan ! Ce n’est pas son genre. Et puis de toute façon, il n’a pas son épée. Je l’ai avec moi ! »

Il brandit l’épée d’Allan. Cela ne convainquit guère Will mais celui-ci n’insista pas. Il repartit rejoindre Djaq.

Djaq lui murmurant : « Robin a raison ! Je suis sûr qu’Allan va bientôt revenir. »

Le repas continua mais tout le monde, même Robin, s’inquiétait de l’absence d’Allan.

Robin eut dû mal à convaincre le reste de l’équipe de continuer leur repas. Il essaya de les persuader qu’Allan, épuisé, s’était surement isolé à l’abri pour réfléchir et qu’il reviendrait dès qu’il aurait retrouvé ces esprits. Afin de détourner l’attention de l’équipe, Il entreprit de s’intéresser aux propos de Marianne. Il s’approcha de cette dernière.

Robin : « Alors qu’est-ce que c’est que cette histoire à Locksley ? »

Marianne relata les faits que Gladys lui avait rapportés.

Much : « Alors il y aurait une autre bande qui aiderait les villageois… Comme nous ? »

Will : « Mais non Much ! Il a dit au fermier qu’il était de notre bande ! »

Petit Jean : « C’est quelqu’un qui se fait passer pour nous… Mais pourquoi ? »

Robin : « Et il porte un de nos insignes ! »

Marianne : « Oui peut-être mais c’était le soir… Le fermier ne l’a peut-être pas bien vu ! »

Robin : « Il faut qu’on enquête là-dessus ! »

Much : « Pourquoi ? S’il donne de l’argent aux pauvres ?... Comme nous ! »

Robin : « Ah oui ? Et sais-tu qui il est ?... Comment se procure-t-il l’argent qu’il distribue ? Et pourquoi dit-il qu’il est des nôtres ?... Tout ceci ne te paraît pas curieux ? »

Much embarrassé : « Ben… Si bien sûr ! »

Djaq : « Terminons notre repas et nous enquêterons dès qu’Allan sera revenu ! »

Tout le monde approuva. En finissant son repas, Robin scruta le camp. On n’entendait plus les gémissements de Walter. Celui-ci épuisé s’était endormi. Il ronflait, toujours ficelé, la tête penchée en avant. Puis il aperçut Allan qui revenait lentement vers eux. Chacun s’était dispersé pour terminer son repas. Mais quand ils aperçurent Allan, tout le monde convergea vers le foyer, Robin en tête. Allan, les traits tirés, s’avança timidement sans dire un mot. Il savait que Robin voudrait qu’il s’explique. Il s’assit lentement sur le sol en rassemblant tout son courage. Les confidences, qu’il s’apprêtait à faire, allaient être certainement la chose la plus difficile qu’il n’ait jamais eu à faire jusqu’à aujourd’hui.

Much à Allan : « Tu veux manger quelque chose ? Je peux te réchauffer un peu de ragout si tu veux ! »

Allan, souriant : « Euh non merci… Je n’ai pas faim. »

Robin debout devant Allan : « Allan ? »

Allan leva les yeux vers lui : « Oui ? »

Robin : « Est-ce que ça va ? »

Allan sourit légèrement : « Ben euh… ça pourrait aller mieux ! »

  Will arrivant le dernier : « ALLAN ! Est-ce que ça va ? » 

Il posa une main affectueuse sur l’épaule d’Allan.

Allan essayant d’être drôle : « Je crois que je n’ai pas fini de répondre à cette question, n’est-ce pas ? »

Will et Robin esquissèrent un sourire. Allan redevint sérieux puis fixa Robin.

Allan : « Robin, je sais que je te dois des explications... »

Visiblement, Allan était toujours en proie à une vive émotion.

Allan : « J’ai cherché le meilleur moyen… de… de tout vous raconter… Mais je n’ai pas trouvé. »

Robin : « Je crois qu’il n’y a pas trente-six solutions… Et puis… N’oublie pas que tu n’as que des amis ici. »

Allan, s’assombrit : « Oui justement… Après ça… Je ne sais pas comment…Comment vous allez… »

Robin le coupant : « Ne t’inquiètes pas. Rien ne changera… C’est ton passé Allan… Cela ne changera rien pour nous. »

Allan, pour se rassurer : « Mumm… Si tu le dis ! »

Il regarda tour à tour les membres de l’équipe qui s’installait autour du feu. Il ne croisa que des regards souriants et compatissants. Will mit son bras sur ses épaules autant pour le rassurer que pour éviter qu’il ne s’enfuie à nouveau. Tout le monde attendit en silence qu’Allan soit prêt à s’expliquer. Personne ne le pressa. Même Marianne resta pour l’entendre alors qu’elle ne devait pas s’absenter longtemps. En les regardant s’installer, il sentit son courage défaillir mais il ne pouvait plus se défiler par une pirouette comme il en avait l’habitude. Il ne le pouvait pas et il ne le voulait pas. Depuis son retour dans la bande, il devait se montrer honnête ; il l’avait promis à Robin. Alors même si cela devait lui faire du mal, il le devait à l’équipe. Il le devait à Robin.

Robin gentiment : « Allan ?... Raconte-nous ce qui t’es arrivé. »

Allan reporta son regard sur Robin puis il prit une profonde inspiration.

Allan paisible : « Oui ! Je te dois la vérité… J’ai quelque chose à te dire… Enfin à vous dire. »


byoann  (07.12.2012 à 09:20)

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